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Les grandes causes de la nervosité des marchés

Un homme a un stylo dans la bouche alors qu'il consulte le cours de la bourse sous un énorme écran sur lequel sont affichées diverses actions de compagnies.

Les actions d'Amazon, Walmart et Tesla, entre autres, étaient à la hausse.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Agence France-Presse

Commentaires intempestifs de Donald Trump, flottement autour de la communication de la Banque centrale et autres éléments purement économiques ont fortement secoué les marchés ces derniers jours. Voici les principales causes de la nervosité des investisseurs.

Relever les taux d'intérêt serait « une erreur » : le président républicain a multiplié les tweets critiquant vertement la Réserve fédérale, sortant de la pratique habituelle du strict respect de l'indépendance de cette institution incontournable pour la bonne marche de l'économie des États-Unis.

Le Comité monétaire de la Fed a finalement décidé, à l'unanimité, de relever les taux la semaine dernière.

Avant les tweets frénétiques du président, cette décision était attendue, mais elle suscitait déjà des questionnements sur sa pertinence.

Ingérence de Trump

À l'aube de l'interférence politique, les observateurs s'interrogent : cette décision a-t-elle été prise en toute objectivité ou pour tenir tête à l'hôte de la Maison-Blanche? Le doute n'a pas profité aux marchés.

Le président républicain s'en est de nouveau pris à l'institution lundi. « Le seul problème de notre économie, c'est la Fed », a-t-il déclaré. « Ses gouverneurs « ne sentent pas le marché », a-t-il dit alors que des rumeurs de presse lui prêtaient l'intention de congédier le président de la Fed, Jerome Powell

Ces rumeurs ont été démenties par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, mais l'éventualité de ce départ a ébranlé des investisseurs s'inquiétant déjà de voir partir un à un les responsables considérés comme les plus importants contrepoids aux décisions intempestives de M. Trump.

Un conseiller économique de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, a toutefois assuré mercredi que le poste de M. Powell n'était nullement menacé, contribuant au rebond enregistré à Wall Street.

La Banque centrale américaine elle-même a semé le trouble en n'étant pas d'une clarté absolue sur le rythme des futures hausses des taux d'intérêt. Ces dernières, qui renchérissent tous les crédits à la consommation et les crédits immobiliers, ont un impact direct sur l'économie américaine, traditionnellement tirée par la consommation.

La hausse progressive des taux d'intérêt était jusqu'alors justifiée par la volonté d'éviter une surchauffe de l'économie déjà au plein emploi, mais le dernier relèvement a semblé entrer en contradiction avec une baisse des prévisions de croissance et d'inflation pour 2018 et 2019.

Alors que le ralentissement économique se profile après dix ans d'expansion, « le message envoyé par les marchés est que [les gouverneurs de la Fed] n'organisent pas un atterrissage en douceur, mais un atterrissage forcé, en d'autres termes [il y a] peut-être une erreur dans leur politique monétaire », relève Quincy Krosby, analyste chez Prudential Financial.

Steven Mnuchin s'était voulu rassurant le week-end dernier sur l'économie américaine, affirmant avoir eu des entretiens avec les six principales banques du pays, qui disposent « d'amples liquidités », et en convoquant une conférence téléphonique avec un groupe de travail sur les marchés financiers.

Mais ses tweets, envoyés de son lieu de vacances, ont pris l'allure d'une communication de crise, remuant un peu plus les marchés au moment où les administrations fédérales sont en partie fermées, faute d'accord au Congrès sur le financement d'un mur à la frontière avec le Mexique, voulu par Donald Trump.

Les marchés s'inquiètent de plus en plus de la conjoncture mondiale. Dès octobre, le Fonds monétaire international (FMI) avait abaissé ses prévisions de croissance de l'économie mondiale pour 2018 et 2019 (3,7 % contre 3,9 % précédemment).

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a laissé entendre fin novembre que ces données seraient encore abaissées en janvier.

S'agissant de la seule économie américaine, le FMI observe depuis des mois que les effets positifs de la réforme fiscale, adoptée fin décembre 2017, vont s'estomper.

Cette réforme, qui s'est traduite concrètement par des baisses d'impôts des particuliers et surtout des entreprises, a stimulé l'économie américaine cette année en redonnant plus de pouvoir d'achat aux consommateurs et plus de bénéfices aux entreprises.

Les sociétés ont pu aussi rapatrier aux États-Unis, à moindres frais, des revenus enregistrés à l'étranger.

Dans une note récente, Oxford Economics relevait néanmoins un ralentissement de ces rapatriements d'argent.

« Après avoir rapatrié 294,8 milliards de dollars au premier trimestre grâce aux baisses d'impôts, les entreprises ont rapatrié 183,7 milliards au deuxième trimestre et seulement 92,7 milliards au troisième trimestre », détaille Gregory Daco, chef économiste.

L'expansion économique dans le monde a largement été stimulée par les échanges commerciaux.

La guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine, les deux premières puissances économiques mondiales interdépendantes, nourrissent les inquiétudes des investisseurs.

La croissance de la Chine a déjà marqué le pas. Avec le ralentissement annoncé de l'économie américaine, les marchés redoutent que les deux pays entraînent le reste du monde dans leur sillage.

Donald Trump, président des États-Unis

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