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Y a-t-il vraiment plus de kilomètres d'autoroute à Québec qu'ailleurs?

Des voitures circulent au ralenti sur l’autoroute Henri-IV, en direction sud, à l’approche du pont Pierre-Laporte, qu’on aperçoit au loin. Le pont de Québec est également visible. La photo a été prise de jour, en été.
Des voitures circulent au ralenti sur l’autoroute Henri-IV, en direction sud, à l’approche du pont Pierre-Laporte, qu’on aperçoit au loin. Photo: Radio-Canada / Bruno Savard
Jonathan Lavoie

Pour contester certains projets routiers, dont celui du troisième lien, l'argument que Québec est la région qui compte le plus de kilomètres d'autoroute par habitant au pays est souvent mis de l'avant. Cette affirmation était peut-être vraie à une certaine époque, mais elle ne l'est plus aujourd'hui.

Le ratio de kilomètre d’autoroute par habitant est calculé environ tous les cinq ans dans l’Enquête sur les indicateurs de transports urbains de l’Association des transports du Canada (ACT).

Selon la dernière étude publiée en 2016, parmi les grandes régions métropolitaines, Calgary est désormais la championne canadienne. Québec n’est toutefois pas loin derrière et arrive en deuxième place.

Les kilomètres d’autoroute par habitant ont été calculés en fonction du nombre de voies de chaque tronçon.

Méthodologie

L’ATC utilise la région urbaine existante (RUE) pour calculer le nombre de kilomètres d’autoroute par habitant dans les différentes villes. Chaque sous-division de recensement dont le territoire est urbanisé à au moins 33 % est incluse dans le calcul. Il s’agit d’une division géographique dont les paramètres sont définis par Statistiques Canada.

Routes collectrices et artères secondaires

L’auteur de l’étude, David Kriger, mentionne toutefois qu’il est difficile de faire une comparaison parfaitement représentative entre les villes lorsqu’il s’agit de la longueur des autoroutes.

« Dans certaines villes, particulièrement dans l’ouest, ce qu’on appellerait une autoroute au Québec, peut être définie comme une artère secondaire », explique le spécialiste en planification des transports.

Le ratio de kilomètre d’autoroute par habitant est donc probablement encore plus élevé dans certaines villes de l’ouest qu’il n’y paraît.

David Kriger donne en exemple la route Whitemud qui traverse Edmonton d’est en ouest. En Alberta, elle est considérée comme une route collectrice. Il s’agit pourtant d’une artère sans feux de circulation avec des voies d’accélération et des sorties qui remplit le même rôle qu’une autoroute.

Circulation dense sur la route Whitemud à Edmonton.Un projet pilote vise à améliorer la circulation sur Whitemud Drive, à Edmonton. Photo : CBC

L’expert ajoute que le nombre de kilomètres d’autoroute par habitant n’est qu’un indicateur parmi tant d’autres. Il n’y a pas de chiffre précis à partir duquel on peut dire qu’une ville compte trop d’autoroutes pour sa population.

« Cela dépend vraiment des conditions locales qui sont liées à l’économie, la population, la quantité de véhicules en transit », résume le consultant.

Autoroutes et congestion

Le directeur général de l’organisme Vivre en ville, Christian Savard, a régulièrement dit que Québec comptait plus de kilomètres d’autoroute par habitant que les autres villes canadiennes.

« Il y a eu des études qui ont tourné depuis les années 90 qui ont fait ces ratios-là, qui ont toujours démontré que Québec était dans les villes où il y a le plus d'autoroutes en Amérique du Nord, particulièrement au Canada, où elle a toujours été championne », rappelle-t-il.

Christian Savard, directeur général de Vivre en villeChristian Savard, directeur général de Vivre en ville Photo : Radio-Canada

Il admet toutefois que ces études ne sont peut-être plus à jour. Selon lui, n’en demeure pas moins que Québec est quadrillée par les autoroutes. Il suffit de penser à Duplessis, Henri-IV et Robert-Bourassa; trois autoroutes nord-sud très rapprochées les unes des autres.

Le nombre d'autoroutes est plus important que le nombre de voies, c'est ce qui fait en sorte que le seul moyen de se déplacer en ville devient la voiture à travers les autoroutes.

Christian Savard, Directeur général de Vivre en ville

« On se rend compte aussi que malgré cette grande offre d'autoroutes, avec le temps, la congestion s'est installée tout de même », note M Savard.

« Une autoroute, c'est supposé de servir pour les déplacements entre deux villes, ce n'est pas supposé de servir pour les déplacements domicile – travail. […] À Québec, à titre d'exemple, il aurait été préférable d'avoir Henri-IV beaucoup plus large, mais sans avoir Robert-Bourassa et Duplessis qui auraient pu être des boulevards. »

Christian Savard ajoute que les autoroutes contribuent grandement à l'étalement urbain, ce qui entraîne des coûts d'infrastructure importants pour les villes.

Québec

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