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Noëls verts et pluies hivernales, des phénomènes en croissance au Canada

Un télésiège désert au-dessus de pistes de ski sans neige.
Selon Environnement Canada, les Noëls sans neige sont en augmentation dans plusieurs endroits du pays depuis les années 1980. Photo: La Presse canadienne / Nathan Denette
Julien Lamoureux

Au Québec, le temps des Fêtes a déjà été marqué par deux épisodes de pluie et par des écarts importants au thermomètre, du froid intense aux températures au-dessus du point de congélation. Pourtant, selon Environnement Canada, on ne peut pas dire que ce début d'hiver « sort de l'ordinaire ».

Pour la première fois depuis 2015, les Montréalais ont connu un Noël vert (moins de deux centimètres de neige au sol le 25 décembre). Même si ce phénomène n'est pas la norme, il se produit de plus en plus souvent depuis les années 1980, selon les données d'Environnement Canada.

Dans les trente dernières années, la probabilité d'avoir un Noël blanc dans la plus grande ville du Québec a diminué de 85 à 70 %, et l'accumulation moyenne de neige en cette journée fériée a baissé de 17 à 8 cm.

La plupart des villes d'importance au Canada ont suivi cette tendance : à Québec, par exemple, la moyenne est passée de 45 à 25 cm, et cette année, il n'y avait que 19 cm de neige au sol, selon les données enregistrées à l'aéroport Jean-Lesage.

Anna-Belle Filion, météorologue à Environnement Canada, affirme que les pelouses dégarnies à Montréal et le tapis blanc plus mince qu'à l'habitude ailleurs au pays ne sont pas dus à un manque de précipitations. Dès novembre, des tempêtes avaient balayé la plupart des régions plus tôt qu'à l'habitude.

C'est un hiver qui nous bouscule un peu, mais pour l'instant, il y a eu beaucoup de neige.

La météorologue Anna-Belle Filion, d'Environnement Canada

C'est que les changements climatiques causés par l'action humaine ne se traduisent pas nécessairement par une hausse des températures, mais plutôt par un dérèglement qui augmente l'occurrence d'« extrêmes ».

« On peut avoir encore des très [fortes] tempêtes qui battent des records, mais aussi, on a des records de chaleur. On est dans [ce genre d']extrêmes », explique-t-elle.

Une journée ne fait pas un hiver

Une vitre recouverte de gouttes d'eau. Hors-champ, une rue enneigée. La neige et la pluie se sont succédé vendredi dans plusieurs régions de l'est du pays. Photo : Radio-Canada / Conrad Fournier

Anna-Belle Filion soutient qu'il ne faut pas faire de raccourci entre Noël vert et changements climatiques. Se concentrer sur les données d'une date spécifique peut être trompeur, et il faut regarder les tendances et non les exemples spécifiques.

Il faut également faire la distinction entre phénomènes météo épisodiques et changements constants à long terme.

Sauf que les hivers qui nous « bousculent », comme celui qui semble se profiler au pays, deviendront-ils la norme? C'est difficile à dire, mais la météorologue admet que la tendance, depuis les années 1980, est à l'augmentation des Noëls verts et des épisodes « extrêmes ». L'Homme y est pour quelque chose.

Les changements climatiques [causés par les humains] existent. On sait que ça amène des tendances, ça dérègle le climat qu'on a connu.

Anna-Belle Filion

Le choix du terme « dérèglement » plutôt que « réchauffement » devient particulièrement pertinent quand on s'intéresse aux quelques villes où les Noëls blancs sont en augmentation plutôt qu'en diminution, comme à Saint-Jean, à Victoria et à Vancouver.

Le réchauffement global de la planète entraîne des effets qui « varient vraiment spatialement », selon la topographie du territoire, par exemple, analyse la scientifique.

Vendredi, l'est du pays a été balayé par une chute de neige suivie de verglas et de pluie. Samedi, à travers le Québec et les provinces maritimes, le mercure pourrait descendre de 10 à 15 degrés.

Pour la spécialiste, ceci ne dénote pas que l'hiver est et sera « hors de l'ordinaire ». S'il s'agit du nouveau standard, les surprises de Dame nature deviendront peut-être l'apanage des Canadiens en hiver.

À travers le Canada

Les données d'Environnement Canada (Nouvelle fenêtre) permettent de voir les écarts en 30 ans de la probabilité des Noëls blancs (en pourcentage) et de la quantité attendue de neige au sol (en cm) dans les grandes villes du pays. Voici quelques exemples.

  • Calgary : -10 %, aucun changement dans l'épaisseur moyenne de neige
  • Edmonton : -15 %, -5 cm
  • Fredericton : -35 %, -16 cm
  • Halifax : -25 %, -7 cm
  • Iqaluit : pas de changement dans la probabilité de Noël blanc (100 %), -3 cm
  • Ottawa : - 10 %, +1 cm
  • Saint-Jean (Terre-Neuve) : +15 %, -1 cm
  • Thunder Bay : -5 %, -12 cm
  • Toronto : -20 %, aucun changement dans l'épaisseur moyenne de neige
  • Vancouver : +5 5, +2 cm
  • Whitehorse : pas de changement dans la probabilité de Noël blanc (100 %), -10 cm
  • Winnipeg : pas de changement dans la probabilité de Noël blanc (100 %), +3 cm

Changements climatiques

Environnement