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Des cancérologues qui jettent l’éponge pour cause d’épuisement

Christopher Giede souriant, en train de jouer de la guitare électrique.

Épuisé, le Dr Christopher Giede quitte sa pratique après 13 ans de service à Saskatoon.

Photo : Radio-Canada / Bonnie Allen/CBC

Radio-Canada

Les deux gynécologues oncologues de Saskatoon ont quitté leur service, et un des deux seuls spécialistes du même domaine de Regina prévoit en faire autant d'ici juin prochain. Les deux docteurs de Saskatoon expliquent qu'ils croulaient sous une charge de travail devenue insupportable avec le temps.

En septembre, le Dr Christopher Giede est parti en congé de maladie pour une durée indéterminée, et ce décembre, Dre Anita Agrawal part pour un nouveau poste en Ontario.

Ces gynécologues oncologues traitent les cancers dans l’appareil reproducteur féminin (ovaire, col de l’utérus ou la vulve, etc.).

Des médecins au bout du rouleau

Je suis malade physiquement, je ne peux plus porter cette charge, explique Christopher Giede, après 13 ans de service.

Quand il a commencé à travailler à Saskatoon en 2005, il était le seul de sa spécialisation et était de garde 24 heures tous les jours. La Dre Anita Agrawal est arrivée dans la province en 2008, ce qui a apporté un soulagement, mais la charge de travail restait infernale.

Le docteur raconte que lorsqu'un d'eux était en vacances, l’autre devait reprendre la permanence.

Dr Giede explique que depuis six ans, il demande aux autorités de santé publique de recruter un troisième spécialiste et d’ajouter du personnel de soutien. Depuis tout ce temps, les promesses du gouvernement sont restées des vœux pieux, d'après lui.

Dre Anita Agrawal, elle, dit qu’elle était « épuisée » et fatiguée de devoir demander de l’aide.

Des patientes inquiètes

Kimberly MacKinnon, une patiente de Saskatoon, a appris qu’un spécialiste suppléant allait venir d’Ottawa pour lui prodiguer des soins, compte tenu de la situation. Elle ne cache le fait qu'elle est inquiète devant le départ des spécialistes.

À quel point connaissent-ils mon cas ? C’est accablant et effrayant. On se sent en danger, lance-t-elle.

Chaque année, en moyenne 240 femmes, en Saskatchewan, reçoivent un diagnostic de cancer associé à leur appareil reproducteur.

Selon un rapport récent, la norme canadienne est de trois gynécologues oncologues dans chaque centre hospitalier qui offre ce service.

L’épuisement professionnel chez les médecins est un grave problème. Si vous n’êtes que deux pendant longtemps, c’est très éprouvant, explique le Dr James Bentley, président de la Société canadienne des gynécologues oncologues.

Un gouvernement en recherche active de spécialistes

Le ministre de la Santé, Jim Reiter, a demandé à l’Autorité de santé de faire tout ce qu’il faut pour procéder activement au recrutement d’un nouvel gynécologue oncologue.

Dans une offre d’emploi à ce sujet, l’Autorité de la santé offre un revenu annuel entre 467 000 et 587 000 $, en plus de 30 000 $ si le contrat inclut un engagement de 3 ans. De plus, elle offre deux bourses de 200 000 $ pour des spécialistes qui travaillent dans la province.

Le Dr Christopher Giede dit qu’il est la preuve que les bourses incitatives ne suffisent pas « si on laisse les personnes formées souffrir d’un épuisement professionnel », regrette-t-il.

Il ajoute qu'il reprendra son travail seulement si sa santé et les conditions de travail s’améliorent.

Saskatchewan

Médecine