•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un groupe dénonce l’achat d’animaux exotiques pendant les Fêtes

Un lézard porte un petit vêtement et se tient sur l'épaule d'une femme.

De nombreux animaux exotiques offerts en cadeau sont abandonnés par la suite.

Photo : World Animal Protection

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'achat impulsif et non informé d'animaux exotiques inquiète l'organisme World Animal Protection, qui craint que ces animaux finissent par être abandonnés.

Un texte d'Anaïs Elboujdaïni

Durant le temps des Fêtes, les refuges pour chiens et chats poussent les gens à réfléchir avant d’acheter ces animaux de compagnie, rappelle Melissa Matlow, responsable des campagnes pour les animaux sauvages auprès de l'organisme Wild Animal Protection.

La réalité des animaux exotiques, bien que moins rapportée, est aussi difficile, affirme-t-elle.

Euthanasie automatique pour certains reptiles

Vétérinaire spécialiste des reptiles, Andrian Walton ne s’oppose pas au fait d’avoir des animaux exotiques en captivité.

Mais il connaît bien le côté sombre de l’abandon d’animaux exotiques qui ont été offerts en cadeau pendant le temps des Fêtes. Avec les semaines qui passent, il arrive trop souvent que les nouveaux propriétaires déchantent et se rendent à sa clinique pour demander qu'ils soient eutanasiés.

« On observe une hausse de ces animaux vers le mois de mars, quand la surprise est passée », dit-il.

Chaque année, le docteur Adrian Walton, qui travaille à la clinique Dewdney à Maple Ridge, doit ainsi euthanasier des reptiles, comme le python royal et l’agame barbu, un lézard populaire chez les amateurs de reptiles.

Un python royal enroulé dans les feuilles d'une plante.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un python royal

Photo : Trio orange / Laurence Provencher

« Nous ne sommes pas un refuge pour reptiles [il n’y en a que deux en Colombie-Britannique]. Nos ressources sont donc limitées », avance-t-il.

« Les magasins d’animaux vont vendre ces reptiles en disant qu’ils requièrent peu d’entretien, explique Adrian Walton. En tant que vétérinaire, je peux vous dire que leurs besoins nutritifs et leur habitat en font des animaux de compagnie très exigeants ».

« Ils ont des besoins très précis que peu de gens sont en mesure de combler. »

— Une citation de  Adrian Walton, vétérinaire

Même son de cloche chez Melissa Matlow, qui avance que 17 % des propriétaires d’animaux exotiques n’ont effectué aucune recherche avant de les acheter.

Péril des espèces indigènes

Des animaux comme la tortue à oreille rouge se retrouvent souvent dans les bas de Noël parce qu’ils ressemblent aux tortues ninja, la populaire série télévisée.

Or, cette espèce invasive introduite au Canada – et qu'on trouve en Colombie-Britannique – est abandonnée dans la nature par certaines familles.

Puisque la température est plus clémente dans la région de Vancouver pendant l’hiver, ces tortues peuvent donc survivre.

Une tortue à oreilles rougesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une tortue à oreilles rouges

Photo : Radio-Canada

Mais comme elles sont dangereuses pour la faune locale, elles font partie des espèces automatiquement euthanasiées à la clinique Dewdney.

Melissa Matlow s’étonne qu’on puisse obtenir aussi facilement des animaux sauvages d’autres pays.

« On verrait mal quelqu’un au Canada avoir un geai bleu, un huard ou un castor en captivité », explique-t-elle.

Adrian Walton déplore d'ailleurs le manque de réglementation entourant la vente d’animaux exotiques.

Il espère pour la nouvelle année que le gouvernement provincial aura pour les éleveurs de reptiles les mêmes exigences que pour les éleveurs de chiens, par exemple.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !