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Le seul problème de l'économie américaine est la Fed, dit Donald Trump

Jerome Powell parle dans un micro, debout devant un lutrin.

Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, tient une conférence de presse à Washington.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Agence France-Presse

Donald Trump a une nouvelle fois tempêté lundi contre la Réserve fédérale américaine (Fed) – la Banque centrale – dans un contexte de grande inquiétude sur les perspectives de croissance de la première économie du monde, illustrée par la poursuite du recul de Wall Street, dont la fébrilité est accentuée lundi par le blocage partiel des administrations de Washington.

« Le seul problème de notre économie, c'est la Fed », écrit le président américain dans un tweet, alors que la Fed a remonté la semaine dernière ses taux d'intérêt. « Ils ne sentent pas le marché, ils ne comprennent pas nécessairement les guerres commerciales », a-t-il ajouté.

Pour le président républicain, « la Fed est comme un joueur de golf puissant qui ne peut pas mettre la balle dans le trou, car il manque de précision ».

Ces critiques acérées contre la puissante institution, qui a pour double mission de maîtriser l'inflation et de viser le plein emploi, sont publiées alors que la Bourse de New York continue de reculer en cette veille de Noël, après avoir enregistré sa pire chute hebdomadaire depuis la crise financière de 2008.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 2,91 % lundi, pour terminer à 21 792,20 points.

L'indice NASDAQ, à forte coloration technologique, a lâché 2,21 % pour clôturer à 6192,92 points.

L'indice élargi S&P 500 a pour sa part plongé de 2,71 %, pour finir à 2351,10 points, son plus bas niveau depuis avril 2017. Considéré comme le plus représentatif par les investisseurs, le S&P 500 a perdu 19,8 % depuis son pic de la fin de septembre, s'apprêtant ainsi à rejoindre le NASDAQ dans la catégorie des indices ayant lâché plus de 20 % en quelques mois.

Les marchés s'inquiètent de la perspective d'un ralentissement économique, des conséquences de la guerre commerciale, de la remontée des taux d'intérêt et, désormais, de la paralysie partielle des administrations à Washington (shutdown) depuis samedi, et qui pourrait se prolonger jusqu'en janvier.

« Forte croissance aux États-Unis », dit Mnuchin

L'hôte de la Maison-Blanche avive une nouvelle fois les tensions, alors que son secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, s'est efforcé toute la fin de semaine d'apaiser les esprits sur les conséquences de la paralysie, et a tenté de faire taire les informations selon lesquelles Donald Trump envisage de congédier le président de la Fed, Jerome Powell.

Lundi, M. Mnuchin tient une réunion téléphonique avec le groupe de travail sur les marchés financiers qu'il préside lui-même, afin de discuter de « la coordination des efforts pour assurer des opérations de marchés normales » dans le contexte du shutdown.

Ce groupe, créé en 1988 après le krach boursier d'octobre 1987 et utilisé pendant la crise de 2008, comprend les responsables de la Fed, des autorités boursières (Securities and Exchange Commission), des responsables des marchés des matières premières, ainsi que d'autres régulateurs financiers.

Le ministre de Donald Trump, qui avait plutôt jusqu'alors la confiance du président, s'efforce de contenir la perte de sérénité des marchés, mettant en avant la bonne santé actuelle de l'économie américaine, qui devrait croître de quelque 3 % cette année.

« Nous continuons de constater une forte croissance économique aux États-Unis, avec une activité robuste des consommateurs et des entreprises », a-t-il affirmé dimanche.

Mais l'annonce de la réunion d'un groupe associé à des crises, par l'intermédiaire de son compte Twitter, qui plus est – selon des médias américains – depuis son lieu de vacances au Mexique, semblait semer le trouble lundi sur la réalité de la conjoncture économique.

Concrètement, les marchés se demandent si la croissance de la première économie du monde ne serait pas en train de ralentir beaucoup plus vite que prévu.

La semaine dernière, le Comité monétaire de la Banque centrale avait un peu réduit sa projection de croissance américaine pour cette année, à 3 % au lieu de 3,1 % précédemment, et surtout pour 2019, à 2,3 % contre 2,5 %, emboîtant le pas au Fonds monétaire international (FMI), qui met en garde depuis des mois contre un ralentissement économique aux États-Unis à mesure que les effets positifs de la réforme fiscale vont s'estomper et que la guerre commerciale bat son plein.

Fait très inhabituel, Steven Mnuchin a aussi dévoilé dimanche avoir eu des discussions individuelles avec les patrons des six principales banques des États-Unis.

Selon lui, Brian Moynihan (Bank of America), Michael Corbat (Citi), David Solomon (Goldman Sachs), Jamie Dimon (JP Morgan Chase), James Gorman (Morgan Stanley) et Tim Sloan (Wells Fargo) lui « ont confirmé avoir d'amples liquidités disponibles pour les prêts aux consommateurs, pour les opérations de marchés et pour toutes les autres opérations ».

« Ce communiqué n'est toutefois pas très rassurant dans la mesure où les investisseurs ne s'étaient pas vraiment inquiétés ces derniers jours du fonctionnement des marchés, malgré les importantes chutes », a commenté Nick Bennenbroek, stratégiste chez Wells Fargo.

Donald Trump est d'autant plus irrité par la chute de Wall Street que l'économie était jusqu'alors l'atout majeur de son mandat.

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