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Petite enfance : les éducatrices de l'Î.-P.-É. réclament de meilleurs salaires

Un bébé, vu de haut, joue avec des blocs LEGO.

Alors que des élections provinciales à l'Île-du-Prince-Édouard sont prévues d'ici l'automne prochain, les éducatrices de la petite enfance souhaitent que leur rémunération devienne un enjeu électoral.

Photo : iStock / santypan

François Pierre Dufault

Les éducatrices de la petite enfance de l'Île-du-Prince-Édouard veulent faire de leur rémunération un enjeu électoral en 2019. Elles veulent convaincre le gouvernement provincial d'augmenter leurs salaires de près de 50 % afin de s'attaquer à un important problème de recrutement et de rétention de personnel qualifié.

Leurs salaires sont à l'heure actuelle les plus bas du pays. À la base, une éducatrice gagne 15,60 $ l'heure. C'est 3,35 $ de plus que le salaire minimum qui entrera en vigueur en avril prochain dans la province.

Dans ces conditions, il est difficile pour le secteur de la petite enfance de recruter et de retenir des éducatrices qualifiées, explique Kathleen Couture, directrice générale de l'Association des centres de la petite enfance francophones de l'Île-du-Prince-Édouard.

Les six centres de la petite enfance (CPE) francophones de la province disent qu'il leur manque une douzaine d'éducatrices à temps plein. C'est près du quart du personnel nécessaire.

On perd nos éducatrices qui vont travailler dans les écoles [...] ou au gouvernement. On a même perdu une éducatrice qui a décidé que c'était plus payant pour elle d'occuper trois emplois à temps partiel que de travailler comme éducatrice à temps plein.

Kathleen Couture, directrice générale de l'Association des CPE francophones de l'Île-du-Prince-Édouard

Il y a aussi une pénurie d'éducatrices dans les CPE de langue anglaise.

Toutefois, la pénurie demeure plus importante dans le réseau de langue française, selon Kathleen Couture. À cela s'ajoute la crainte de voir partir des enfants francophones vers des garderies anglophones, avec le risque qu'ils s'assimilent plus facilement.

Les salaires des éducatrices de la petite enfance sont réglementés par la province.

On demande un salaire équivalent [à celui des] assistantes en éducation dans les écoles. Celles-ci gagnent entre 22 $ et 23 $ l'heure. On aurait donc besoin [d'une augmentation] de 7 $ l'heure pour être en mesure de garder nos éducatrices dans nos centres, revendique Kathleen Couture.

Dans son plus récent budget, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a consenti aux éducatrices de la petite enfance une augmentation de 2 % de leurs salaires. C'est l'équivalent de 30 ¢ l'heure environ.

Kathleen Couture est consciente que l'augmentation de 7 $ l'heure réclamée par les quelque 450 éducatrices de la petite enfance anglophones et francophones de la province représente un investissement récurrent de plus de 5,7 millions de dollars. Elle rappelle toutefois que la province a dégagé un surplus budgétaire imprévu de 75 millions de dollars à la fin du dernier exercice financer.

On est vraiment un service essentiel. On est la base qui tient l'Île ensemble. Sans la petite enfance, les parents ne pourraient pas travailler. Les enfants ne seraient pas aussi bien préparés pour l'école.

Kathleen Couture, directrice générale de l'Association des CPE francophones de l'Île-du-Prince-Édouard

Alors que des élections provinciales à l'Île-du-Prince-Édouard sont prévues d'ici l'automne prochain, Kathleen Couture souhaite que les salaires des éducatrices de la petite enfance deviennent un enjeu électoral.

L'Association des CPE francophones prévoit d'ailleurs tenir des rassemblements pour sensibiliser la population à sa cause. Un premier rassemblement est prévu en janvier à Rustico, où le recrutement et la rétention d'éducatrices qualifiées demeurent particulièrement difficiles.

On souhaite vraiment qu'à l'approche des élections, les salaires des éducatrices de la petite enfance vont trouver leur place dans tous les programmes électoraux, lance Kathleen Couture.

Île-du-Prince-Édouard

Éducation préscolaire