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Israël tiendra des élections législatives anticipées en avril

Un homme aux cheveux gris et portant un complet parle derrière un micro et devant des drapeaux d'Israël.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou

Photo : Getty Images / Jack Guez

Reuters

Benyamin Nétanyahou a annoncé lundi la tenue d'élections législatives anticipées, au début d'avril, dans l'espoir d'obtenir un cinquième mandat de premier ministre, une première dans l'histoire d'Israël.

Le gouvernement a expliqué que la dissolution du Parlement, qui devrait être votée cette semaine, et ce retour aux urnes anticipé étaient la conséquence de désaccords au sujet d'un projet de loi sur la conscription et la question des exemptions de service militaire accordées aux juifs ultra-orthodoxes.

Mais, depuis que la police a préconisé au début de décembre l'inculpation de Nétanyahou dans une troisième affaire de corruption le concernant, beaucoup de commentateurs politiques pariaient que le chef du Likoud, dont la popularité ne se dément pas dans les sondages, chercherait à organiser des élections avant que le procureur général ne décide de suivre ou non les recommandations de la police.

Les prochaines élections législatives, fixées au 9 avril selon les médias, ne devaient pas avoir lieu avant novembre.

Quant à la décision du procureur, elle était attendue dans les semaines qui viennent. Le ministère de la Justice a assuré que le travail sur les dossiers concernant Nétanyahou se poursuivait « indépendamment des événements politiques », mais selon plusieurs médias israéliens, le procureur général pourrait retarder sa décision afin de ne pas être accusé d'influencer le scrutin d'avril.

« Les électeurs savent ce que nous avons fait pour Israël »

Benyamin Nétanyahou a été accusé le 2 décembre par la police d'avoir accordé des faveurs gouvernementales à la société de télécommunications Bezeq en échange d'une couverture favorable à son égard de la part du site d'informations Walla, propriété du groupe de télécommunications.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et sa femme Sara debout sur un tapis rouge et devant un grand rideau blanc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et sa femme Sara entendus par la police dans le cadre d'une enquête de corruption.

Photo : Reuters / Ronen Zvulun

En février, la police avait déjà recommandé l'inculpation du premier ministre dans deux autres dossiers.

Nétanyahou nie toute malversation et n'a jamais évoqué l'hypothèse d'une démission s'il venait à être inculpé.

« Je pense que les électeurs savent très bien ce que nous avons fait pour Israël », a déclaré lundi le chef du gouvernement aux députés du Likoud. « Nous venons leur demander un mandat clair pour continuer à diriger Israël à notre façon. »

« Il veut gagner et dire ensuite au procureur : attention, avant de me poursuivre, réfléchissez. Le peuple d'Israël m'a réélu [...], vous ne pouvez pas remettre en cause le résultat d'une élection démocratique », commente Reuven Hazan, politologue à l'Université hébraïque de Jérusalem.

De récentes enquêtes d'opinion ont montré qu'à 69 ans, le chef du gouvernement restait populaire au sein de l'électorat.

Aucun responsable du Likoud ne l'a encore défié publiquement et le parti conservateur devrait serrer les rangs autour de sa personne en vue des prochaines élections.

Majorité fragile

La coalition de gouvernement dirigée par le chef du Likoud (droite) n'a plus qu'un seul siège de majorité à la Knesset (61 députés sur 120) depuis le départ le mois dernier de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman.

Gros plan sur le visage d'Avigdor Lieberman.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a remis sa démission mercredi.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Lieberman, qui était ministre de la Défense, a claqué la porte du gouvernement pour dénoncer un cessez-le-feu conclu à Gaza avec le Hamas et d'autres groupes palestiniens armés, qu'il a comparé à une capitulation.

Nétanyahou a perdu, avec sa démission, le soutien d'Israël Beytenou [« Israël notre maison »], le parti de Lieberman.

Depuis, Nétanyahou a repris le poste de ministre de la Défense et apparaît régulièrement en photo avec des soldats.

Lors de récents discours, il a vanté son bilan en matière de sécurité face à l'Iran et aux groupes armés palestiniens, ainsi qu'en matière de croissance économique et de contacts diplomatiques avec des pays arabes dits « modérés ».

En dehors du Likoud, Yair Lapid, à la tête du parti centriste d'opposition Yesh Atid, est considéré comme le candidat le mieux placé pour succéder à Nétanyahou. Dans les sondages, Yesh Atid se classe deuxième derrière le Likoud.

L'ancien chef d'état-major Benny Gantz est également mentionné comme un rival sérieux susceptible de faire pencher la balance en faveur d'un bloc de centre gauche. Cependant, il n'a toujours pas officiellement annoncé sa candidature.

À l'extrême droite, Lieberman et Naftali Bennett pourraient tenter de se hisser à la tête d'une coalition si le Likoud ressortait affaibli du scrutin.

Benyamin Nétanyahou effectue actuellement son quatrième mandat à la tête du gouvernement israélien (1996-1999 et sans discontinuer depuis 2009).

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