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Québec gère-t-il adéquatement ses pneus hors d’usage?

Un tas de pneus usagés.
Des pneus usagés. Photo: Getty Images
Radio-Canada

L'incendie de milliers de pneus usagés à Beauceville rappelle les images d'un événement similaire survenu il y a 28 ans, à Saint-Amable, en Montérégie, alors que trois millions de pneus avaient brûlé pendant quatre jours dans un dépotoir. Comme on se le demandait à l'époque, une question revient : est-ce que le Québec gère adéquatement les pneus hors d'usage?

Un texte de Nancy Caouette

En mai 1990, les résidents de Saint-Amable ont vécu l’enfer. Les fumées toxiques qui s’étaient dégagées du brasier avaient forcé l’évacuation de familles qui vivaient à proximité.

Des cours d’eau et le sol avaient été contaminés. Toutefois, une couche d’argile de 20 mètres sous les pneus avait permis de limiter les dégâts en jouant le rôle de couche imperméable pour éviter que les matières toxiques n’atteignent la nappe phréatique.

Le gouvernement du Québec avait déboursé 12 millions de dollars afin de réparer les dommages causés par l’incendie. La province en avait cependant tiré une leçon : la gestion des pneus hors d’usage devait être assurée par l’État.

En 1993, Québec créait le Programme de gestion intégrée des pneus hors d'usage, qui allait être géré par Recyc-Québec.

À partir de 1999, les automobilistes québécois ont été appelés à financer le programme en payant 3 $ de plus sur chaque pneu neuf acheté.

Une responsabilité partagée, dit un expert

Cet automne, la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a critiqué la gestion de Recyc-Québec relativement aux pneus hors d’usage.

Selon la vérificatrice, la société d'État n'assume pas le leadership qui lui revient en matière de gestion des pneus hors d'usage, alors que les stocks des recycleurs québécois ont plus que doublé en deux ans seulement.

« Québec n’a pas mis en place de système de surveillance adéquat qui lui permet d’obtenir l’assurance raisonnable que les pneus hors d’usage sont traités et entreposés de façon sécuritaire », a affirmé la vérificatrice générale lors de la présentation de son rapport.

Selon le professeur de gestion des risques majeurs Michel C. Doré, de l'UQAM, les usines de recyclage sont aussi à blâmer.

« C’est une responsabilité partagée avec un grand nombre d’acteurs. Il y a une obligation d’avoir un cadre légal et des lois, mais les exploitants des usines de recyclage ont aussi l’obligation de s’assurer de la sécurité des lieux. »

L’expert en toxicologie et coprésident de la Société pour vaincre la pollution Daniel Green estime pour sa part que le système actuel de gestion des pneus hors d’usage doit être revu.

Selon lui, l’État devrait plutôt demander aux grands acteurs de l’industrie du pneu de faire partie de la solution.

« Le pneu retournerait à Firestone, Goodyear, Pirelli et Michelin. Ils reprendraient les vieux pneus pour en faire des pneus neufs. Les pneus d’hier deviendraient les pneus de demain », suggère-t-il.

L'an dernier, Recyc-Québec a traité 90 142 tonnes de pneus usagés, soit plus que ce que le Québec peut récupérer.

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