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Carlos Ghosn derrière les barreaux au moins jusqu'au 1er janvier

Un homme semble stoïque en écoutant une intervention.

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le PDG de Renault et ex-patron de l'Alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, passera Noël et le réveillon derrière les barreaux, la justice japonaise ayant décidé dimanche de prolonger sa garde à vue jusqu'au 1er janvier.

Cette décision judiciaire est le dernier développement en date dans la saga qui passionne le Japon et le monde des affaires depuis que ce titan du milieu de l'automobile a été arrêté soudainement le 19 novembre à Tokyo, à l'arrivée de son jet privé.

« Aujourd'hui, la décision a été prise de maintenir [M. Ghosn] en détention. La garde à vue viendra à expiration le 1er janvier », a dit le tribunal du district de Tokyo dans un communiqué.

Ce jugement ne signifie pas que l'ancien patron de Nissan sera libéré au Nouvel An, le parquet pouvant requérir à cette date que sa garde à vue soit prolongée de 10 jours supplémentaires pour les besoins de l'enquête.

Ce que la justice japonaise lui reproche

En outre, parallèlement, M. Ghosn est aussi en détention provisoire à la suite d’une première inculpation, ce qui signifie qu'une libération ne peut avoir lieu qu'à la fin de cette garde à vue et sur acceptation par le tribunal d'une demande de mise en liberté sous caution.

Il s'agit d'un nouveau front dans les ennuis judiciaires de M. Ghosn. Celui-ci a fait l'objet vendredi d'un nouveau mandat d'arrêt, le troisième, sur des charges supplémentaires, concernant cette fois l'abus de confiance.

Le parquet soupçonne ainsi Carlos Ghosn d'avoir « failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan ».

Concrètement, le bureau des procureurs lui reproche d'avoir fait couvrir par Nissan « des pertes sur des investissements personnels » au moment de la crise financière d'octobre 2008, ce qu'il nie, selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK. La somme suspectée s'élève à 1,85 milliard de yens (22,4 millions de dollars canadiens).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un ami d'Arabie saoudite se porte garant et aurait effectué des virements d'un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d'une filiale de Nissan.

Ce type de délit est normalement prescrit au bout de 7 ans, mais la loi permet de suspendre le décompte lors des séjours à l'étranger, nombreux dans le cas de M. Ghosn qui passait seulement un tiers de son temps au Japon.

Pour le moment, le Franco-Libano-Brésilien a été inculpé le 10 décembre pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (58 millions de dollars canadiens) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été mis en examen.

Les deux hommes sont également soupçonnés de minoration d'émoluments sur la période 2015-2018, pour un montant de 4 milliards de yens.

La longue garde à vue qui a suivi l'arrestation de M. Ghosn, qui séjourne dans une petite cellule dans un centre de détention de Tokyo, a étonné à l'étranger, et le système judiciaire japonais s'est retrouvé sous le feu des critiques.

Pendant ce temps, l'alliance Renault-Nissan est dans la tourmente. Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont déjà révoqué à l'unanimité M. Ghosn de la présidence de leur conseil d'administration, mais le groupe français Renault l'a maintenu jusqu'à présent à son poste, confiant « à titre provisoire » la direction exécutive à son numéro deux Thierry Bolloré.

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