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Être père Noël à l’ère numérique

Les membres de l'Association des Pères Noël du Québec qui incarnent le personnage adoptent un code d'éthique stricte.

Photo : Radio-Canada

Charles D'Amboise

S'asseoir sur les genoux du père Noël n'est plus aussi banal qu'autrefois. À l'ère des réseaux sociaux, ceux qui l'incarnent ont dû adapter chacun de leurs gestes afin d'éviter toute mauvaise interprétation.

« Avec les réseaux sociaux, il faut être plus prudent. Il faut faire attention à nos paroles, à nos gestes », indique un représentant du père Noël de la région de Montréal, qui compte plus de 40 ans d’expérience.

« Ça ne m’est pas arrivé personnellement, mais j’ai un collègue qui a mal positionné un enfant. Il a mal placé sa main et ça a fait le tour des réseaux sociaux […] Il n’a pas fait exprès », explique-t-il.

Ce père Noël, comme une trentaine d’autres doublures, est membre de l’Association des pères Noël du Québec. Depuis plusieurs années, le regroupement forme ses membres selon un guide basé sur un code d’éthique et de bienséance.

« Un enfant qui manque d’équilibre, je ne vais pas le tenir par la taille. Je vais le tenir par l’épaule », donne en exemple celui qui incarne saint Nicolas.

Un enfant d’un an ou deux, je vais le retenir devant moi avec mon bras et non avec ma main.

Un père membre de l'Association des pères Noël du Québec

Nouvelles formations

L’Association, qui vérifie les antécédents judiciaires de tous ses membres, a dû adapter ses formations ces dernières années.

« Avec les vagues de dénonciations, les gens ne laissent plus passer grand-chose. C’est important de transmettre des codes d’éthique », explique la présidente de l’Association, Kathie Tremblay.

Kathie Tremblay, directrice de l'Association des pères Noël du Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kathie Tremblay, directrice de l'Association des Pères Noël du Québec.

Photo : Radio-Canada

Pour devenir membre de l’Association, chaque nouveau père Noël passe une entrevue lors de laquelle il est soumis à une série de mises en situation.

« Le père Noël n’est plus seulement un distributeur de cadeaux. Il fait vivre une expérience à son enfant, poursuit Mme Tremblay. Ce n’est plus juste le casting physique. C’est aussi le casting psychologique. »

L’œil du photographe

Lorsqu’ils sont sur leurs trônes dans des centres commerciaux, les pères Noël qu'a rencontrés Radio-Canada sont unanimes : la complicité avec leur photographe permet d’éviter bien des mauvaises surprises...

Ils agissent comme de véritables chorégraphes de la rencontre avec le père Noël, explique Noujou Ayed, photographe du royaume des Galeries de la Capitale.

Le père Noël, il ne va jamais dire "donne-moi un câlin" ou "donne-moi un bisou". Ça ne se fait pas. C’est vraiment si le parent le demande, on peut le faire, mais sinon, on n’impose rien.

Noujou Ayed, photographe du royaume des Galeries de la Capitale

Un autre père Noël qui travaille principalement sur la Rive-Sud (Montréal) reste aussi prudent vis-à-vis des câlins.

« Il s’agit simplement d’ouvrir les bras et de prendre les enfants par les épaules. Pour les becs, c’est des becs soufflés », raconte-t-il.

Malgré ces nouvelles réalités, incarner le père Noël revêt quelque chose de magique.

« C’est de l’amour qu’on reçoit. Ça n’a pas de bon sens. C’est très gratifiant. »

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Société