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Le Sénat américain met fin à ses travaux en pleine paralysie de l'État

Une affiche indique qu'un bâtiment est fermé.

Les archives nationales sont fermées en raison de la paralysie partielle de l'administration fédérale.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Radio-Canada

Les sénateurs américains ont ajourné samedi leur session visant à sortir le pays d'une impasse sur l'adoption de la loi budgétaire d'urgence, ce qui laisse présager une prolongation de la paralysie partielle de l'État au-delà de la fête de Noël.

Les négociations pour l'adoption de la loi budgétaire au Sénat américain avaient repris samedi, alors que les démocrates et la Maison-Blanche doivent s'entendre sur la question du financement d'un mur à la frontière avec le Mexique.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé samedi midi que rien ne serait entrepris dans la chambre haute tant que les démocrates ne se seront pas entendus avec le président américain Donald Trump.

La veille, après que le Sénat eut finalement décidé de procéder au vote sur la loi budgétaire, il avait fait un appel aux leaders démocrates afin qu'ils trouvent un compromis avec la Maison-Blanche « sur une entente qui peut recevoir l'aval des deux chambres du Congrès ainsi que celui du président ».

L'idée est de remettre l'administration en marche le plus vite possible, en évitant qu'une entente qui n'a pas d'emblée l'aval du Congrès et du président ne soit soumise aux élus de manière inutile. Les négociations entre les deux parties se poursuivent, d'ailleurs, malgré la fin des travaux au Sénat.

Les élus ne devraient se remettre au travail que le 27 décembre, soit jeudi. Mitch McConnell a toutefois indiqué qu'il pourrait convoquer le Sénat en session à tout moment, dès qu'il y aurait un accord sur le financement des services gouvernementaux.

« Nous négocions avec les démocrates sur la sécurité aux frontières, dont nous avons absolument besoin (gangs, drogues, trafic d'êtres humains et plus), mais ça pourrait durer longtemps », avait pour sa part écrit le président sur Twitter, plus tôt samedi.

Le point litigieux demeure le financement de 5 milliards de dollars pour la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique, promesse phare de la campagne électorale de Donald Trump.

Samedi midi, la Maison-Blanche ne semblait pas ouvrir la porte au compromis en ce qui a trait à ce montant.

Nous continuons de formuler nos attentes au Congrès, c'est-à-dire un financement de 5 milliards de dollars pour la sécurité à la frontière et des barrières physiques.

Un haut responsable de l'administration Trump sous le couvert de l'anonymat

De son côté, le patron des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a indiqué que trois textes étaient en discussion, comprenant chacun 1,3 milliard de dollars pour la sécurité frontalière. Il a également répété son opposition à la construction d'un mur « cher, inefficace dont la majorité des Américains ne veulent pas ».

Avec seulement 51 sièges sur 100 au Sénat, les républicains ne disposent pas des 60 voix nécessaires pour l'adoption d'une loi budgétaire qui, dans sa forme actuelle, finance le mur promis par Donald Trump.

De plus, selon la règle, les élus du Sénat doivent être avertis 24 heures avant la tenue d'un vote, ce qui semble indiquer que rien ne devrait bouger avant dimanche, au plus tôt.

Un air de déjà-vu

Entre-temps, des agences et des départements américains sont privés de financement depuis 0 h 01 samedi matin et leurs activités sont réduites, une paralysie partielle qui touche 800 000 fonctionnaires fédéraux à travers le pays.

Les départements de la Sécurité intérieure, de la Justice, du Commerce, des Transports, du Trésor et de l’Intérieur sont touchés, ce dernier étant responsable des parcs nationaux, très populaires pendant la période des Fêtes.

En revanche, le financement de l’État de New York permet à la statue de la Liberté de demeurer ouverte au public.

Des touristes attendent le traversier pour se rendre à la statue de la Liberté, que l'on voit au loin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, a ordonné que des fonds destinés au tourisme soient débloqués afin de maintenir le site de la statue de la Liberté ouvert pendant la paralysie partielle de l'État fédéral.

Photo : Reuters / David Delgado

De son côté, l'agence de supervision du transport aérien américain (FAA) a assuré sur Twitter que le trafic aérien était « pleinement opérationnel » et que le blocage n'avait « pas d'effet sur la sécurité » des passagers.

Il s'agit de la troisième paralysie partielle de l'administration fédérale à survenir cette année. En janvier dernier, l'État avait été paralysé pendant trois jours, puis une nouvelle fois en février, mais seulement pour quelques heures. La question migratoire était au centre de l'impasse dans les deux cas.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Agence France-Presse, CNN, et Reuters

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