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La cuisine traditionnelle canadienne-française a toujours la cote

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Réal Curé, cuisinier pour le traiteur Chez Mémère, estime qu'il existe un véritable marché pour la cuisine canadienne-française.

Photo : Radio-Canada / Mathilde Monteyne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Se réunir autour de bons plats traditionnels, c'est souvent un incontournable des fêtes de fin d'année. À l'ère contemporaine, où on a parfois moins le temps de cuisiner, le patrimoine culinaire canadien-français semble toujours avoir la cote auprès des Manitobains, qui veillent à le perpétuer.

Dans la famille de Léa Barnabé, qui vit à Saint-Jean-Baptiste, la cuisine, c’est une véritable tradition.

À Noël, les « poutines du jour de l’an », des beignets de pâtes farcis de viande, accompagneront les tourtières, les boulettes, la bûche traditionnelle et une multitude d’autres mets.

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Léa Barnabé dispose ses poutines du jour de l'an dans un plat avant de les mettre au congélateur.

Photo : Radio-Canada

À la demande de sa fille, Léa Barnabé a d’ailleurs retranscrit, à la main, des centaines de ses recettes dans un livre. « Ma fille a imprimé tout le livre, puis elle a demandé à ses frères et soeurs de mettre leurs recettes favorites dans le livre aussi. Puis j'ai même les recettes de ma mère qu'elle a écrites à la main », explique-t-elle fièrement.

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Léa Barnabé a écrit toutes ses recettes à la main, qu'une de ses filles a ensuite imprimées afin d'en faire un livre à partager dans la famille.

Photo : Radio-Canada

Si ses enfants tiennent à reproduire les saveurs avec lesquelles ils ont grandi, Léa Barnabé note qu'ils aiment aussi les améliorer. « Je pense qu'ils font les recettes traditionnelles encore, mais ils ont élaboré leur cuisine parce qu'ils vont sur Internet et... tu peux avoir la cuisine Thaï, etc. Ça fait qu'ils expérimentent beaucoup plus que moi », explique-t-elle.

Un traditionnel revisité

Cette tendance à une sophistication des recettes traditionnelles est constatée par le professeur de sociologie à l’Université de Saint-Boniface, Paul Brochu.

« On redéfinit les anciennes recettes si vous voulez. C’était de la nourriture pour répondre aux besoins de familles nombreuses. Les familles sont beaucoup moins nombreuses, donc on peut aller chercher plus du côté de la qualité maintenant. C’était vraiment une fonction de nourrir. Maintenant on veut goûter ».

Il souligne que de nombreuses personnes vivent seules aujourd’hui et que « ces personnes-là vont peut-être avoir tendance à acheter des choses toutes faites ou à aller au restaurant ».

Malgré tout, si l’on cuisine moins dans certaines familles, il affirme qu’il existe simultanément un regain d’intérêt pour une cuisine raffinée, dont les caractéristiques traditionnelles ou artisanales plaisent beaucoup.

« On cuisine moins, mais quand on le fait, on le fait bien. »

— Une citation de  Paul Brochu, professeur de sociologie à l'Université de Saint-Boniface

Paul Brochu note que l’alimentation fait partie de l’identité. À l’ère de l’individualisme et d’une plus grande éducation des peuples, elle occupe donc une place importante.

« Ça fait partie de la valorisation individuelle, c’est une partie de l’identité, l’alimentation. »

— Une citation de  Paul Brochu, professeur de sociologie à l'Université de Saint-Boniface

C’est exactement ce qui pousse Réal Curé, cuisinier pour le traiteur Chez Mémère, à revendiquer la valorisation des recettes canadiennes-françaises. Dans sa cuisine, Réal Curé concocte des tourtières, des boulettes de viande, de la vinaigrette à l’érable, mais aussi des tartes au sirop d’érable.

« Je trouve que nous, les francophones, on valorise pas assez ces mets-là », déplore-t-il. La période des fêtes est faste, selon lui, car les gens recherchent ce type de recette à ce moment de l’année, mais cela pourrait aussi être davantage le cas au quotidien.

Il affirme que les plats traditionnels ont beaucoup de succès, d’autant plus si on les adapte aux exigences contemporaines, dit-il, en expliquant qu’il veille à ce que certains de ses plats puissent être congelés.

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Réal Curé fait ses tourtières à Saint-Pierre-Jolys.

Photo : Radio-Canada

Pour s'assurer de faire vivre ses recettes, il les propose dans les écoles de la région où elles ont beaucoup de succès, d’après lui. « C’est les écoles que je vise parce que les [élèves des programmes d'] immersion veulent apprendre ce que c’est la culture canadienne-française, alors pourquoi pas le faire à travers la nourriture? », demande-t-il.

La cuisine traditionnelle ne devrait donc pas sombrer dans l’oubli, parce qu’au fond, « on veut toujours retourner à la recette de mémère », affirme Réal Curé en souriant.

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