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Le BAPE encore incapable de se prononcer sur la chasse au phoque à l’île Brion

Le cheptel de phoques gris près de l'île Brion, une réserve écologique au large des îles de la Madeleine.

Le cheptel de phoques gris près de l'île Brion, une réserve écologique au large des îles de la Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les chasseurs de phoque des Îles-de-la-Madeleine, qui réclament depuis plusieurs années le droit de chasser à l'île Brion, devront s'armer de patience. Incapable de se prononcer pour le moment, le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) demande au gouvernement d'approfondir les recherches avant de permettre ou non la chasse au phoque gris sur les plages de ce territoire protégé.

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, qui était chargé d’analyser la situation et d’offrir ses recommandations, conclut que les données actuelles sont insuffisantes pour prendre une décision éclairée.

La consultation publique sur la réserve écologique de l'Île-Brion des Îles-de-la-Madeleine, présidée par Marie‑Hélène Gauthier, s’était arrêtée à Cap-aux-Meules, à Grosse-Île et à Québec.

Les intervenants madeliniens qui y ont été entendus avaient alors d’une seule voix réclamé que soient allégées les règles s’appliquant à l’île Brion et interdisant aux chasseurs de phoque d’y exercer leur gagne-pain.

Plus d'études demandées

Pour le BAPE, toute modification de la réglementation qui interdit la chasse au phoque gros doit « être établie sur la base de données scientifiques rigoureuses, actuellement incomplètes ».

L’organisme public recommande donc au ministère de l’Environnement de réaliser des études exhaustives sur les écosystèmes qui pourraient être affectés par un changement de législation.

Pour les chasseurs, l’augmentation importante du nombre de phoques gris dans le golfe du Saint-Laurent et plus particulièrement aux abords de l’île Brion affecte l’équilibre de l’écosystème.

Un argument qui ne convainc apparemment pas les responsables de la consultation.

La chasse pourrait être envisagée si, au terme de ces études, le phoque constituait effectivement une menace à l'intégrité écologique de l'aire protégée et que la chasse pratiquée selon des conditions établies permettait de contrôler la colonie sans porter préjudice aux objectifs de conservation, peut-on lire dans le communiqué du BAPE.

L’organisme craint aussi d’établir un précédent délétère au maintien des milieux naturels protégés au Québec.

Une décision de modifier le statut actuel de l’île Brion pourrait constituer un précédent et avoir des répercussions sur l’intégrité même du réseau d’aires protégées du Québec dans son entier, a affirmé Julie Olivier, porte-parole du BAPE.

Elle reconnaît sans hésitation que la population du phoque gris de l’Atlantique est en « forte croissance », mais s’en remet à l’analyse de Pêches et Océans Canada qui ne considère toutefois pas l’espèce en situation de surpopulation.

Un enjeu unificateur aux Îles

Sur Facebook, le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arsenau, a parlé d’un « jour sombre » pour sa circonscription. Il attribue au rapport du BAPE un « lourd penchant vers le statu quo ».

Pendant ce temps, le phoque gris continuera de proliférer et de perturber l'écosystème du golfe tandis que la relance de l'industrie du phoque reste freinée par des difficultés d'approvisionnement, avance le politicien péquiste.

Aux Îles-de-la-Madeleine, tant les chasseurs de phoque que les pêcheurs souhaitent un changement règlementaire.

Les nombreux pêcheurs de la région accusent la population grandissante de phoques d’endommager les équipements de pêche et de rendre plus difficile la pratique de leur métier.

Selon eux, les phoques, très voraces, empêcheraient aussi les stocks de morues de reprendre des proportions qui permettrait leur pêche.

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