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La photo de boudoir revue au goût du jour pour aider les femmes à s'accepter

Une femme en petite tenue, prenant la pose devant Fanny et Juliette, deux photographes françaises installées depuis quelques années à Toronto.

Juliette et Fanny, co-fondatrices de Scandaleuse Photography, veulent changer la représentation de la femme dans la société Torontoise.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Aminata Yade

Des photographes de Toronto lancent une campagne de sensibilisation sur Instagram et Facebook pour aider les femmes à mieux accepter leur corps. Juliette Capdevielle et Fanny Lelorrain utilisent la photo de boudoir comme moyen d'expression. Elles espèrent contribuer à changer l'image de la femme dans la société.

Leur campagne The Unstoppable rassemble une dizaine de femmes vivant à Toronto. À travers la photo de boudoir, elles espèrent changer les mentalités et faire passer un message fort : les femmes ne doivent plus se soucier de l’opinion des autres.

Ce type de photo, mêlant charme et sensualité, est encore peu connu du grand public, mais attire de plus en plus les femmes de Toronto.

Le concept implique de travailler avec madame Tout-le-Monde, et non avec un modèle expérimenté.

Il n’y a pas besoin d’avoir un corps de mannequin pour faire de la photo de boudoir, dit la cofondatrice de Scandaleuse Photography, Fanny Lelorrain.

Une jeune femme qui tient un reflector. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

«Pas besoin d'avoir une taille mannequin pour pouvoir faire du boudoir» affirme Fanny Lelorrain de Scandaleuse Photography.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Installée il y a cinq ans dans la Ville Reine, elle a monté son entreprise avec Juliette Capdevielle.

Avec ce concept, venu tout droit de France, elles veulent aider les femmes à se réconcilier avec leur physique.

Une jeune femme qui prend une photo.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

«Avec le boudoir, on est un peu obligé de s'assumer» dit Juliette Capedevielle de Scandaleuse Photography.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

On encourageait constamment les femmes à se sentir bien dans leur peau, à s’accepter telles qu’elles le sont, explique Juliette Capdevielle. En lingerie ou nue, on est vulnérable. On ne peut pas se cacher derrière quelque chose et on est un peu obligée de s’assumer comme on est.

Les deux photographes ont déjà travaillé avec une trentaine de femmes, toutes désireuses de franchir un nouveau cap dans leur vie.

Deux femmes : l'une prend des photos et l'autre prend la pose devant l'objectif.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Juliette et Fanny se coordonnent pour montrer la prochaine pose que leur modèle devra faire.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Selon elles, l’impact d’une séance boudoir est beaucoup plus important que ce qu’on pourrait penser.

Une revanche sur la vie

D’après Juliette Capdevielle, il y en a qui divorcent, d’autres qui se marient. C’est une sorte de célébration de soi.

Ce sont des femmes qui arrivent à une étape décisive dans leur vie.

Juliette Capdevielle - cofondatrice de Scandaleuse Photography

Ammy Matte, un des modèles, a longtemps été critiquée pour ses rondeurs.

une femme en sous-vêtements. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« C'est toujours bien d'immortaliser et de célébrer le corps dans lequel vous êtes » dit Ammy Matte.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Elle parle de plusieurs hommes qui l’ont souvent fait douter de sa beauté ou des médias qui renvoient toujours les mêmes images, celles de la femme parfaite.

Pour moi, le seul moyen de supprimer les messages négatifs, c’est de véhiculer justement des messages positifs, explique-t-elle.

Ammy Matte, un modèle photo anonyme.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« C'est important de montrer que toutes les femmes sont fortes» dit Fanny Lellorain de Scandaleuse photography.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Mme Matte ajoute que la perception de soi est importante pour faire changer les choses : Je me trouve belle et je veux que tout le monde le sache..

Pendant une heure et demie, elle a enfilé de petites tenues et enchaîné les poses lascives sous l’objectif des deux photographes.

Une femme pose torse nu devant une fenêtre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

«Poser pour Scandaleuse Photography me rappelle à quel point je suis magnifique» dit Ammy Matte.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Elle dit qu’elle ne pensait pas un jour pouvoir faire ce genre de photos, jusqu’à ce qu’elle tombe sur les clichés de Scandaleuse Photography sur Instagram.

Mme Matte raconte que des femmes épanouies, libres, mais surtout bien dans leur peau lui ont donné envie de passer ce cap.

La femme, encore victime de son image

Il n’y a rien de mal à montrer une femme en lingerie, soutient Fanny Lelorrain. La jeune photographe regrette que l’image de la femme soit encore mal utilisée dans la société.

Elle dit qu’il leur est arrivé plusieurs fois d’être boycottées sur les réseaux sociaux parce que certains utilisateurs dénonçaient un style de photo pornographique.

On a même été bannies 48 h de Facebook alors qu’on ne fait pas de porno, mais du boudoir, ça n’a rien à voir,dit-elle.

Deux jeunes femmes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fanny et Juliette, font un point sur leur séance photo avec Ammy Matte.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Mme Lelorrain regrette que les mamelons des femmes soient encore sujets de polémique alors que ce n’est pas le cas quand il s’agit des hommes.

Il faut arrêter de sexualiser le corps de la femme.

Fanny Lelorrain, cofondatrice de Scandaleuse Photography.
Trois femmes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

«On en avait aussi marre que les femmes se cachent. Peu importe leur type de corps, on voulait que toutes les femmes se sentent très bien dans leur peau» dit Juliette Capedevieille de Scandaleuse photography.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Elles soutiennent que même si on est en 2018, il y a toujours des problèmes d’images.

Mme Lelorrain affirme que dans les publicités on voit toujours que la femme est censée être très fine, la femme parfaite, la femme-objet est toujours là, même si on voit des campagnes de pub qui sont faites avec des types de corps différents les uns des autres

Elle pense que c’est encore très ancré dans notre société.

une femme torse nue, regardant une fenêtre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le modèle photo, Ammy Matte, prend la pose devant une fenêtre pour Fanny Lelorrain et Juliette Capedevieille, de Scandaleuse photography.

Photo : Radio-Canada / Aminata Yade

Certaines féministes, comme la fondatrice de l’organisme Ô'fem, Christelle Germelus, pense que ce type de photos proposées par la campagne The Unstoppable est surtout un art qui peut avoir un effet positif sur les internautes.

Ces femmes ressemblent à celles que l’on voit tous les jours,ajoute-t-elle.

Ces femmes réussissent à montrer leur confiance et à l’exprimer de manière artistique, c’est fort dit Isabelle Dufresne-Lieniert, même si selon elle il est encore difficile d’accepter ce genre de photos sur les médias sociaux quand il ne s’agit pas de célébrités.

Christelle Germelus avance toutefois qu’il doit y avoir d’autres moyens pour avoir confiance en soi et ce n’est pas indispensable de voir la femme se dénuder pour faire passer le même message.

Quand les hommes sont vulnérables, ils ne sont plus à l’aise

Les deux photographes disent que les hommes sont aussi très soucieux de leur image.

Ils sont moins confiants, dit Fanny Lelorrain. On le voit dans les mails qu’on reçoit, ils ont toujours beaucoup de questions.

Elle dit qu’eux aussi doivent apprendre à se réconcilier avec leur image et que beaucoup croient qu’il faut avoir des abdos et des muscles pour pouvoir faire des photos de boudoir.

Selon Juliette Capdevielle, ils ont beaucoup plus de mal que les femmes à se prêter au jeu.

Elles espèrent pouvoir collaborer plus souvent avec la gent masculine.

En attendant, leur projet The Unstoppable sera diffusé début janvier sur Instagram et Facebook.

Toronto

Égalité des sexes