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La scierie Boisaco traite le bois brûlé de Labrieville

Une chargeuse empile du bois dans la cour de l'usine.

L'usine de sciage mélange le bois touché par le feu avec le bois sain pour s'assurer de produire des copeaux de bonne qualité.

Photo : Radio-Canada

Gilles Munger

La coopérative Boisaco de Sacré-Coeur doit s'adapter à une récolte de bois bien particulière cette année. Les 140 employés de la scierie traitent actuellement les tiges d'arbres abîmés par un grand feu de forêt.

Un million de mètres cubes de bois ont été endommagés par un feu cet été dans le secteur de Labrieville, sur la Côte-Nord. La coopérative et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs se sont entendus pour récupérer de 200 000 à 250 000 mètres cubes de ce bois.

Production plus complexe

Le principal enjeu à l'intérieur de l'usine est de s'assurer que les copeaux destinés aux usines à papier ne sont pas contaminés par le carbone. L'écorceur doit enlever toute trace du feu.

Il y a beaucoup de carbone sur la surface des billes. Donc, à l'écorçage, il faut venir extraire tout ce carbone-là.

Éric Gravel, surintendant de la scierie Boisaco
Piles de bois dont les tiges sont noircies en surface par le feu.

Les billes de bois sont saines, mais l'écorce est contaminée par le carbone.

Photo : Radio-Canada

Les tiges d'arbres complètement nettoyées sont empilées dans la chaîne de montage avant d'être sciées.

Une fois sorties de l'écorceur, les billes de bois doivent être exemptes de toute trace de carbone.

Photo : Radio-Canada

Actuellement, le bois entre dans la scierie recouvert de neige, ce qui élimine la poussière de carbone. Ce sera plus compliqué l'été prochain. Il faudra arroser les tiges pour la santé des travailleurs et pour éviter des incendies dans les boîtes électriques de l'usine de sciage.

Machinerie forestière

En forêt, les bûcherons doivent couper seulement des tiges bien cylindriques, dans un parterre de coupe où le bois était encore jeune. Les filtres à air des machines sont rapidement bouchés par la poussière de carbone.

Ça fait deux ou trois débuts d'incendies qu'on a. Les entrepreneurs ont appris là-dedans, ça fait qu'il y a une méfiance et un entretien préventif beaucoup plus important au niveau des machines.

Benjamin Dufour, directeur des opérations forestières
Deux machines sont à pied d'oeuvre dans un parterre de bois brûlé.

La poussière de carbone complique le travail des propriétaires d'abatteuses.

Photo : Boisaco

Les dirigeants de la scierie Boisaco se donnent environ un an pour traiter tout le bois brûlé parce qu'après, les insectes auront commencé à nuire à sa qualité. Pour compenser les pertes, Québec demandera environ 4 $ du mètre cube de bois en redevances, soit la moitié du coût habituel.

On n'a pas le choix de faire l'effort de récolter parce que c'est quand même des volumes qui vont disparaître, sinon qui vont être perdus à jamais.

Steeve Saint-Gelais, président de Boisaco

Saguenay–Lac-St-Jean

Industrie forestière