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L’administration fédérale américaine est partiellement paralysée

L'édifice du Capitole, sous les nuages, à l'aube.

Les négociations sur la loi budgétaire d'urgence devraient se poursuivre durant la nuit.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Radio-Canada

Une partie de l'administration fédérale aux États-Unis est paralysée depuis minuit. La Chambre des représentants et le Sénat ont tous deux ajourné, vendredi soir, leurs séances jusqu'à samedi midi, rendant donc impossible un compromis acceptable au Congrès sur la loi budgétaire avant cette heure fatidique.

Les deux chambres du Congrès doivent s’entendre sur le même texte législatif pour que la loi soit adoptée.

La balle est actuellement dans le camp du Sénat, qui doit décider s'il accepte telle quelle la loi budgétaire adoptée jeudi soir par la Chambre des représentants. Si ce n'est pas le cas, la loi modifiée par le Sénat devra retourner à la Chambre pour approbation.

Mais si elle est acceptée par au moins 60 sénateurs, la loi sera alors soumise à l'approbation du président Trump. Un vote des sénateurs en faveur de la loi nécessitera l'appui de plusieurs démocrates ou des deux indépendants qui s'entendent habituellement avec eux.

« Des débats constructifs sont en cours », a assuré le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avant de quitter le Capitole.

En fin de journée vendredi, le Sénat s'était d'abord prononcé en faveur de la tenue d'un vote sur cette loi budgétaire. Le vote du vice-président Mike Pence a changé la donne, produisant 48 votes pour et 47 contre.

« Le Sénat a accepté de procéder [au vote] afin que les démocrates et la Maison-Blanche aient la plus grande flexibilité possible pour continuer de négocier », a affirmé Mitch McConnell.

J'espère que les démocrates du Sénat travailleront avec la Maison-Blanche sur une entente qui peut recevoir l'aval des deux chambres du Congrès ainsi que celui du président.

Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat

La loi budgétaire, qui doit garantir le financement de l'administration fédérale jusqu'au 8 février, comprend une somme de 5 milliards de dollars américains pour la construction du mur le long de la frontière avec le Mexique, comme l'exige le président Donald Trump.

Les représentants républicains, qui contrôlent la Chambre pour encore quelques jours, ont accepté d'inclure cette somme après que le président Trump eut assuré qu'il ne signerait pas une loi qui n'en tiendrait pas compte. Les élus démocrates, eux, tiennent mordicus à bloquer le financement de ce mur.

Des négociations sont donc en cours afin que les leaders démocrates trouvent un terrain d'entente avec la Maison-Blanche.

Comme la loi budgétaire n'a pas été adoptée avant minuit, 25 % de l'administration fédérale américaine cessera d'être financé (shutdown), soit neuf départements et plusieurs agences. Au total, 420 000 employés nécessaires au bon fonctionnement de l'État devraient continuer de travailler sans être payés aux échéances habituelles.

Ce sera la troisième fois cette année que l'administration fédérale américaine sera paralysée, une première en 40 ans.

Trump prêt pour une longue paralysie

En matinée, Donald Trump avait rencontré des leaders républicains du Congrès, dont Mitch McConnell, pour discuter de la situation.

Commentant l’état des lieux quelques minutes plus tard, le président avait assuré qu’il était « totalement prêt pour une très longue paralysie de l'État », tout en disant espérer que cela soit évité. « Cela appartient aux démocrates. »

Il est possible que nous ayons une paralysie. Je dirais que les chances sont probablement très bonnes, parce que je ne pense pas que les démocrates se préoccupent beaucoup de cet enjeu [la sécurité aux frontières, NDLR].

Donald Trump, président des États-Unis

Lors d’un échange télévisé avec les deux leaders des minorités démocrates au Congrès la semaine dernière, M. Trump avait plutôt déclaré qu’il serait « fier de paralyser le gouvernement pour la sécurité aux frontières », et qu’il en assumerait l’entière responsabilité.

La perspective d’une paralysie du gouvernement semblait s’être éloignée plus tôt cette semaine après que la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, eut annoncé que le président cherchait d’autres façons d’obtenir les 5 milliards de dollars qu'il veut obtenir pour construire un mur à la frontière américano-mexicaine.

Le Sénat avait d’ailleurs adopté à l’unanimité mercredi une version de loi budgétaire qui ne comportait pas de crédits pour la construction du mur, mais un peu plus de 1 milliard pour la sécurité à la frontière. L’affaire semblait entendue.

Selon les médias américains, le président Trump a fait volte-face après avoir constaté que des commentateurs habituellement favorables à son administration l'accusaient d'avoir baissé pavillon devant les démocrates.

« Succombons-nous à la tyrannie des animateurs de radio? », s'est d'ailleurs demandé le sénateur républicain Bob Corker, vendredi. « Nous avons deux animateurs de radio qui influencent le président. C'est de la tyrannie, n'est-ce pas? »

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Associated Press, CNN, et Reuters

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