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L’avez-vous vu? Bienvenue au Parc pléistocène, et créer des personnes qui n’existent pas

Alain Labelle

Le projet de parc d'animaux disparus, tel le mammouth, avance en Russie, et grâce à des algorithmes d'apprentissage automatique, des scientifiques créent les portraits plus que réalistes de gens qui n'existent pas. Voici quelques nouvelles que vous auriez pu manquer dans les derniers jours.

1. Ces personnes n’existent pas

L’image source d'une personne réelle est jumelée aux caractéristiques faciales d'une autre personne. Agrandir l’image

L’image source d'une personne réelle (la rangée du haut) est jumelée aux caractéristiques faciales d'une autre personne (colonne de droite).

Photo : Nvidia

Le recours à l’intelligence artificielle (IA) permet maintenant de créer des portraits de personnes qui n’existent pas.

Les photos qui accompagnent ce texte ont été créées à partir d’algorithmes d’apprentissage automatique en seulement quelques minutes par des chercheurs de l’entreprise Nvidia.

Elles montrent à quel point la génération d'images d'IA à partir de réseaux neuronaux a progressé en seulement quatre ans. En 2014, une étude marquante à laquelle le Québécois Yoshua Bengio participait présentait le concept de réseaux adverses génératifs (RAG), une classe d'algorithmes d'apprentissage non supervisés.

Les images (en haut) créées par des chercheurs de Nvidia utilisent la même méthode de base, mais leur qualité est nettement plus grande. Ces portraits réalistes sont nés à la suite d’une modification de l'architecture de base des RAG.

Ces faux visages peuvent aussi être facilement personnalisés. Les ingénieurs de Nvidia ont incorporé dans leur travail une technique connue sous le nom de transfert de style, dans lequel les caractéristiques d'une image sont mélangées avec une autre. Une technique de filtres d'images très populaires depuis les dernières années sur des applications comme Prisma et Facebook.

La capacité de créer de tels portraits n’est pas sans soulever des questions éthiques, bien au-delà de la mise au chômage des mannequins. Elle pourrait servir d’outil de mésinformation ou de propagande, sans compter qu’elle pourrait servir de preuve par l'image, et ainsi discréditer le système judiciaire ou le monde politique.


2. Un drone qui se faufile dans les trous

Un drone se faufile dans un trou.Agrandir l’image

L'engin pourra servir dans des missions de sauvetages.

Photo : Université de Zurich

Un drone capable de rétracter ses bras en vol pour être en mesure de s'introduire dans des espaces étroits et des trous a été créé par des ingénieurs suisses.

Portrait du drone.

Inspiré par les oiseaux, le drone es capable de replier ses ailes en vol pour franchir des passages étroits.

Photo : Université de Zurich

L’engin pourra, selon ses créateurs, servir dans des missions de sauvetage pour trouver des victimes de catastrophes ou encore pour inspecter des bâtiments endommagés après un tremblement de terre ou même pendant un incendie.

Inspiré par les oiseaux, qui replient leurs ailes en vol pour franchir des passages étroits, le nouveau drone peut se replier pour se faufiler à travers des brèches, puis reprendre sa forme initiale tout en continuant à voler. Il peut même tenir et transporter des objets.

Le chercheur Davide Falanga et ses collègues de l'Université de Zurich ajoutent que l’engin conserve un vol stable en toutes circonstances.

Ce quadrirotor est pourvu de quatre hélices tournant de manière autonome, montées sur des bras mobiles qui peuvent se replier autour du corps principal grâce à des servomoteurs.

Sa carte maîtresse est un système de contrôle qui s'adapte en temps réel à toute nouvelle position des bras, et ajuste la poussée des hélices en fonction du déplacement du centre de gravité.

La structure du drone reste à perfectionner. Ses créateurs veulent qu'il puisse se replier dans les trois dimensions. Ils veulent surtout développer des algorithmes qui le rendront complètement autonome, lui permettant de chercher des passages lors de catastrophes réelles et de choisir automatiquement la meilleure façon de les franchir.


3. Quand la chair de poule fait pousser les poils

Exemple de chair de poule.

Des poils hérissés sur la peau.

Photo : iStock

Les nerfs et les muscles qui causent la chair de poule stimulent également les cellules souches de la peau qui produisent des follicules pileux et font pousser les poils, ont découvert des chercheurs américains.

En outre, la chercheuse Ya-Chieh Hsu et ses collègues de l’Université Harvard affirment que la chair de poule peut aussi favoriser l'épaississement de la fourrure des animaux.

Sur la peau, ces nerfs, qui font partie du système nerveux sympathique contrôlant plusieurs processus biologiques automatiques, se trouvent à côté des cellules souches qui créent des follicules pileux.

Habituellement, les nerfs sont enveloppés d'un revêtement protecteur appelé myéline, comme un fil électrique recouvert de plastique. Mais les chercheurs ont constaté que les extrémités des nerfs sont dénudées là où ils rencontrent des cellules souches de follicule pileux, un peu à l’image des fils dénudés aux extrémités pour favoriser le contact avec des circuits électriques.

Les hommes atteints de calvitie manquent également de ces muscles dans leur cuir chevelu. Cette réalité laisse à penser que les nerfs sympathiques et les muscles qui causent la chair de poule peuvent également jouer un rôle important dans la survenue de la calvitie. Ainsi, la restauration de ces nerfs et de ces muscles entraînerait peut-être la repousse de nouveaux cheveux.


4. Un implant contre les fringales

Les chercheurs présentent leur implant.

Les chercheurs présentent leur implant.

Photo : Université du Wisconsin-Madison

Un petit dispositif implanté dans l’estomac court-circuite le désir de manger et aide à la perte de poids.

Ce nouvel outil sans pile est facile à implanter lors d’une procédure peu invasive, affirment ses créateurs, des ingénieurs de l'Université du Wisconsin-Madison.

Dans des tests menés en laboratoire, le dispositif de moins d'un centimètre de diamètre a permis à des rats de perdre près de 40 % de leur poids.

Cet appareil génère de petites impulsions électriques à partir des mouvements naturels de l'estomac et les transmet au nerf vague, qui relie le cerveau et l'estomac.

Cette douce stimulation trompe le cerveau en lui faisant croire que l'estomac est plein après seulement quelques bouchées de nourriture.

Contrairement au pontage gastrique, qui modifie de façon permanente la capacité de l'estomac, les effets de ce dispositif sont réversibles. Lorsque les chercheurs ont retiré les dispositifs après 12 semaines, les rats ont repris leurs habitudes alimentaires et retrouvé leur poids normal.


5. Des jeux vidéo à la réplication du cerveau humain

Les ingénieurs James C. Knight et Thomas Nowotny.

Les ingénieurs James C. Knight et Thomas Nowotny.

Photo : Université de Sussex

Du matériel informatique conçu à l'origine pour les jeux en 3D pourrait bien représenter la clé de la réplication du cerveau humain.

Des ingénieurs britanniques de l'Université du Sussex ont mis au point la simulation la plus rapide et la plus économe en énergie à ce jour d’une partie du cerveau d’un rat, à l’aide de matériel informatique de nouvelle génération optimisé notamment pour l’IA.

Les chercheurs ont ainsi battu l’un des meilleurs supercalculateurs du monde en effectuant des simulations cérébrales.

En mettant au point des simulateurs plus rapides et plus efficaces, les scientifiques espèrent accroître le niveau de compréhension des fonctions cérébrales et, en particulier, déterminer comment les dommages causés à certaines structures des neurones peuvent entraîner des déficits des fonctions cérébrales.

Des simulateurs plus rapides et plus perfectionnés pourraient aider à mieux comprendre les troubles neurologiques en identifiant les zones du cerveau qui causent les crises d'épilepsie.


6. Oubliez le Parc jurassique, voici le Parc pléistocène!

Représentation artistique de mammouths.

Représentation artistique de mammouths.

Photo : iStock / Aunt_Spray

L’idée n’est pas nouvelle, mais une équipe de scientifiques russes ont présenté leur projet cette semaine lors de la rencontre annuelle de l’Union américaine de géophysique. Ils entendent recréer les écosystèmes de l’ère glaciaire dans le nord-est de la Sibérie qui comptaient des prairies verdoyantes abritant de nombreuses espèces animales aujourd’hui disparues.

Leur objectif ultime : réintroduire des espèces de la mégafaune qui y vivaient il y a 20 000 ans, comme le mammouth, le rhinocéros laineux et le bison.

Pour le moment, les créateurs de ce parc animalier financent leur projet grâce à leurs propres fonds et à des campagnes de sociofinancement.

Ils affirment, grâce à leur projet, ralentir le processus des changements climatiques sur ce territoire, mais aussi sensibiliser la population au phénomène.

Il existe actuellement à cet endroit une réserve naturelle qui est aussi un centre d’études scientifiques. Elle s’étend sur environ 150 km carrés et est parcourue par des chevaux sauvages, des bisons, des boeufs musqués et des rennes.


7. Une espèce nommée en déshonneur de Donald Trump

Illustration de la nouvelle espèce à laquelle les cheveux de Donald Trump ont été ajoutés au montage.

Une illustration de la nouvelle espèce à laquelle les cheveux de Donald Trump ont été ajoutés au montage.

Photo : EnviroBuild

Un amphibien aveugle en forme de ver nouvellement découvert a été officiellement nommé Dermophis donaldtrumpi afin de souligner le déni du président américain en matière de reconnaissance du changement climatique.

La petite créature sans pattes d’une dizaine de centimètres a été découverte au Panama, et l’un de ses comportements distinctifs est qu’elle s’enfouit littéralement la tête dans le sable.

Son nom a été donné à la suite d’un encan durant lequel le président de l’entreprise EnviroBuild, Aidan Bell, a obtenu les droits pour la somme de 33 000 $. Par cette démarche pour le moins insolite, M. Bell espère sensibiliser le public au changement climatique.

Cet argent a été remis à l'association caritative Rainforest Trust. Le nom doit encore être approuvé par la communauté scientifique pour être définitivement adopté.


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