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Détenu en Chine, l'ex-diplomate canadien Michael Kovrig serait privé d'avocat

Gros plan d'un homme blanc
L'ex-diplomate canadien Michael Kovrig travaille pour l'International Crisis Group depuis février 2017. Photo: International Crisis Group

Selon des sources au courant des conditions de détention de Michael Kovrig, les autorités chinoises lui auraient refusé le droit de consulter un avocat et le questionneraient trois fois par jour. La Chine, de son côté, dit garantir à l'ex-diplomate canadien un traitement humanitaire et conforme à la loi.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Des informations émergent quant au sort réservé par Pékin à Michael Kovrig, qui est détenu depuis le 10 décembre à un endroit indéterminé en territoire chinois. Cette affaire qui envenime les relations sino-canadiennes est survenue dans la foulée de l'arrestation, au Canada, de Meng Wanzhou, numéro 2 du géant chinois des télécommunications Huawei.

En ce qui a trait à Michael Kovrig, une source citée sous le couvert de l'anonymat par Reuters, Bloomberg et CBC soutient que l'ex-diplomate serait dans l'incapacité de demander une libération sous caution et ne pourrait consulter un avocat. M. Kovrig n'aurait droit qu'à une visite consulaire par mois et ne pourrait voir des membres de sa famille ou des proches.

De plus, selon la même source, le prisonnier canadien serait questionné matin, midi et soir et n'aurait jamais la possibilité de fermer les lumières la nuit.

Il [Michael Kovrig] se porte bien, mais il est fatigué et stressé. Physiquement, il ne semble pas avoir été maltraité.

Une source au courant du dossier de Michael Kovrig

Deux autres personnes, qui ont également requis l'anonymat, ont corroboré ces dires. En vertu de ces informations, transmises tout récemment, Michael Kovrig serait confiné dans une seule pièce, mais il demeurerait lucide.

À part Michael Kovrig, qui agissait comme consultant auprès de l'International Crisis Group (ICG) au moment de son arrestation, un autre Canadien est détenu en Chine : l'homme d'affaires Michael Spavor. Aucune information n'a filtré au sujet du traitement réservé à ce dernier.

La Chine dit soupçonner MM. Kovrig et Spavor d'activités ayant mis en danger la sécurité du pays.

Michael [Kovrig] n'a pas eu accès à ses avocats. Cette arrestation est injustifiée.

Hugh Pope, directeur du ICG, employeur de Michael Kovrig, dans un courriel à CBC

Aucun lien apparent entre les affaires Meng, Kovrig et Spavor

À de nombreuses reprises, les autorités canadiennes ont affirmé qu'elles ne voyaient pas de lien apparent entre l'arrestation de Mme Meng, fille du fondateur de Huawei, et les détentions de MM. Kovrig et Spavor.

Cependant, des diplomates occidentaux basés à Pékin, de même que d'anciens diplomates canadiens, disent croire que la Chine a arrêté les deux Canadiens en guise de représailles après l'arrestation de Meng Wanzhou, le 1er décembre dernier.

Le soir, un drapeau du Canada et un drapeau de la Chine flottent côte à côte sur un lampadaire allumé.Les drapeaux canadien et chinois côte à côte. Photo : Getty Images / Lintao Zhang

Effectuée par la police canadienne à la demande des États-Unis, cette arrestation survient dans une période de litige commercial entre Washington et Pékin. Actuellement en liberté surveillée au Canada, la haute dirigeante de Huawei fait face à une demande d'extradition de la part des États-Unis qui souhaitent lui faire subir un procès pour fraude.

La Chine dit accorder « l'aide nécessaire »

Vendredi, alors qu'elle était questionnée sur le sort réservé aux Canadiens emprisonnés, la porte-parole des Affaires étrangères de la Chine, Hua Chunying, a déclaré que le Canada s'était vu accorder « l'aide nécessaire » pour obtenir l'accès consulaire.

Michael Kovrig aurait pu rencontrer l'ambassadeur canadien en Chine, John McCallum, durant une demi-heure.

« Je ne sais pas d'où vous tenez les informations relatives au soi-disant traitement [de Michael Kovrig], a dit la porte-parole chinoise. Est-ce vraiment cette situation qu'il vit? »

Vous semblez très préoccupé du traitement réservé à Michael Kovrig. Mais je ne sais pas si vous avez porté attention au traitement, ou aux droits de la personne, de la citoyenne chinoise qui a été illégalement détenue au Canada à la demande des États-Unis?

Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Chine

Arrêté le soir, dans une rue de Pékin

Bien qu'on ne puisse établir de liens clairs entre les cas de Michael Kovrig et Michael Spavor, il appert que les deux hommes appartiennent à une petite communauté d'experts, spécialistes des liens unissant la Chine à la Corée du Nord. Ils ont été arrêtés le même jour. Dans le cas de Michael Kovrig, la source bien au fait de l'affaire affirme qu'il a été appréhendé dans une rue de Pékin en fin de soirée, le 10 décembre.

Les conditions de détention de Michael Kovrig ne sont pas sans rappeler celles subies par un couple de Canadiens, Julia et Kevin Garratt, qui géraient un café dans le nord-est de la Chine avant d'être emprisonnés en 2014 par le ministère chinois de la Sécurité d'État. Le couple a raconté avoir été soumis à des séances d'interrogation de six heures chaque jour, à une lumière fluorescente constante, à l'impossibilité de consulter un avocat et à des visites consulaires mensuelles durant lesquelles il leur était interdit de discuter de leur cas.

Julia Garratt a finalement été libérée sous caution en 2015 et son mari a recouvré sa liberté plus d'un an plus tard.

Avec les informations de Reuters, CBC, et Bloomberg

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