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Maladie débilitante chronique : les 2787 cerfs de Boileau ont été abattus

Plusieurs cerfs dans un enclos.

L'élevage de cerfs rouges à Grenville-sur-la-Rouge, dans les Laurentides

Photo : Radio-Canada

Pascal Gervais

La dernière bête du cheptel de 2787 cerfs rouges des Fermes Harpur de Grenville-sur-la-Rouge, où a été détectée pour la première fois au Québec la maladie débilitante du cervidé, a été abattue.

Après la découverte du premier cas positif à la mi-septembre, l'entreprise a abattu son dernier animal mardi, selon Denis Ferrer, directeur de l'entreprise les Cerfs de Boileau, une filiale des Fermes Harpur, dans les Laurentides.

L’année prochaine, ça aurait fait 25 ans, nous avions une très belle notoriété au niveau de la restauration, a-t-il raconté. C'est quand même 25 ans d'effort, une belle notoriété, une fin aussi brutale, aussi rapide, c'est en dehors de nos plans, on projetait même de bâtir une quatrième ferme.

La découverte d'un cas de maladie débilitante chronique du cervidé a entraîné un abattage accéléré durant tout l'automne afin d’éviter que la maladie ne se propage parmi les cerfs de Virginie sauvages.

Nous étions organisés pour faire entre 70 et 120 coupes par semaine, mais on en a abattu jusqu'à 400, même 500 par semaine. On a dû en congeler pas mal.

Denis Ferrer, directeur de l'entreprise Cerfs de Boileau

M. Ferrer croyait au départ pouvoir sauver une partie du troupeau, mais l'Agence canadienne d'inspection des aliments a refusé cette option. Une demande a aussi été faite pour préserver le sperme de certains des cerfs, ce qui a également été refusé par l'Agence.

En fait, on ne sait pas trop pourquoi ça a été refusé. C'était surtout pour éventuellement préserver cette génétique-là, c'est une génétique d'exception dans le monde des cervidés, tout le monde avait entendu parler de nous autres-là, a déploré l'éleveur.

Je ne suis pas sûr que du point de vue scientifique, la recherche est assez avancée pour savoir ce qui s'est passé et est-ce que ça pourrait causer des problèmes de garder des semences, c'est assez difficile, il n'y a pas vraiment de résultats qui ont été trouvés.

Denis Ferrer, directeur de l'entreprise les cerfs de Boileau

Au total, 11 bêtes porteuses de la maladie ont été détectées depuis le début de la crise. Selon M. Ferrer, qui ne comprend toujours pas comment la maladie a pu s'introduire dans sa ferme, les bêtes infectées se trouvaient toutes dans le même enclos.

L’abattoir menacé de fermeture

La maladie débilitante chronique des cervidés menace aussi sérieusement la rentabilité des opérations du seul abattoir d’importance dans la région, Les viandes de la Petite Nation, qui appartient aussi à M. Ferrer.

Pour ce dernier, l’exploitation de l’abattoir et de sa salle de découpe ne sera simplement plus rentable s’il devait abattre uniquement les bêtes envoyées par les autres éleveurs.

Un abattoir, il faut qu'il y ait un certain volume pour que ça soit rentable. S'ils nous on enlève notre activité principale, il faut qu'on trouve quelque chose pour remplacer ça, ça va être les démarches des prochains mois, trouver quelque chose qui permettra de continuer à fonctionner, a fait valoir M. Ferrer.

Des mesures pour contrer la propagation de la maladie

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) va présenter en janvier un plan de décontamination au propriétaire des Fermes Harpur, qui devrait débuter dès le printemps.

La prochaine étape va être de présenter un plan de décontamination au producteur pour qu'il fasse la désinfection des lieux, donc l'élimination des déchets qui sont contaminés, les endroits qui ne peuvent être lavés puis désinfectés. Le sol va être raclé — environ 10 cm de sol qu'il faut retirer, ça va être envoyé dans un site d'enfouissement, a expliqué El Mehdi Haddou, vétérinaire de l’ACIA.

Le site au complet ne représente pas le même risque, on va être plus exigeant dans les endroits où les animaux malades ont résidé.

El Mehdi Haddou, vétérinaire de l’ACIA

Questionné sur la préservation des semences des cervidés, le vétérinaire de l’ACIA a expliqué qu'il y a un précédent en la matière.

On gère vraiment le risque. Il y a une étude scientifique, ils ont trouvé du prion dans la semence d'animaux atteints de la maladie. En ayant cette information, on ne peut permettre que cette semence reste en circulation vu que le troupeau est positif, a précisé M. Haddou.

Les cervidés sauvages

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a poursuivi durant tout l’automne l’analyse des cervidés sauvages qui se trouvaient autour de la ferme d'élevage.

Les employés du ministère ont abattu 535 cerfs sauvages dans la zone d’intervention contrôlée afin de vérifier s’il y a eu propagation de la maladie en dehors de la ferme d’élevage. Aucun cas de maladie débilitante chronique n'a été détecté dans les cervidés sauvages.

Ça va prendre quelques années avant que nous revoyions une population comme elle était avant que tout ça ne survienne, mais pour le ministère, ce n’est pas nécessairement une source d’inquiétude, mais évidemment, il faudra laisser un peu de temps à la nature, a expliqué Nicolas Bégin, porte-parole du MFFP.

Cette opération-là, ce n’est pas de gaieté de coeur que nous l’avons fait, mais elle était nécessaire. C’était la seule façon de valider s’il y avait propagation de la maladie dans la faune sauvage.

Nicolas Bégin, porte-parole du ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs

Le ministère avait reconnu qu’il serait difficile d’éliminer la maladie une fois introduite dans la faune.

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