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Erdogan veut éliminer djihadistes et miliciens kurdes de Syrie, une fois les Américains partis

Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan discutent.

Les présidents américain et turc, Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan, lors d'une rencontre au quartier général de l'OTAN, le 11 août 2018, à Burxelles.

Photo : La Presse canadienne / AP/Pool/Tatyana Zenkovich

Agence France-Presse

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis jeudi d'éliminer les djihadistes et les milices kurdes du nord de la Syrie après le retrait des troupes américaines, alors qu'un responsable kurde a mis en garde contre les risques du désengagement de Washington.

Si l'annonce de l'imminent retrait des quelque 2000 soldats américains stationnés dans le nord de la Syrie a désarçonné les alliés de Washington dans la lutte contre le groupe armé État islamique (EI), elle a été accueillie avec un certain soulagement par la Turquie, excédée par le soutien que ces troupes apportent aux milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) qu'elle considère comme « terroristes ».

Saluant « avec une certaine prudence » l'annonce faite mercredi par son homologue américain Donald Trump, M. Erdogan a assuré lors d'un discours à Istanbul que son pays tâcherait « d'éliminer les YPG et les résidus de Daech (EI) », dans le nord de la Syrie.

Il a toutefois affirmé qu'il avait décidé, à la lumière de la décision américaine et d'un entretien téléphonique le 14 décembre avec M. Trump, de surseoir dans l'immédiat à l'offensive qu'il prévoyait lancer dans le nord de la Syrie contre les YPG, alliés de Washington dans la lutte contre l'EI.

Ce sursis ne sera pas évidemment pour une période indéfinie. En attendant, nous allons élaborer des plans pour éliminer les éléments de l'EI qui seraient toujours en Syrie, conformément à ce qui a été convenu lors de mon entretien avec le président Trump.

Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie

Selon le quotidien turc Hürriyet, M. Trump a pris la décision de retirer ses troupes de Syrie lors de cet entretien téléphonique après que M. Erdogan s'est engagé à poursuivre la lutte contre les djihadistes.

Quelque 2000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre l'EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux djihadistes.

Traversées par de fortes tensions notamment en raison du soutien américain aux YPG, les relations entre la Turquie et les États-Unis, deux alliés au sein de l'OTAN, semblent sur la voie de la détente depuis plusieurs semaines.

« Nous devons coordonner ce retrait avec les États-Unis. Nous sommes déjà en contact à plusieurs niveaux », a déclaré vendredi le chef la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu.

Les Kurdes craignent de ne « plus maîtriser la situation »

Si Ankara voit d'un bon oeil le prochain retrait américain, la coalition à dominante kurde, qui sert de fer de lance sur le terrain dans la lutte contre l'EI, a averti qu'il pourrait avoir de graves conséquences.

« Ce sera difficile de combattre le terrorisme parce que nos forces seront obligées de se retirer des lignes de front [dans la province] de Deir Ezzor [dernier bastion de l'EI, NDLR], pour prendre position sur la frontière avec la Turquie pour contrer toute éventuelle attaque », a déclaré à Paris Ilham Ahmad, une des responsables de l'appareil politique de cette coalition connu sous l'acronyme de FDS et dont les YPG constituent l'épine dorsale.

Mme Ahmad a aussi agité la menace de la libération de centaines de djihadistes étrangers détenus par les FDS actuellement pour faire pression sur les Occidentaux afin qu'ils ne lâchent pas les FDS face à la Turquie.

« Nous craignons de ne plus maîtriser la situation et qu'il soit difficile pour nous de les garder dans une localité déterminée » en cas d'offensive turque, a souligné Mme Ahmad.

Le sort des djihadistes étrangers détenus en Syrie est un vrai casse-tête pour les nombreux pays d'origine de ces prisonniers, qui ne souhaitent pas leur libération, mais ne souhaitent pas non plus les récupérer sur leur sol, offrant ainsi à leurs geôliers un levier diplomatique important.

Outre la consternation des alliés de Washington au sein de la coalition antidjihadiste, la décision de M. Trump a suscité des remous au sein de sa propre administration.

Le chef du Pentagone Jim Mattis a ainsi brutalement annoncé jeudi sa démission de l'administration Trump, affichant son désaccord avec la nouvelle stratégie de la Maison-Blanche marquée par le retrait des troupes de Syrie et la préparation d'un désengagement partiel d'Afghanistan.

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