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Pénurie de main-d'œuvre : le Diocèse de Québec recrute des prêtres à l'étranger

Le prêtre de la paroisse Notre-Dame-de-Foy, Gustave Nsengiyuma
Le prêtre de la paroisse Notre-Dame-de-Foy, Gustave Nsengiyuma Photo: Radio-Canada/Jean-François Nadeau
Jean-François Nadeau

La pénurie de personnel vécue dans les entreprises de la région de Québec se vit aussi au sein de l'Église catholique. Le manque de prêtres au diocèse de Québec, comme ailleurs dans la province force l'Église à recruter de plus en plus à l'étranger.

La paroisse Notre-Dame-de-Foy, par exemple, compte des prêtres originaires du Rwanda, du Cameroun et un diacre de Colombie.

L'abbé Bernard Duquette, qui a lui-même travaillé en Afrique et en Amérique latine, voit en eux la possibilité d'un renouveau à la fois pour l'Église et la société québécoises. Ils permettent aussi aux fidèles de s'ouvrir sur les réalités des autres pays.

« Ces gens-là nous permettent de faire l'équilibre, de "péter notre bulle", qu'on se fait autour de nos sociétés qui nous rendent un peu étanches à ce qu'on voit à l'extérieur, explique Bernard Duquette [...] ils nous rappellent qu'on est tous frères et soeurs en humanité. »

Une messe à l'église Sainte-Geneviève, à Sainte-Foy.Une messe à l'église Ste-Geneviève, à Ste-Foy. Photo : Radio-Canada/Jean-François Nadeau

Contrairement à d'autres endroits dans le monde, la ferveur religieuse est moins grande dans les églises du Québec, constate le vicaire Séraphin Guy Balla. Il est arrivé du Cameroun il y a 7 ans pour faire son doctorat en anthropologie.

« Quand on va dans beaucoup de paroisses dans mon diocèse à Yaoundé, des paroisses urbaines, c'est plein. On a 4,5,6,7 messes le dimanche », raconte-t-il.

Il y a de moins en moins de prêtres ordonnés dans les deux séminaires du Québec. Les diocèses recrutent donc à l'international. Sur les 333 prêtres du diocèse de Québec, 35 sont originaires de l'étranger. En 2009, ils étaient 8.

La situation se vit de façon encore plus importante ailleurs dans la province. Les diocèses de Gaspé et de Mont-Laurier, par exemple, comptent maintenant plus de prêtres venus d'ailleurs que de prêtres formés au Québec.

Les fidèles apprécient l'apport des prêtres recrutés à l'étranger. Photo : Radio-Canada/Jean-François Nadeau

Une présence appréciée

À la paroisse Notre-Dame-de-Foy, à Québec, les fidèles apprécient l'apport de ces célébrants venus d'ailleurs.

« Que ce soit un prêtre immigrant ou non, c'est la même religion. C'est la même chose. Ça ne dérange pas. C'est le même Dieu qu'on prie », affirme un fidèle, Marcel Verreault.

« C'est un peu un retour d'ascenseur parce qu'autrefois, on allait en mission pour évangéliser. C'est eux qui viennent nous évangéliser aujourd'hui. C'est excellent », ajoute une autre paroissienne, Suzanne Légaré.

Les fidèles qui proviennent de différentes communautés culturelles ajoutent également aux célébrations.

« On voit maintenant des Africains qui dansent aux offrandes, des Latinos qui frappent des mains. Les gens disent mon Dieu que c'est beau », raconte le prêtre Bernard Duquette.

Ces échanges permettent à tous de grandir.

« C'est ça qui est merveilleux avec le partage des cultures parce qu'avec le prêtre Gustave, on a appris à se calmer un peu, à prier tranquillement. C'est très bon. C'est un bel enrichissement de les avoir », souligne Suzanne Légaré.

« Moi, j'ai compris plus qu'auparavant l'importance de s'aimer malgré la différence des peuples. Juste voir comment j'ai été accueilli à Québec », conclut l'abbé Séraphin Guy Balla. Un message et des valeurs qu'il va véhiculer en cette période des fêtes.

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