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Coup d’oeil sur quatre magasins centenaires de Québec

Des têtes d'orignaux ornaient l'un des étages du magasin J.B. Laliberté, en 1941.
Des têtes d'orignaux ornaient l'un des étages du magasin J.B. Laliberté, en 1941. Photo: Radio-Canada / Courtoisie : Archives Laliberté
Radio-Canada

Au gré de balades dans la ville de Québec, on passe parfois devant certains magasins sans pour autant connaître leur histoire, qui peut remonter à plusieurs décennies. Regard sur quatre commerces qui ont tous déjà soufflé leurs 100 bougies.

Un texte d'Alice Chiche


L’épicerie J.A. Moisan : dans une machine à remonter le temps

La devanture du magasin J.A. Moisan photographiée pendant le temps des Fêtes.L'épicerie J.A. Moisan est située au 699, rue Saint-Jean, à Québec. Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Le bâtiment situé au 699 de la rue Saint-Jean a été construit en 1871. Le capitaine John Dick, chef du port de l'anse au Foulon de Québec, en est alors le propriétaire. C’est quelques années après que Jean-Alfred Moisan fait l'acquisition de l’immeuble, transformant le premier étage en une épicerie réputée.

Pour Clément St-Laurent, copropriétaire actuel, l’épicerie J.A. Moisan est « une institution ». C'est à l'âge de 15 ans que le petit gars de Rimouski, de passage à Québec lors d'une fin de semaine du Carnaval, tombe amoureux de ce lieu débordant d’histoire.

Il lui faudra quelques décennies avant de revenir à Québec pour réaliser son rêve, en 1999, et s'installer dans la bâtisse qui porte fièrement l’enseigne J.A. Moisan.

Québec, c’est rempli d’histoire [...] on ne peut pas oublier ça. Notre devise, c’est "Je me souviens"!

Clément St-Laurent
 Clément St-Laurent, copropriétaire de l'épicerie J.A. Moisan et de l'auberge, installé dans son salon consacré à l'histoire de ce bâtiment.Agrandir l’imageClément St-Laurent, copropriétaire de l'épicerie J.A. Moisan et de l'auberge, installé dans son salon consacré à l'histoire de ce bâtiment. Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Avec sa conjointe et son frère, il a redonné un souffle à cette épicerie chaleureuse, où l’on peut mettre la main sur des produits importés tout en trouvant des produits locaux venant de partout au Québec.

Les trois propriétaires ont également réaménagé la maison de J.A. Moisan, située au-dessus de l’épicerie, en une auberge de quatre chambres. Toute la décoration, de la tapisserie aux photos de la famille Moisan en passant par des fauteuils d’époque, transpire l’histoire des lieux.

« J’ai recréé cette ambiance-là, le décor, pour refaire l’histoire de Moisan », explique fièrement Clément St-Laurent, incollable sur l’histoire de cette famille qui a mis sur pied l’épicerie.

Un peu d’histoire

1871 : Le bâtiment est construit.

1882 : Le rez-de-chaussée devient un commerce.

1885 : Jean-Alfred Moisan devient propriétaire de l’immeuble du 699, rue Saint-Jean.

1921 : La maison voisine est achetée pour agrandir l’épicerie, ce que ne pourra faire J.A. Moisan.

1927 : Jean-Alfred Moisan décède. Son fils, Joseph Elzéar, fait faillite en 1939.

1982 : L’épicerie est agrandie, après avoir été rachetée en 1978 par Boris Maltais.

1999 : Clément St-Laurent, sa conjointe, Nathalie Deraspe, et son frère, François St-Laurent, achètent l’immeuble.

2006 : Ouverture de l’auberge dans les anciens appartements de la famille Moisan.


Brûlerie Rousseau : le savoir-faire de la torréfaction

L'une des succursales de la Brûlerie Rousseau, située sur la rue Bouvier. L'une des succursales de la Brûlerie Rousseau est située au 710, rue Bouvier. Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Établie en 1867, la Brûlerie Rousseau a longtemps occupé la seule place sur la scène du café à Québec. Lorsque Jean-Baptiste Rousseau a lancé son entreprise, c’était du thé qui embaumait ses succursales répondant au nom de Rousseau T! T! T!. Il faut attendre 1889 pour que le propriétaire décide de se tourner vers le café, et 1938 pour que l’entreprise torréfie ses grains sur place.

L’entreprise a grandi au sein de la famille Rousseau durant plus de 100 ans, pour ensuite être vendue en 1980. En 2005, Claude Dupuis et sa femme, Guylaine Carrier, en ont pris possession.

L’entreprise de Jean-Baptiste Rousseau était une histoire de famille. Et les propriétaires actuels ne font pas exception, puisqu'une bonne partie de la famille met la main à la pâte pour développer cette enseigne datant de 1867. Si les succursales n’ont plus le même emplacement, l’âme de l’entreprise perdure.

Le propriétaire des Brûleries Rousseau, Claude Dupuis, dans son entrepôt de café. Le propriétaire des Brûleries Rousseau, Claude Dupuis, dans son entrepôt de café. Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Dans la succursale actuelle située rue Bouvier, chacun des grains de café importés des quatre coins de la planète est torréfié au centre du magasin. De plus, tous les mets offerts dans les magasins sont préparés sur place. Cela revêt une grande importance pour les propriétaires, qui cherchent à rester le plus authentiques possible.

Un peu d’histoire

1867 : Jean-Baptiste Rousseau crée l’entreprise Rousseau T! T! T! pour faire de l’importation de thé.

1889 : L’enseigne vend du café et du thé.

1938 : Début de la torréfaction sur place.

Fin des années 70 : L’entreprise est vendue.

2006 : Claude Dupuis et Guylaine Carrier achètent l’enseigne et les deux succursales de la Brûlerie Rousseau.


La Maison Darlington : une histoire de traditions

La Maison Darlington est toujours située rue De Buade, dans le Vieux-Québec. La Maison Darlington est toujours située rue De Buade, dans le Vieux-Québec. Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Bien installée rue De Buade, dans le Vieux-Québec, la Maison Darlington a été construite en 1775. Ce bâtiment a tout d’abord hébergé un commerce de vêtements militaires, puis une entreprise d’importation de lainages d’Écosse.

Nicole Lahoud a été gérante de la boutique pendant près de 35 ans. Arrivée à la fin des années 80, elle n’en garde que de bons souvenirs. « C’était une grande famille, les employés, mon patron [...] La clientèle était comme des amis », se remémore-t-elle.

Nicole Lahoud, gérante de la Maison Darlington pendant près de 35 ans, se tient devant l'ancienne caisse de la boutique. Agrandir l’imageNicole Lahoud, gérante de la Maison Darlington pendant près de 35 ans, se tient devant l'ancienne caisse de la boutique. Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Elle se rappelle avec plaisir l’évolution des produits proposés dans la Maison Darlington. « Ici, on était réputé pour la laine [...] En arrivant, il y avait juste des chandails de laine, puis on a fait rentrer des jupes, puis des pantalons. Le patron me faisait confiance [sur la nouvelle marchandise] », explique celle qui, malgré des années de labeur, s'enthousiasme encore de venir faire des remplacements dans la boutique.

Un peu d’histoire

1775 : Construction du bâtiment rue De Buade. La famille Calhoum est alors propriétaire.

1872 : John Darlington devient le nouveau propriétaire et donne le nom de « John Darlington Registered » au magasin.

1912 : Le fils de John Darlington, William John Darlington, fait d'importantes rénovations et donne une nouvelle vocation à la Maison, en se spécialisant dans l'importation de lainages d’Écosse.

1972, 1978 et 1989 : Ventes successives de la Maison Darlington.

1987 : Le propriétaire de l’époque achète l’immeuble voisin, la Bijouterie Routier, pour agrandir le magasin et proposer des vêtements plus diversifiés.


Laliberté : une histoire, deux familles

Le magasin Laliberté est au coeur de Saint-Roch depuis 1867.Le magasin Laliberté est au coeur de Saint-Roch depuis 1867. Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Chapelier au départ, Jean-Baptiste Laliberté s’intéresse rapidement aux fourrures et décide d’en vendre. En 1867, il fit construire un bâtiment dans le quartier Saint-Roch, qui allait devenir son magasin, que l’on trouve toujours aujourd’hui à la même adresse, rue Saint-Joseph.

J.B. Laliberté est une institution dans le quartier Saint-Roch. Quand on y entre, toute une histoire s’en dégage. Avant la restructuration de 1995, on pouvait trouver des jouets, des vêtements, des articles de décoration, mais surtout des fourrures dans le magasin qui s’étalait sur plusieurs étages. De nos jours, le commerce est moins spacieux, mais il garde son âme première : des vêtements et toujours des fourrures.

Ce magasin, c'est l'histoire de deux familles. Celle de Laliberté, dont plusieurs membres ont mis la main à la pâte pour faire vivre l’entreprise, mais aussi la famille Morisset. Les petits-enfants de François Morisset, qui a acheté l’entreprise en 1950, sont aujourd’hui les propriétaires et continuent de faire vivre le lieu. Lucie Morisset y travaille depuis 1984, toujours avec la même passion.

La directrice et copropriétaire du magasin Laliberté, Lucie Morisset, dans son commerce.Agrandir l’imageLa directrice et copropriétaire du magasin Laliberté, Lucie Morisset, dans son commerce. Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

« L’âme de J.B. Laliberté est là. C’est une fierté de travailler ici », glisse-t-elle entre plusieurs anecdotes. Comme celle de son père, Jacques, qui a passé une partie de sa vie à travailler chez Laliberté. Du haut de ses 94 ans, il vient encore tous les jours au magasin pour le plaisir de se retrouver dans ces lieux.

Un peu d’histoire

1867 : Construction du bâtiment par J.B. Laliberté. Décès du fondateur.

Entre 1940 et 1950 : Plusieurs hommes d’affaires du quartier achètent les parts du magasin pour le garder en vie.

1950 : François Morisset rachète toutes les parts et la famille Morisset devient propriétaire.

1995 : Restructuration de l’entreprise.

2017 : Laliberté souffle ses 150 bougies.

La ville de Québec compte plusieurs autres magasins centenaires, dont la Maison Simons dans le Vieux-Québec, la pharmacie Brunet de la rue Saint-Joseph et la quincaillerie Cantin & Fils, sur la 3e Avenue, pour ne nommer que ceux-là.

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