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Deux arrestations en lien avec les vols de drones à l’aéroport de Gatwick

Un homme barbu avec une planche à roulettes, un banjo et des vêtements très colorés passe devant des passagers entourés de valises.

Des passagers attendent à l'intérieur du terminal sud de l'aéroport de Gatwick.

Photo : Reuters / Toby Melville

Radio-Canada

La police du comté du Sussex a annoncé avoir arrêté deux personnes relativement aux vols de drones qui ont perturbé le trafic aérien à l'aéroport de Gatwick à Londres, touchant des dizaines de milliers de passagers à quelques jours de Noël.

Les autorités ont procédé à ces arrestations tard vendredi soir. « Des procédures sont toujours en cours afin de prévenir de tels incidents », a toutefois spécifié le commissaire de police James Collis, faisant appel à la vigilance du public afin de signaler tout comportement louche près de l'aéroport. M. Collis n'a pas précisé si la piste d'une action écologiste était confirmée.

Plus tôt dans la journée de vendredi, le trafic a repris à Gatwick, après une brève suspension en raison de la présence de drones. L'aéroport se remettait à peine de 36 heures de paralysie due à ces mystérieux drones, un incident « sans précédent », selon le gouvernement.

Les autorités de l'aéroport avaient été contraintes jeudi d'interrompre leurs activités, piégeant plus de 120 000 passagers à quelques jours des fêtes de Noël. « Nous avons temporairement suspendu les activités aériennes pendant que nous enquêtions sur la présence non confirmée d'un autre drone », a dit un porte-parole de l'aéroport. « Pour l'instant il n'y a aucun décollage ni atterrissage. »

L'armée et la police ont déployé des moyens technologiques pour surveiller le site et éviter le retour des drones. « Il y a sur le terrain une combinaison de mesures afin de faire en sorte que la confiance revienne [...]. Certains de ces moyens sont militaires », a déclaré le secrétaire britannique aux Transports, Chris Grayling, sans entrer dans le détail.

La piste de Gatwick avait été rouverte vers 4 h 30 (HNE) vendredi matin avant d'être fermée de nouveau pendant environ 90 minutes. Les voyageurs étaient alors invités à vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l'aéroport, en raison de possibles retards ou annulations.

Selon Chris Woodroofe, le directeur opérationnel de l'aéroport, le deuxième du pays après Heathrow, près de 700 vols étaient initialement prévus vendredi. Il s'est excusé auprès des 120 000 voyageurs touchés à quelques jours des fêtes de Noël.

Les forces de l'ordre ont « considérablement augmenté » leur présence sur place, a expliqué sur Twitter la police du Sussex, comté où se trouve l'aéroport.

Ce type d'incident est sans précédent.

Chris Grayling, secrétaire britannique aux Transports, en entrevue à la BBC

« Il nous faudra comprendre très rapidement ce qui s'est passé » pour pouvoir « tirer les leçons », a ajouté M. Grayling face aux critiques sur l'incapacité des autorités à neutraliser les drones.

Dans les colonnes du Telegraph, la secrétaire d'État chargée des Transports, Elizabeth Sugg, a promis de « nouvelles mesures qui aideront à lutter contre d'autres usages malveillants des drones ».

« Nous travaillons avec les fabricants de drones à des solutions techniques, comme le géorepérage », a-t-elle ajouté, précisant que cette technique permettrait, grâce aux données du drone, de l'empêcher de voler au-dessus de certaines zones comme les aéroports et les prisons.

L'action écologiste serait une piste d'enquête

L'aéroport de Gatwick avait été fermé mercredi soir par mesure de sécurité, avant de rouvrir brièvement dans la nuit et de fermer de nouveau à 3 h 45 GMT jeudi matin, car les drones ne cessaient de réapparaître, jouant au chat et à la souris avec les policiers.

Le PDG de l'aéroport, Stewart Wingate, a dénoncé jeudi une « activité très ciblée qui visait à fermer l'aéroport et causer le maximum de perturbations juste avant Noël ».

Jeudi soir, la police du Sussex a indiqué que les drones avaient été aperçus plus de 50 fois en 24 heures.

Elle a qualifié l'incident d'« acte délibéré », tout en assurant qu'il n'y avait « aucune indication suggérant que cela soit lié au terrorisme ».

Un « loup solitaire » défenseur de l'environnement pourrait se cacher derrière cette attaque, écrit vendredi le Daily Telegraph, citant une source gouvernementale.

« Une action écologiste est une piste d'enquête à ce stade », a dit cette source au quotidien britannique.

Le chaos à Gatwick faisait la une de la quasi-totalité des quotidiens britanniques vendredi. « Comment cette petite tache dans le ciel peut-elle gâcher le Noël de 350 000 personnes? », s'interrogeait vendredi le tabloïd Daily Mail, photo à l'appui.

Le gouvernement blâmé

Le gouvernement s'est vu reprocher de ne pas en avoir fait assez pour protéger les aéroports.

D'après Karl Turner, chargé des questions de transports au sein du parti d'opposition travailliste, il aurait dû interdire les drones dans un périmètre de 5 kilomètres autour des aéroports.

La loi actuelle, renforcée cette année, interdit leur utilisation à moins d'un kilomètre d'un aéroport et à une altitude supérieure à 400 pieds (122 mètres). Les coupables risquent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

Des responsables de différents ministères se sont réunis vendredi matin pour faire le point sur la situation.

L'armée a été appelée à l'aide, mettant à disposition des technologies de pointe pour traquer les drones. La police a envisagé d'abattre le drone, après que les autorités eurent écarté dans un premier temps cette possibilité, craignant les « balles perdues ».

Avec des avions cloués au sol toute la journée de jeudi, les voyageurs ont dû prendre leur mal en patience, dormant parfois à même le sol dans l'aéroport. Des vols ont été détournés vers d'autres villes au Royaume-Uni, voire à Paris et à Amsterdam.

Gatwick dessert plus de 228 destinations dans 74 pays et quelque 45 millions de passagers y transitent chaque année.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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