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Pétrolières en Alaska : pas de danger pour la faune, dit l’administration Trump

Des caribous sauvages errent dans la toundra du Nunavut. La harde de caribous de la Porcupine, connue pour ses migrations annuelles épiques entre les Territoires du Nord-Ouest et l'Alaska, est en plein essor après une décennie de déclin.

Les ours blancs et les caribous partageront en sécurité leur milieu sauvage avec les producteurs pétroliers et gaziers, selon l’administration Trump.

Photo : The Canadian Press / NATHAN DENETTE

Radio-Canada

L'administration Trump compte bien permettre aux producteurs pétroliers et gaziers de forer dans les sols du Refuge faunique national Arctic, dans le nord-est de l'Alaska. Dans un rapport préliminaire, elle affirme que les ours blancs, les caribous et autres animaux sauvages pourront partager en toute sécurité leur milieu avec les concessions pétrolières.

La publication du rapport jeudi par le Bureau de la gestion du territoire, exigée par la loi, se penche sur les effets des forages sur les espèces sauvages et leur habitat. Cette étude marque l'une des dernières mesures importantes prises par le ministre de l'Intérieur Ryan Zinke, un ardent partisan de l'industrie pétrolière et gazière, qui quittera ses fonctions le 2 janvier.

Le rapport ouvre la porte aux producteurs pétroliers sur un terrain de 1,6 million d'acres de plaines côtières, dans les espaces vierges du nord de l’Alaska. Un développement de taille qui permettra à l'Amérique de se placer en joueur fort et « dominant en matière d'énergie », selon le ministre Zinke.

La sénatrice de l'Alaska, la républicaine Lisa Murkowski, qui est aussi présidente du Comité sénatorial de l'énergie et des ressources naturelles, estime qu’un solide programme dans cette région sauvage « aidera [les États-Unis] à réaliser leur énorme potentiel énergétique sans nuire à l'environnement ou au mode de vie ».

L'ouverture des plaines côtières dans le plus grand refuge faunique du pays pourrait avoir des répercussions sur les chasseurs autochtones de l'Alaska, ainsi que sur les troupeaux de caribous et autres animaux arctiques et oiseaux migrateurs qui dépendent de ce refuge, indique l'examen environnemental.

Toutefois, les auteurs du rapport précisent qu'il y a moyen de trouver un équilibre entre le développement économique et les préoccupations biologiques et écologiques.

L'administration Trump entend rouvrir la presque totalité des eaux territoriales à l'exploitation pétrolière.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'administration Trump entend rouvrir la presque totalité des eaux territoriales à l'exploitation pétrolière.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Mark J. Terrill

« Un plan précipité et imprudent »

Les groupes environnementaux accusent la Maison-Blanche d'accélérer le processus et de faire fi des risques encourus par l'exploitation d'une des régions les plus sauvages des États-Unis.

Après la publication officielle de l'étude d'impact environnemental de l'administration Trump devrait suivre une période d'examen public, qui prendra fin en février.

« Le processus décrit dans le plan est précipité et imprudent, défiant les bonnes pratiques scientifiques et le dialogue constructif avec les parties prenantes », dit Jamie Williams, directeur de la Wilderness Society, une organisation à but non lucratif.

Certains endroits devraient rester intacts pour les générations futures.

Jamie Williams, directeur de la Wilderness Society

« Il s'agit d'un accaparement des terres pur et simple, et les individus responsables se soucient peu des impacts sur la faune ou des dommages qu'ils infligeraient aux Autochtones de l'Alaska », affirme de son côté Adam Kolton, directeur général de l'Alaska Wilderness League.

Un ours blanc sur la banquise. En arrière-plan, les montagnes se dessinent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un ours polaire, sur le passage du Nord-Ouest.

Photo : Nathalie Lasselin/Pixnat

Le rapport mentionne que la population locale des ours blancs est en déclin dans la zone ciblée. Près de 900 ours blancs y sont recensés.

« Le potentiel de blessures ou de mortalité pourrait être élevé si les nouveaux projets pétroliers et gaziers sont mis en œuvre dans l'habitat de l'ours blanc », ajoute le rapport.

Mais les risques sont connus et pourraient ainsi être réduits, conclut-il.

Deux baux importants

Le président Donald Trump avait insisté pour que le Congrès inclue dans la récente législation fiscale une disposition rendant obligatoire la vente de baux dans le refuge faunique.

M. Trump a confié qu'un ami lui avait dit que tous les présidents républicains depuis Ronald Reagan avaient essayé, sans succès, d'exploiter les réserves de pétrole et de gaz du refuge faunique.

En 1995, le président Bill Clinton avait opposé son veto à un plan des républicains visant à autoriser le forage dans le refuge. Dix ans plus tard, les démocrates ont rejeté une proposition républicaine similaire.

L'administration Trump n'hésite pas à brandir l'argument économique pour défendre le projet. Les concessions pétrolières et gazières, avancent les républicains, aideraient à payer les réductions d'impôts approuvées par le Congrès et signées par le président Trump en décembre.

La Maison-Blanche entend conclure la vente d'au moins deux baux importants de quelque 1618 kilomètres carrés chacun dans la plaine côtière du refuge au cours des 10 prochaines années.

Avec les informations de Associated Press

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