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Présence d'arsenic à Lac-Mégantic : la Direction de santé publique de l'Estrie se fait rassurante

L'usine Tafisa à Lac-Mégantic, et une colonne de fumée blanche

L'usine Tafisa à Lac-Mégantic

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une concentration d'arsenic dans l'air plus élevée que la norme a été constatée en raison de rejets de l'entreprise Tafisa, a signalé jeudi la Direction de santé publique (DSP) de l'Estrie. Vingt-huit résidences près des municipalités de Frontenac et de Lac-Mégantic sont touchées.

Le risque cependant est évalué « à presque nul » pour la santé des résidents concernés, dont le quartier est situé à l’est du parc industriel de Lac-Mégantic. La DSP de l’Estrie dit avoir voulu tenir cette réunion d’information par simple souci de transparence.

C’est une étude sur la qualité de l’air, menée à la suite de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, qui a révélé la présence d’arsenic.

Les données recueillies de septembre 2016 à septembre 2017 à la station du barrage ont permis de déceler une concentration moyenne d’arsenic de 5,1 nanogrammes par mètre cube (ng/m3). La norme québécoise est fixée à 3 ng/m3.

Il s'agit d'une norme très sécuritaire, assure la directrice de la DSP de l'Estrie, Mélissa Généreux.

À cette norme-là, on parle d’un excès de risque de cancer du poumon, lorsqu’on est exposé pendant 70 ans, de 1 pour 100 000 personnes.

Mélissa Généreux, directrice, Direction de santé publique de l'Estrie

En forte concentration dans l’air, l’arsenic peut causer le cancer du poumon, mais, pour Mélissa Généreux, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Les résultats montrent une faible exposition sur une courte période. Un autre phénomène rassurant, c’est que l’exposition aurait duré tout au plus une dizaine d’années, évalue-t-elle.

Les causes derrière la présence d’arsenic

La contamination n’a rien à voir avec la tragédie ferroviaire. Le ministère de l’Environnement cible plutôt les émissions atmosphériques de l’entreprise Tafisa.

Pour la fabrication de ses panneaux de particules, Tafisa utilise en partie du bois recyclé provenant d’une quarantaine de centres de tri et écocentres. Le bois recyclé peut contenir des traces d’arsenic. D’ailleurs, un avis de non-conformité a été envoyé à l’entreprise le 6 novembre dernier et des correctifs ont été exigés.

Tafisa assure collaborer avec les autorités gouvernementales. Des améliorations à l’équipement de filtration ont d’ailleurs déjà été effectuées, a mentionné le PDG Louis Brassard.

Il s’agit de données qui quand même datent de septembre 2016-2017. Nous, on sait qu’on a quand même fait plusieurs modifications de nos méthodes opérationnelles durant cette même période-là. Oui, on a pris ça très au sérieux, affirme-t-il.

Même si le risque pour les 350 employés de Tafisa est évalué à nul, la direction les a rencontrés mercredi pour leur expliquer la situation.

Des citoyens inquiets

Malgré le discours rassurant de la Direction de santé publique et la lettre envoyée, des gens qui habitent le secteur se sont dits inquiets des possibles répercussions sur leur santé.

« Quand ils sont arrivés avec la lettre, les deux bras m'ont tombé. Parce que pour moi, ce mot-là voulait dire santé », lance Angéline Vallerand.

Ils nous disent que ça peut prendre des années et des années, mais des fois, des années, c'est court.

Angéline Vallerand

C'est sûr que c'est inquiétant et quand la boucane s'en vient par ici, on ne peut pas travailler dehors. Ça pue assez qu'on s'arrange pour aller ailleurs ou rester dans la maison parce que c'est pas respirable, témoigne pour sa part Raymond Savoie.

Ce dernier n'est pas complètement rassuré par la lettre reçue de la DSP de l'Estrie. Ça va dépendre de ce qu'ils vont faire pour contrôler ça, dit-il.

Une rencontre est prévue le 21 janvier avec les citoyens.

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