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Les Britanno-Colombiens rejettent la réforme électorale

Échantillon de bulletin de vote pour le vote de la réforme électorale.
Les Britanno-Colombiens devaient se prononcer par référendum sur la réforme électorale. Photo: Radio-Canada / Grégory Bernard

Les Britanno-Colombiens qui ont participé au référendum sur le système électoral de la province se sont prononcés à 61,3 % contre la réforme électorale.

Un texte d'Adrien Blanc et Nora Chabib

La participation au scrutin, mené par courrier du 22 octobre au 7 décembre, a été de 41 %.

Les Britanno-Colombiens étaient appelés à se prononcer sur le système électoral de leur province.

Les électeurs avaient le choix entre conserver le scrutin uninominal majoritaire à un tour ou adopter une part de représentation proportionnelle. Ils pouvaient également indiquer leur préférence pour l’une des trois formes de scrutin proportionnel.

Un système d’élection proportionnelle fait le lien entre le pourcentage de votes obtenus par un parti et le nombre de sièges qui lui est attribué.

Une majorité simple au référendum est considérée comme suffisante par le gouvernement pour conserver le système électoral actuel de la Colombie-Britannique.

Une minorité pour le changement

Parmi les 38,7 % d'électeurs qui ont voté pour une forme de repésentation proportionnelle, la plupart auraient préféré un système mixte, jumelant l'élection de députés par région géographique et selon des listes des partis.

Appui pour les différents systèmes proportionnels :

  • 41,24 % : système mixte
  • 29,45 % : système binominal à double membre
  • 29,31 % : système rural-urbain

Surprise des partis

Malgré la déception du NPD, la ministre des Finances de la province, Carole James insiste sur le respect du parti quant à l’engagement significatif des Britanno-Colombiens.

Oui, on est déçu, c'est certain, mais on s'est engagé à donner à la population la chance de se prononcer sur le mode de scrutin. Ils se sont exprimés et on va respecter leur choix. 

Carole James, ministre des Finances de la Colombie-Britannique

Le chef du Parti vert Andrew Weaver dit qu'il tient à respecter le message clair des Britanno-Colombiens.

« Les Britanno-Colombiens ne veulent pas un autre référendum sur cette question. dit-il. « On va voir ce qui se passe ailleurs au Canada et peut-être qu'un jour nous pourrons revenir sur la question »

Il n'y a aucune chance qu'on réexamine cette question dans un proche avenir.

Andrew Weaver, chef du Parti vert

Le chef du Parti libéral de la Colombie-Britannique, Andrew Wilkinson, reproche au NPD d’avoir consacré du temps et du financement à croire que les Britanno-Colombiens seraient favorables à un changement de système électoral.

« Ce référendum a coûté 15-millions de dollars. Songez au nombre de logements qui auraient pu être construits avec cet argent, au nombre de chirurgies, au nombre d'écoles ? », a-t-il demandé.

Sondages trompeurs

L'analyste électoral Bryan Bréguet se dit très surpris par l’écart des résultats qui n’étaient pas prédits par les sondages.

Voir un résultat aussi clair en faveur du système actuel est très surprenant. C’est probablement une question de participation, mais ça reste choquant.

Bryan Bréguet, analyste électoral et fondateur du blogue « Too close to call/si la tendance se maintient »

Selon lui, le NPD pourrait perdre le soutien du Parti vert, ce qui augmenterait les possibilités d’élections générales avant 2021.

Avec ce non décisif, les jours de ce gouvernement sont comptés. Si les libéraux gagnent l'élection partielle [dans Nanaimo], les chances d’une élection générale anticipée à l’été sont très très élevées.

Bryan Bréguet, analyste électoral et fondateur du blogue « Too close to call/si la tendance se maintient »

Déception

Après l'annonce, le chapitre de la britanno-colombien de Représentation équitable au Canada a exprimé sa déception dans un communiqué de presse.

« Bien que le résultat ne soit pas ce que nous espérions, nous sommes ravis que tant d'électeurs aient exercé leur droit de s'exprimer sur cette décision importante », a déclaré Gisela Ruckert, la présidente de Représentation équitable au Canada pour la Colombie-Britannique.

L’organisme ajoute qu’il est convaincu que la représentation proportionnelle finira par voir le jour dans la province une fois que l'obstacle posé par la méconnaissance sera surmonté.

Jean-Michel Oblette, un enseignant en immersion française en deuxième année du primaire à Kerrisdale exprime également sa surprise et sa déception, affirmant qu’il a voté en faveur des néo-démocrates pour leur promesse électorale de tenir un nouveau référendum.

La Colombie-Britannique n’est pas prête à changer, à passer le cap.

Jean-Michel Oblette, enseignant 

M. Oblette croit fermement que le système de représentation proportionnelle peut aider les partis minoritaires à obtenir plus de pouvoir.

Naïf que j’étais, je voyais les verts gagner, mais les Britanno-Colombiens aiment ce système à tort ou à raison.

Jean-Michel Oblette, enseignant

D’après lui ces résultats s’expliquent en partie parce que le « changement fait toujours un peu peur ». 

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