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La Chambre accepte de financer le mur, mais le Sénat devrait s'y opposer

Donald Trump, devant un micro, prend la parole.

En marge d'une cérémonie de signature d'une loi sur l'agriculture, le président Trump a plaidé en faveur de la construction du mur.

Photo : Reuters / Jim Young

Radio-Canada

La Chambre des représentants à majorité républicaine s'est pliée aux exigences du président Trump, qui voulait que la loi budgétaire inclut des fonds pour la construction du mur à la frontière américano-mexicaine. L'hypothèse d'une paralysie partielle du gouvernement reste ainsi vraisemblable, car le texte a peu de chances d'être accepté par le Sénat.

Au cours d'une rencontre à la Maison-Blanche, le président Donald Trump avait averti les leaders républicains de la Chambre des représentants qu'il ne promulguerait pas la loi budgétaire d'urgence qui doit garantir le financement de l'administration fédérale jusqu'au 8 février prochain si elle n'incluait pas 5 milliards de dollars pour la construction du mur.

Les élus de la Chambre ont obtempéré à sa requête par une majorité de 217 voix contre 185, dans un vote qui s'est déroulé essentiellement sur une base partisane.

« Nous voulons que l'administration continue à fonctionner, mais nous voulons aussi un accord qui protège la frontière », avait déclaré à la presse le président sortant de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, évoquant « les inquiétudes légitimes » de Donald Trump.

Le Sénat s'était entendu mercredi soir sur sa propre version du projet de loi, qui ne comportait pas de crédits pour la construction du mur. Élaboré par les républicains, il avait reçu l'appui des leaders des minorités démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat, Nancy Pelosi et Chuck Schumer.

Selon le scénario prévu, ce texte devait ensuite être soumis à la Chambre avant d'éventuellement aboutir sur le bureau du président pour avoir force de loi.

L'ordre est maintenant inversé et le Sénat devra plutôt se prononcer sur le projet de loi de la Chambre.

Or, l'approbation des modifications est loin d'être assurée : 60 voix seront nécessaires pour que le projet soit adopté par le Sénat.

Cela signifie qu'il devrait recevoir l'aval de certains élus démocrates. Selon CNN, plusieurs sénateurs républicains ont fait valoir qu'un projet comprenant des crédits pour le mur ne passerait donc pas la rampe au Sénat.

La crise de colère de Trump mènera à une paralysie du gouvernement, mais elle ne lui permettra pas d'avoir son mur.

Chuck Schumer, leader de la minorité démocrate à la Chambre

Les démocrates sont favorables à la sécurité des frontières, mais un mur serait « inefficace, inutile et [d'un coût] exorbitant », a-t-il dit.

Leur session terminée, plusieurs sénateurs avaient déjà quitté la capitale fédérale pour le congé des Fêtes. Il n'est pas certain qu'ils reviendront tous pour voter sur un projet de loi amendé.

Si aucun accord n'est trouvé d'ici vendredi soir, avant minuit, le financement de neuf départements fédéraux, dont ceux de la Sécurité intérieure, du Commerce et de la Justice, ainsi que de plusieurs agences, ne sera plus assuré. Le salaire de plus de 420 000 employés de l'État cessera également d'être versé.

Trump plaide sa cause devant les caméras

En marge d'une cérémonie de signature d'une loi sur l'agriculture, le président Trump a défendu sa décision. Ce n'est pas juste une promesse de campagne, c'est la sécurité du pays qui est en jeu, a-t-il soutenu, invoquant entre autres le trafic de drogue et l'entrée au pays de criminels violents.

« Des millions d'emplois et des milliers de vies humaines innocentes » sont perdus en raison des « frontières ouvertes », a-t-il affirmé, sans toutefois donner de précision sur la provenance de ces chiffres.

« Depuis des décennies, Washington a abandonné son engagement à [défendre les droits des Américains] en permettant aux gens d'entrer illégalement malgré l'objection du peuple américain. « C'était un assaut total contre notre démocratie même », a ajouté le président.

Il s'est également tourné vers Twitter, publiant une courte vidéo dans laquelle il a accusé les démocrates de faire de la politique avec cet enjeu.

Des sénateurs exaspérés

Certains sénateurs étaient sur le point de retourner dans leur État lorsque les reporters, en après-midi, les ont informés de la volte-face de Donald Trump.

La sénatrice républicaine Susan Collins, réputée modérée, semblait incrédule devant l'ultimatum de Donald Trump. « A-t-il vraiment dit cela? Êtes-vous en train de me pourrir la vie? », a lancé aux journalistes la sénatrice du Maine alors qu'elle se dirigeait vers l'aéroport.

Son collègue Bob Corker, qui n'a pas brigué de nouveau mandat, a admis qu'il n'était pas surpris de cette volte-face du président. « Amusez-vous bien. Je me prépare à rentrer » à la maison, a-t-il dit, en éclatant de rire.

Certains élus républicains et commentateurs de droite avaient accusé le président de céder sur la promesse phare de sa campagne présidentielle. Déplorant que le texte initial du Sénat exclue des fonds pour la construction du mur, la commentatrice Ann Coulter a qualifié Donald Trump de « lâche » et soutenu qu'il avait « manipulé les électeurs ».

La Chambre des représentants passera sous majorité démocrate dès le 3 janvier, ce qui rendrait la perspective du mur encore plus ténue.

Dans un échange surprenant la semaine dernière lors d’une rencontre avec les deux leaders des minorités démocrates du Congrès, le président Trump avait déclaré qu’il serait « fier de paralyser le gouvernement pour la sécurité aux frontières ».

Habituellement, les élus blâment l’autre parti advenant une fermeture des services de l'État fédéral.

Donald Trump avait prévu de quitter Washington pour deux semaines de vacances dans sa propriété Mar-a-Lago de Palm Beach, en Floride, mais la Maison-Blanche a indiqué qu'il ne s'y rendrait pas advenant une fermeture des services de l'État fédéral.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Reuters, CNN, et New York Times

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