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Des chats vikings révèlent que nos félins de salon sont de plus en plus grands

Un chat se fait caresser sur le dessus de la tête.

Le chat domestique vit en compagnie des humains depuis au moins 9500 ans.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les chats ont une place assez unique parmi les animaux qui côtoient les humains. Rois des salons et des réseaux sociaux, ils semblent aussi évoluer à l'inverse d'autres espèces domestiquées en devenant de plus en plus imposants.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Le chat est un bel exemple de domestication : en 10 000 ans, il est passé de chasseur solitaire à maître incontesté des foyers. Au départ, on appréciait les chats pour leur capacité à chasser les rongeurs loin des récoltes, alors que maintenant, c’est essentiellement pour des raisons affectives.

Entre ces deux étapes, il nous manque des éléments importants, non seulement en ce qui concerne leur cheminement, mais également en ce qui a trait à la façon dont ils ont pu changer en fréquentant les humains.

Or, une étude montre que cette proximité aurait bénéficié aux chats (Nouvelle fenêtre) d’une manière unique dans l’histoire de la domestication en leur permettant de croître en taille.

On ne parle pas ici d’une prise de poids liée à un phénomène d’obésité : depuis leur domestication, les chats semblent avoir vu leur taille augmenter de 16 % par rapport à leurs lointains ancêtres.

Plus surprenant encore, cette découverte a été possible grâce au lien particulier qui s’est établi entre ces félins… et les Vikings, ces guerriers et explorateurs scandinaves qui ont lancé des raids partout à travers l’Europe pendant une partie du Moyen Âge.

De l’Égypte au Danemark

Le chat domestique vit en compagnie des humains depuis au moins 9500 ans, mais les différentes espèces que l’on retrouve aujourd’hui descendent principalement des animaux domestiqués en Égypte en l’an 1500 avant notre ère.

Selon des travaux publiés en 2017 (Nouvelle fenêtre), les Égyptiens pourraient avoir spécifiquement sélectionné les chats ayant le comportement le plus docile. En ne laissant se reproduire que les animaux les moins agressifs ou les moins solitaires, ils ont progressivement transformé cet animal sauvage et indépendant en une espèce moins farouche.

Ces chats se sont alors dispersés facilement à travers l’Europe en étant embarqués sur les bateaux afin d’y contrôler les rongeurs. C’est ainsi que des chats ayant des origines génétiques égyptiennes se sont retrouvés au Danemark dès le 2e siècle. Leur nombre a considérablement augmenté au début de l’âge des Vikings, entre le 8e et le 11e siècle.

Les Vikings appréciaient particulièrement les chats parce qu’ils protégeaient de la vermine leurs bateaux et leurs fermes. Et aussi, leur pelage était utilisé dans la fabrication de vêtements chauds.

On voit huit crânes de chats disposés sur une surface blanche.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

En haut à droite, on retrouve deux crânes de chats de l'époque des Vikings (les plus petits). En bas à droite, deux crânes de chats modernes (les plus gros).

Photo : Anne Birgitte Gotfredsen

2000 ans d’histoire féline

Contrairement aux os d’autres animaux de ferme, les ossements de chats sont rares en archéologie.

Or, des ossements ont été trouvés en forte concentration dans des régions nordiques. Ceux utilisés dans cette étude provenaient de fosses communes au Danemark où les chats étaient enterrés après récupération de leur pelage. Ils étaient en nombre suffisant pour étudier l’évolution de ces animaux de la fin de l’âge de bronze jusqu’au 17e siècle.

En comparant les tailles des os anciens avec ceux de chats modernes, les chercheurs ont remarqué que nos félins étaient 16 % plus grands que leurs ancêtres ayant côtoyé les Vikings, et ce, autant dans la longueur des pattes qu’au niveau de la mâchoire.

Cette tendance est à l’inverse de ce qui est normalement observé lors d’une domestication animale. Les chiens, par exemple, sont en moyenne 25 % plus petits que leurs cousins sauvages, les loups gris.

Pour le moment, il est difficile de dire pour quelle raison une telle croissance n’a été observée que chez les chats.

L’une des possibilités serait que la domestication a entraîné un changement dans les gènes des chats permettant une plus forte croissance. Des études devront toutefois être faites pour confirmer cette hypothèse tout en s’assurant que cette tendance s’applique également aux chats ailleurs que dans les pays scandinaves.

Animaux de compagnie

Science