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Écrire pour se libérer de son passé

Portrait de l'auteure Caroline Dawson devant les rayonnages d'une bibliothèque.

Caroline Dawson

Photo : Catherine Aboumrad

Radio-Canada

« On se raconte tous des histoires sur notre vie, nos actions, nos choix, notre destin. » Les écrire permet peut-être de mieux les appréhender et de mieux s'en libérer, selon Caroline Dawson.

La jeune femme d'origine chilienne, arrivée au Québec à l'âge de 7 ans comme réfugiée, enseigne aujourd'hui la sociologie au Cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil.

Il y a deux ans, elle a décidé de soumettre un texte au Prix du récit Radio-Canada. « C’est un petit groupe de femmes avec qui j’écrivais par plaisir qui m’a incitée à y participer. »

Apprivoiser la langue et l'hiver

Les Honeycomb de Madame Thérèse raconte son premier hiver au Québec (elle est arrivée avec sa famille en décembre) et l'incertitude de ses premiers temps dans la classe d’accueil et de francisation de Madame Thérèse.

EXTRAIT

Je me souviens d’être transie. Des bottes mouillées, des chaussettes humides et des pieds qui puent. Je sais surtout qu’on apprivoisait l’hiver en même temps qu’on apprenait les mots pour le dire : « neige », « poudrerie », « pluie verglaçante ». « Sti, fait donc frette » viendrait plus tard, quand ma famille aurait l’argent pour déménager dans un vrai appartement assez grand pour nous cinq, dans Hochelaga. Pour l’instant, dans notre petit trois et demi mal isolé d’Ahuntsic, c’était « flocons », « givre » et « ours polaire ».

Ce superbe récit d'enfance et d'apprentissage, qui dresse un portrait positif et touchant de l’intégration au Québec, lui a valu une place de finaliste. Malgré cela, Caroline Dawson hésite encore à se qualifier d'écrivaine.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai voulu apprendre à lire et à écrire. Je pense que j’apprends encore à le faire.

Caroline Dawson

Porter son enfance comme un vieux manteau

Caroline Dawson écrit presque toujours d’abord à la main, « le texte brut, les émotions à vif », pour trouver l'histoire qu'elle veut raconter. Puis, au moment de retranscrire à l’ordinateur, viennent le ton et la voix. C’est là que commence le réel travail.

L'histoire qu'elle raconte dans Les Honeycomb de Madame Thérèse est la sienne, celle de l’acclimatation et de l’intégration, inspirée en partie des premiers souvenirs qu'elle a.

Ces histoires m’habitent autant qu’elles me hantent depuis que je suis toute petite et ont grandement forgé mon identité. Je les porte en moi comme un vieux manteau.

Caroline Dawson

Quand sa fille est née, elle en a eu marre de « trimballer encore son enfance » et s'est attablée pour enfin dépoussiérer ces histoires qu'elle traînait avec elle depuis qu'elle était toute petite.

J’ai l’impression que, pour écrire cette histoire, j’ai recueilli les mots qui logeaient en moi depuis que je suis toute petite. Ni douloureux ou libérateur, je sentais que cela devait être fait, tout simplement.

Caroline Dawson

L'automne prochain, l'autrice publiera aux Éditions du remue-ménage (Nouvelle fenêtre) son premier livre, une collection de fragments se lisant comme un roman sur la même petite fille : son arrivée, son installation et son intégration à la société québécoise, avec tout ce que ça comporte de confrontations personnelles et sociales.

Le texte Les Honeycomb de Madame Thérèse devrait d’ailleurs s’y retrouver. 


Vous aussi, vous avez une histoire vécue à raconter?

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