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Ottawa espère atteindre sa cible de réduction des GES d'ici 2030

La ministre de l’Environnement et des Changements climatiques du Canada, Catherine McKenna, durant une conférence de presse le 20 décembre 2018 à Ottawa. Photo: La Presse canadienne / Justin Tang
Radio-Canada

Le gouvernement canadien est déterminé à atteindre sa cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), et ce, même si ses propres fonctionnaires calculent un manque à gagner de 79 mégatonnes. La ministre de l'Environnement Catherine McKenna compte réduire l'écart en misant, notamment, sur le transport en commun.

Il y a 10 jours, la ministre McKenna participait à la 24e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP24) où elle a dû défendre un bilan environnemental controversé.

C'est que, depuis trois ans, le Canada n'a pas réduit de façon substantielle ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon un rapport publié dans le cadre de la COP24 et qui évalue la performance des pays en matière climatique, le Canada arrive au 54e rang sur 60.

Le Canada s'est engagé à faire passer ses émissions de CO2 de 732 mégatonnes, en 2005, à 513 mégatonnes, en 2030.

Seulement voilà : à l'heure actuelle, on ignore de quelle façon Ottawa réussira à retrancher plus du tiers des émissions prévues.

Patrice Bonin de Greenpeace Québec affirme que le Canada recule par rapport à l'atteinte de sa cible de réduction de GES. Le responsable de la campagne Climat-Énergie compare les 79 millions de tonnes à « presque l'équivalent de 20 millions de véhicules en termes de pollution qu'on doit retirer des routes, sinon on doit enlever ça des industries, des entreprises ».

Le gouvernement est d'autant plus sur la mauvaise voie que la cible qu'il s'est fixée n'est pas assez ambitieuse, dit le responsable de Greenpeace.

Pas de passe-droit, dit Catherine McKenna

Malgré tout, Catherine McKenna a fait preuve d'optimisme en présentant son bilan de l'année jeudi à Ottawa. Le gouvernement, dit-elle, souhaite réduire cet écart projeté de 79 mégatonnes en misant sur les nouvelles technologies, les investissements en transport public et d'autres mesures dont Mme McKenna n'a pas précisé la teneur.

La ministre a quand même tiré de sa manche quelques cartes : le gouvernement fédéral annonce de nouvelles normes sur les combustibles qui devront être plus propres et il met sur pied un système de tarification de la pollution pour les grands émetteurs.

Je vais être très claire : il n'y a pas de passe[-droit] pour personne ici, tout le monde paye pour ses émissions.

Catherine McKenna, ministre de l'Environnement du Canada

De plus, le fédéral poursuit l'objectif suivant : 90 % de l'électricité au Canada devra provenir de sources non émettrices d'ici 2030.

L'Ontario recule, critique la ministre

Tout en se réjouissant des progrès que fait le Canada en matière environnementale, Catherine McKenna déplore que certaines provinces n'emboîtent pas le pas à Ottawa. Et elle montre du doigt l'Ontario qui « a reculé avec son plan climatique ».

Un homme en veston et cravate.Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford Photo : L'Assemblée législative de l'Ontario

Sitôt élu, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, avait rempli sa promesse de sortir sa province du marché du carbone commun avec le Québec et la Californie.

Puis, l'Ontario s'est joint à la Saskatchewan dans une poursuite intentée contre le gouvernement fédéral relativement à la taxe carbone qui est « une mauvaise taxe pour les familles et les entreprises », selon Doug Ford.

Plus de plastique que de poissons dans la mer

La pollution par le plastique est un autre dossier dans la mire de la ministre McKenna, qui affirme que de tous les plastiques que nous utilisons, 90 % finissent à la poubelle.

Catherine McKenna rappelle que le Canada s'est engagé, lors de la rencontre du G7 dans Charlevoix, à travailler avec l'industrie et les gouvernements afin qu'au moins 55 % des emballages de plastique soient recyclés et réutilisés d'ici 2030.

D'ici 2040, en vertu de la Charte sur les plastiques dans les océans, 100 % de tous les plastiques devront être récupérés.

Nous nous devons de le faire, autrement d’ici 2050, nous aurons plus de plastique dans les océans que de poissons.

Catherine McKenna, ministre de l'Environnement du Canada

Mercredi, le Parlement européen et la présidence du Conseil européen se sont entendus pour interdire dix produits en plastique à usage unique d'ici 2021 dans le cadre de la lutte contre la pollution des océans.

Les néo-démocrates et les conservateurs peu convaincus

Selon le Nouveau Parti démocratique (NPD), le gouvernement de Justin Trudeau fait fausse route avec son plan climatique.

« On savait que l'année dernière on allait rater nos cibles de 66 mégatonnes, et là, on apprend cette année qu'on va les rater de 79 mégatonnes, affirme Alexandre Boulerice, député de Rosemont—La Petite-Patrie. C'est-à-dire qu'on recule. »

Pour Alexandre Boulerice, la ministre McKenna est une « super jovialiste » et le gouvernement de Justin Trudeau « ressemble de plus en plus à l'orchestre du Titanic qui nous dit que tout va bien et on joue de la musique pendant qu'on est en train de couler ».

Par communiqué, le député Ed Fast du Parti conservateur du Canada (PCC) dit craindre que le plan sur le carbone de Justin Trudeau ne fasse perdre des emplois et ne chasse les investissements. Il y aura des pertes d'emplois, prédisent les conservateurs, « puisque le coût de fabrication et de transport de toutes les choses au Canada augmentera ».

Avec les informations de Fannie Olivier

Avec les informations de La Presse canadienne

Environnement