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Stérilisation forcée : elles poursuivent l’Alberta en justice

Gros plan sur un lit blanc.

Au début du mois de décembre, le Comité des Nations unies contre la torture s'est dit préoccupé par « la stérilisation à grande échelle forcée ou contrainte » de femmes et de filles autochtones au Canada.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un groupe de femmes autochtones affirmant avoir été victimes de stérilisation forcée ont déposé une demande de recours collectif contre le gouvernement de l'Alberta mardi.

Les plaignantes réclament 500 millions de dollars en dommages compensatoires et 50 millions de dollars en dommages punitifs pour les préjudices subis par toutes les femmes autochtones qui ont été stérilisées de force avant le 14 décembre 2018.

Ces « femmes [...] ont enduré une souffrance physique, émotionnelle, spirituelle, mentale et psychologique », peut-on lire dans la requête déposée à la Cour du Banc de la Reine de Calgary.

Le regroupement à l’origine de la demande de recours collectif soutient que le gouvernement albertain était au courant de l’ampleur des cas de stérilisation forcée effectuée sur les femmes autochtones.

Il lui reproche d’avoir fermé les yeux sur ces pratiques et d'avoir manqué à ses responsabilités à titre de fiduciaire des Autochtones.

« Les stérilisations forcées ont détruit des familles, des relations interpersonnelles et une culture », précise le document remis à la cour.

« Un autre page sombre »

Jusqu’en 1972, la loi sur la stérilisation sexuelle de l’Alberta (Alberta Sexual Sterilization Act) a explicitement autorisé les stérilisations forcées dans la province, a fait savoir le cabinet d’avocats Koskie Minsky LLP.

Établie à Toronto, cette firme s’est associée au cabinet Cooper Regel d’Edmonton pour représenter le groupe de plaignantes.

Malgré l’abrogation de cette loi, les médecins ont continué d’opérer les femmes autochtones pour qu’elles ne puissent plus enfanter, poursuit par voie de communiqué le cabinet Koskie Minsky LLP, qui dénonce un racisme systémique et institutionnel.

Choisie comme représentante des plaignantes, May Sarah Cardinal affirme avoir été contrainte à la stérilisation dans un hôpital du nord de l’Alberta en décembre 1977.

Elle avait 20 ans et allait y accoucher d’un enfant qui devait être le deuxième d’une plus grande fratrie, mais les médecins en auraient voulu autrement.

« Elle n’avait pas donné son consentement, est-il indiqué dans la demande de recours collectif. Il n’y avait aucune raison médicale justifiant une telle opération. »

C’est « une autre page sombre » qui s’ouvre à nouveau sur les relations qu’ont entretenues les différents gouvernements avec les peuples autochtones, a dit Celeste Poltak, avocate à Koskie Minsky LLP.

« Cette poursuite est un moyen efficace de rendre enfin justice aux victimes de façon concrète [...] Elle donnera au gouvernement l’occasion de se pencher sur les dysfonctionnements qui ont permis cette situation tout en dédommageant adéquatement les victimes », a-t-elle expliqué.

Un autre recours collectif a été déposé contre la Saskatchewan, ses autorités de santé régionales, les médecins et le gouvernement fédéral en 2017. Deux femmes autochtones de Saskatoon qui ont subi une ligature des trompes à leur insu réclamaient chacune 7 millions de dollars en dommages et intérêts. Aujourd'hui, environ 60 femmes font partie de l'action collective.

Avec les informations de Presse canadienne

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