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Réduction de la production à l’ABI : le syndicat porte plainte

Clément Masse et d'autres personnes assis à une table au centre des congrès de Trois-Rivières.

Le président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, Clément Masse (à droite), lors de l'assemblée générale du 9 octobre 2018.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Radio-Canada

Le syndicat des 1030 employés de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) a annoncé jeudi son intention de déposer une plainte pour négociation de mauvaise foi de la part de la direction de l'ABI et d'Alcoa devant le Tribunal administratif du travail (TAT).

Le Syndicat des métallos a pris cette décision après avoir appris, mercredi, qu’Alcoa réduira de moitié la production assurée par les cadres depuis le déclenchement du lock-out à l’usine du parc industriel de Bécancour.

Il affirme que le Code du travail stipule qu’il faut « poursuivre [les négociations] avec diligence et bonne foi », ce qui n’est pas le cas, selon le Syndicat, avec l’annonce de la fermeture de cuves, à deux jours de la date butoir donnée aux deux parties pour s’entendre.

En coupant de moitié la production restante à 48 heures de l’échéance des négociations fixée par le ministre, la compagnie envoie le signal qu’elle ne prend pas au sérieux le processus de négociation, affirme le président de la section locale 9700 des métallos, Clément Masse, par voie de communiqué.

Le Syndicat et la direction ont jusqu’à vendredi pour parvenir à une entente négociée avec l’aide du conseil de médiation mis sur pied par le ministre du Travail, Jean Boulet.

Selon le Syndicat des métallos, la compagnie a multiplié les nouvelles demandes de concessions depuis le début du lock-out, le 11 janvier 2018.

Une compagnie qui revient sur des clauses déjà paraphées et qui formule des offres moins avantageuses que celles refusées initialement ne fait pas montre de bonne foi, dit Clément Masse.

Au moment du déclenchement du lock-out par la direction, les négociations achoppaient sur le financement du régime de retraite et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre, affirme le Syndicat.

Depuis le début du conflit il y a près d’un an, une seule des trois séries de cuves était en fonction. Sa production sera coupée de moitié d’ici vendredi, donc l’usine fonctionnera au sixième de sa capacité totale.

Alcoa, dont le siège social est situé à Pittsburgh, affirme avoir pris cette décision en raison de départs de certains de ses employés-cadres.

« Ça sonne le glas de la négociation »

L’annonce de la réduction de la production à l’ABI, suivie du dépôt d’une plainte pour négociation de mauvaise foi par le Syndicat, ne laisse rien présager de bon pour la suite des négociations, selon le professeur titulaire en relations industrielles à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Jean-Claude Bernatchez.

Ça sonne le glas de la fin de la médiation et la venue de l’arbitrage, a-t-il déclaré en entrevue à l’émission Facteur matinal.

Pourtant, dit-il, Alcoa possède deux autres alumineries au Québec (une usine syndiquée à Baie-Comeau et une non syndiquée à Deschambault), ce qui lui fait dire, qu’Alcoa a la compétence pour régler rapidement leur convention collective.

Jean-Claude Bernatchez croit que Lucien Bouchard pourrait logiquement être choisi comme arbitre en raison de sa connaissance du dossier. L’ancien premier ministre du Québec a été nommé médiateur spécial en avril 2018.

Il n’y a pas de raison, tenant compte de la compétence des gens, que l’usine de Bécancour ne fonctionne pas comme les autres alumineries au Québec.

Jean-Claude Bernatchez, professeur titulaire en relations industrielles à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

Le professeur de l’UQTR ajoute que le Syndicat a peu de chances de remporter son pari.

Ce n’est pas facile à prouver, la mauvaise foi, que ce soit par l’employeur ou le Syndicat, dit-il.

Il explique que la mauvaise foi s’applique généralement lorsqu’une des deux parties refuse de se rendre à la table des négociations, ce qui n’est pas le cas présentement.

Jean-Claude Bernatchez précise que le fait qu’ils n’aient pas cédé quoi que ce soit n’est pas un facteur de mauvaise foi.

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail