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Bombardier ne craint pas les tensions avec Pékin et Riyad pour ses Global 7500

Un homme passe un linge sur la carlingue d'un avion.

Francis Masse de Bombardier astique un avion Global 7500.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

Bombardier a dissipé les craintes selon lesquelles les tensions entre Ottawa et la Chine ainsi que l'Arabie saoudite représentent une menace pour les ventes d'avions d'affaires, sur lesquelles le constructeur québécois d'avions et de trains mise pour sa relance financière.

Les relations entre le gouvernement fédéral et Pékin sont particulièrement tendues depuis que les autorités canadiennes ont arrêté Meng Wanzhou, la haute dirigeante du géant des télécommunications Huawei, à Vancouver, le 1er décembre. Trois Canadiens ont depuis été mis en détention en Chine en moins d'une semaine.

Les explications de Maxime Bertrand

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait attiré l'attention en déplorant sur Twitter l'arrestation de militantes des droits de la personne par les autorités saoudiennes, dont la soeur du blogueur Raïf Badawi. Cela avait incité le prince héritier Mohammed ben Salmane à imposer des sanctions, à renvoyer l'ambassadeur du Canada et à rappeler des étudiants saoudiens du Canada.

Bombardier, qui célèbre jeudi la mise en service de son avion d'affaires Global 7500, a déclaré que sa gamme de produits résiste aux fluctuations diplomatiques ainsi qu'à celles du marché.

« Si nous voyons une région traverser des ralentissements géopolitiques, il y a généralement d'autres régions en pleine expansion dont nous pouvons tirer profit », a affirmé le porte-parole Mark Masluch.

Michel Ouellette, qui dirige le programme Global 7500 de Bombardier, dont tous les exemplaires sont vendus jusqu'en 2022, a assuré que les clients ayant signé avec l'entreprise il y a de nombreuses années misaient encore sur cet appareil.

Le Global 7500 ainsi que les nouveaux Global 5500 et 6500 viennent en partie en guise de réponse aux produits du constructeur rival américain de jets d'affaires Gulfstream Aerospace, alors que la demande d'avions de ligne continue de croître.

Selon l'association des constructeurs de l'aviation générale (General Aviation Manufacturers Association ou GAMA), Bombardier a livré 138 des 677 avions d'affaires en 2017, s'assurant 20 % du marché mondial. Ce nombre a dépassé les 120 livraisons d'avions d'affaires de Gulfstream.

Cependant, en fonction des revenus, la part de marché de Gulfstream est plus élevée. La société établie en Georgie a récolté 6,56 milliards des 20,2 milliards de dollars américains en ventes d'avions d'affaires. La part de Bombardier a été de 5,14 milliards de dollars, selon l'association.

Bombardier vise des revenus annuels de 8,5 milliards de dollars américains d'ici 2020, tirés en grande partie par les ventes mondiales de Global 7500. Il s'agirait d'une forte augmentation par rapport aux 5 milliards de dollars de l'année dernière. Le carnet de commandes d'avions d'affaires totalise désormais 14,3 milliards de dollars, a déclaré M. Masluch.

La multinationale québécoise prévoit livrer entre 15 et 20 avions l'année prochaine, et entre 35 et 40 en 2020, a-t-il déclaré.

Malgré l'accélération de la construction qui en résulte, certains des 3000 travailleurs que Bombardier a annoncé vouloir licencier au cours des 18 prochains mois le seront dans la division des avions d'affaires, a confirmé M. Ouellette.

La société « évalue encore » où exactement ces réductions d'effectifs seront effectuées, a-t-il ajouté.

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