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Les feux en Colombie-Britannique au sommet du palmarès des événements climatiques en 2018

Le feu du lac Alkali est devenu le plus imposant de la province après avoir fusionné avec trois autres incendies plus tôt cette semaine.

Photo : Service des feux de forêt de la Colombie-Britannique

Radio-Canada

Parmi les événements météorologiques qui ont marqué l'année 2018 au Canada, ce sont les feux de forêt en Colombie-Britannique qui arrivent en tête des événements climatiques qui ont le plus affecté les Canadiens cette année, surclassant les tornades, les vagues de chaleur extrême et les crues exceptionnelles observées cette année un peu partout au pays.

D'après les experts d'Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), ce sont les incendies de forêt en Colombie-Britannique qui arrivent en tête du palmarès des événements qui ont eu le plus de conséquences sur les Canadiens, notamment en raison de leur nombre très élevé, mais aussi de leur ampleur et de leur durée.

Les gigantesques nuages de fumée qui ont recouvert le ciel de la province pendant des centaines d'heures ont engendré, selon les experts, une pollution atmosphérique importante dans l'ouest du pays en plus des pertes monétaires et des dégâts engendrés par les gigantesques brasiers.

« Je pense que les feux de forêt dans l’ouest, c’est quelque chose qu’on savait qui était amplifié par les changements climatiques. On a toujours eu des feux de forêt, mais quand on regarde les tendances ces dernières années on voit que l’intensité, la durée et le nombre de feux de forêt augmentent à un rythme extrêmement important », a expliqué le cofondateur et directeur général d'Équiterre, Sydney Ribaux, sur les ondes de RDI.

Selon M. Ribaux, la fréquence des feux de forêt est à ce point en augmentation qu'aux États-Unis on doit les combattre pratiquement toute l'année, alors qu'avant c'était considéré comme un phénomène strictement estival.

En Californie, on commence à dire qu’il n’y a plus une saison des feux de forêt. Les feux de forêt, c’est à l’année.

Sydney Ribaux, cofondateur et directeur général d'Équiterre

Vagues de chaleur

Une femme se rafraîchit dans une fontaine, à Montréal, pendant la canicule. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femme se rafraîchit dans une fontaine, à Montréal, pendant la canicule.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le deuxième phénomène climatique qui a retenu l'attention des scientifiques d'ECCC est la vague de chaleur estivale extrême qui s'est abattue sur l'ensemble de l'hémisphère nord.

Les avertissements de chaleur se sont multipliés de mai à août d'un océan à l'autre. Le 1er juillet, l'indice humidex a même atteint 48 à Gatineau, un sommet jamais enregistré depuis 1880. Ces chaleurs extrêmes ont causé la mort de 93 personnes, seulement au Québec.

« Le nombre de journées de chaleur extrême augmente. […] Au Québec ça veut dire des épisodes où les gens asthmatiques, les personnes âgées vont avoir des journées plus difficiles », a expliqué Sydney Ribaux.

Au troisième rang, on retrouve le temps chaud et sec suivi de chutes de neige qui a considérablement nui aux récoltes en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba.

« Ailleurs dans le monde, il y a des scientifiques qui commencent à dire que des régions habitées vont bientôt devenir inhabitables parce qu’on ne passe pas de 25 à 30 degrés Celsius pour une journée chaude, on va passer de 35 à 40, voire 45 degrés Celsius », prévient le directeur général d'Équiterre.

Rafales et tornades au Québec et en Ontario

Des dizaines de maisons sont fortement endommagées ou complètement détruites.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jackie et Rick Morris, des résidents du secteur de Stittsville, ont survolé le secteur de Dunrobin, à Ottawa, à bord de leur petit avion, le dimanche 23 septembre 2018. Ils ont capté cette photo des dommages causés par le passage d'une tornade de catégorie EF3, deux jours plus tôt, le vendredi 21 septembre 2018.

Photo : ?Gracieuseté de ?Jackie et Rick Morris

Le quatrième rang du palmarès d'ECCC est occupé par les vents qui se sont déchaînés au mois de mai sur l'Ontario et le Québec, privant des centaines de milliers de foyers d'électricité.

Des rafales de 126 km/h ont été enregistrées à Hamilton, tandis que des pointes de 117 km/h étaient mesurées à Montréal.

Ces vents d'une rare puissance ont fait au moins deux morts en plus de causer plus d'un milliard de dollars de dégâts.

Mais les Canadiens n'en avaient pas fini avec les grands vents. Alors que la saison estivale s’achevait dans le calme, une série de tornades survenues le 21 septembre dans la région d’Ottawa et Gatineau ont causé de lourds dégâts dans des zones habitées de la région d'Ottawa et de Gatineau.

« Vers 17 h cette journée-là, la région de l'Outaouais a été frappée par six tornades dont une était d'une puissance EF3, relate Chantal McCartin, climatologue à Environnement et Changement climatique Canada. Il s'agissait de la plus puissante dans ces deux provinces depuis 1903. »

Inondations au Nouveau-Brunswick

Des gens se rendent en bateau jusqu'à leur propriété, pour tenter de constater l'ampleur des dégâts.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dommages causés par des inondations majeures dans la région de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, en mai 2018.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

La crue printanière du fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, a aussi retenu l'attention des climatologues en 2018.

Chantal McCartin soutient que les experts ne s'attendaient pas à des inondations printanières aussi importantes dans la province. Il y a eu beaucoup de neige, mais il n'y a pas eu de record.

Les températures étaient élevées au printemps et les pluies abondantes, mais rien d'inhabituel, précise-t-elle.

« Aucun facteur n'était particulièrement remarquable, mais en les combinant, c'est là que les effets sont devenus vraiment dévastateurs », explique la climatologue.

L'experte précise qu'il est difficile d'attribuer un phénomène météorologique bien précis aux changements climatiques causés par l'être humain, « car il dépend de multiples facteurs, mais on peut dire que les événements sont de plus en plus fréquents et intenses, et c'est ce que l'on a vu cette année ».

Un point de vue partagé par le directeur général d'Équiterre, Sydney Ribaux, qui souligne qu'on expérimente déjà les impacts des changements climatiques sur la Terre avec des événements qui, de manière générale, s'amplifient et se font plus fréquents d'année en année.

C’est très clair. On a déjà, depuis l’ère industrielle, augmenté la température moyenne de la planète de 1 degré Celsius et ça a déjà des impacts sur les phénomènes climatiques et météorologiques partout sur la planète.

Sydney Ribaux, cofondateur et directeur général d'Équiterre

Les 10 phénomènes météorologiques les plus marquants en 2018

  1. Le nombre record d'incendies de forêt et d'heures sous un ciel enfumé (Colombie-Britannique)
  2. Le Canada touché par la vague de chaleur estivale mondiale (toutes les provinces)
  3. Un temps chaud et sec suivi de chutes de neige nuit aux récoltes des Prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba)
  4. Les vents puissants du mois de mai coûtent un milliard de dollars (Québec et Ontario)
  5. Les tornades d'Ottawa-Gatineau le dernier jour de l'été (Québec et Ontario)
  6. Les inondations printanières dans tout le sud de la Colombie-Britannique
  7. La crue éclair de la rivière Saint-Jean (Nouveau-Brunswick)
  8. Le déluge du mois d'août à Toronto (Ontario)
  9. Un froid record annonciateur d'un long hiver (de l'Alberta à la Nouvelle-Écosse)
  10. Un mois d'avril cruel, froid et orageux (toutes les provinces)

Source : Environnement et Changement climatique Canada

Avec les informations de La Presse canadienne

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