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Près de 700 prêtres accusés d'actes pédophiles dans l'Illinois

Un membre du clergé tient la Bible dans ses mains.

Les diocèses de l'Illinois ont rendu publics les noms de 185 prêtres visés par des accusations sérieuses.

Photo : Getty Images / Alina Demidenko

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ampleur du scandale des prêtres pédophiles ne cesse de croître aux États-Unis, où la justice a révélé que près de 700 membres du clergé de l'Illinois avaient été accusés, sur plusieurs décennies, d'agression sur mineur.

La procureure de l'Illinois, Lisa Madigan, avait lancé une enquête en août dans cet État industriel du nord du pays, après la publication d'un rapport sur l'Église de Pennsylvanie qui avait provoqué une onde de choc aux États-Unis.

Depuis, ses services ont épluché les archives des six diocèses de l'État et leurs conclusions préliminaires sont tout aussi accablantes.

Les diocèses de l'Illinois ont rendu publics les noms de 185 prêtres visés par des accusations sérieuses, mais ils avaient été avisés « d'accusations contre au moins 500 prêtres supplémentaires », écrit Lisa Madigan dans un rapport d'étape.

La plupart des cas n'ont pas fait l'objet d'enquêtes appropriées, ou n'en ont pas du tout fait l'objet, ajoute-t-elle, en regrettant que la justice n'ait pas été saisie.

L'Église catholique n'est pas capable de faire sa police elle-même.

Une citation de : Lisa Madigan, procureure de l'Illinois

Le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, a immédiatement fait acte de contrition dans un communiqué publié sur le site du diocèse.

« Je tiens à redire les regrets profonds de toute l'Église pour notre échec à répondre au scandale des prêtres pédophiles », a-t-il écrit, en évoquant « la douleur inimaginable » des victimes.

Il a toutefois souligné que « la grande majorité des agressions avaient eu lieu il y a plusieurs décennies » et que son prédécesseur avait mis en place dès 1991 un « ensemble de procédures strictes pour protéger les jeunes des prédateurs ».

L'archidiocèse s'est également vanté d'être « à la pointe de la réponse au scandale des abus sexuels dans l'Église depuis près de trois décennies ».

À en croire le rapport de Mme Madigan, les diocèses de l'Illinois ont pourtant manqué de considération pour les victimes et de transparence.

En plus, assène-t-elle, « les accusations d'agression sexuelle sur mineur, même si elles remontent à de longues années, ne peuvent pas être considérées comme une question interne ».

Les diocèses américains sous la loupe

L'Église catholique américaine a été ébranlée par une série d'articles du Boston Globe en 2002 sur les abus commis par le clergé dans cette ville de l'est. Ces révélations, popularisées dans le film Spotlight, ont libéré la parole des victimes dans tout le pays.

Depuis, de nombreux prêtres ont été exclus du clergé et poursuivis en justice. L'Église a aussi versé des sommes importantes pour dédommager les victimes.

Cet été, les services du procureur de Pennsylvanie ont porté un nouveau coup dur à l'Église, en détaillant les abus perpétrés par plus de 300 prêtres prédateurs sur un millier d'enfants au cours de plusieurs décennies.

Dans la foulée, l'archevêque de Washington, le cardinal Donald Wuerl, accusé d'avoir contribué à étouffer le scandale, a été contraint de démissionner. Des diocèses ont commencé à publier des listes noires et une dizaine d'États ont lancé des investigations pour mettre au jour les abus.

L'ordre des Jésuites, qui gère de nombreux établissements scolaires aux États-Unis, s'est joint à cet effort de transparence en publiant au début du mois de décembre les noms de plus de 200 prêtres « visés par des accusations crédibles » depuis les années 50.

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