•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le racisme : un fléau pour la santé des personnes qui en sont victimes au Canada

Un jeune adulte recroquevillé sur lui-même, seul devant un grand mur grisâtre.

Les victimes de racisme présentent de moins bons résultats sanitaires, notamment des résultats de santé mentale et physique négatifs et de mauvaises habitudes de santé.

Photo : iStock

Radio-Canada

L'association canadienne de santé publique condamne le racisme systémique dans le système de santé. Elle dénonce les conséquences néfastes de cette situation sur la santé des personnes qui en sont victimes.

Un texte de Saïda Ouchaou

Pour le directeur général de l’Association canadienne de santé publique (ACSP), Ian Culbert, il est urgent de reconnaître que le racisme est une réalité à travers le pays et que les personnes qui en sont victimes, en majorité les Autochtones et les personnes noires, sont en moins bonne santé que le reste de la population pour cette raison.

L’ACSP s’est engagée avec ses membres provinciaux et territoriaux, telle l’Association pour la santé publique de la Colombie-Britannique, à éradiquer les processus racistes qui sont présents en leur sein et à rendre le système de santé plus égalitaire et juste.

Selon Ian Culbert, le temps du silence est terminé.

Nous devons parler ouvertement du racisme, le dénoncer et admettre notre propre complaisance.

Ian Culbert, directeur général, Association canadienne de santé publique

Le porte-parole de l’ACSP reconnaît que le chemin sera long, mais il précise que le fait de parler du racisme et de le condamner est une première étape qui doit être mise en œuvre par tous les intervenants du milieu pour améliorer la santé des victimes.

La barrière de la langue

Le président de Résosanté, Brian Conway, mentionne l’Autorité de santé des Autochtones créée en Colombie-Britannique comme exemple d’initiative pour contrer les discriminations et les préjugés.

Le Dr Conway est également le directeur médical du centre médical francophone de Vancouver et du centre des maladies infectieuses de Vancouver.

Il souligne la barrière linguistique à laquelle font face les francophones du Downtown Eastside, entre autres. Dans ce quartier défavorisé de la ville, 7 % de la population, soit plus de 1500 personnes, ont le français comme langue première.

Il y a déjà des préjugés contre la population de ce quartier. Imaginez les préjugés qui pourraient exister envers une minorité linguistique telle que les francophones. On prétend ne pas les comprendre.

Dr Brian Conway, président de RésoSanté, en Colombie-Britannique

« L’anglais n’est pas leur langue. Il faut essayer, dit-il, de leur offrir des services en français et de créer des structures. »

Le porte-parole en santé francophone fait remarquer que les professionnels existent pour offrir des services en français. Il salue le financement du gouvernement provincial qui a permis la création du centre médical francophone de Vancouver.

La santé des Autochtones : une affaire de réconciliation

La position de l’Association canadienne de santé publique et de ses membres contre le racisme fait suite à son engagement dans le processus national de vérité et réconciliation.

Un comité consultatif des relations avec les Autochtones a d’ailleurs été mis en place au sein de l’organisme.

La reconnaissance des inégalités et des discriminations raciales est cruciale, selon Joannie Gill. Cette dernière anime des ateliers sur la santé et des ateliers de sensibilisation aux peuples autochtones. Autochtone installée à Vancouver depuis avril, Mme Gill a auparavant exercé le métier d’infirmière au Québec.

L'intervenante constate beaucoup de changements positifs dans l’approche auprès des peuples autochtones. Elle croit que le Canada est sur la bonne voie.

Souvent, dans les hôpitaux, on a différentes clientèles, on offre des services à tous les gens, quelle que soit leur culture. Ça serait bon d’avoir des formations sur les différentes cultures pour les professionnels de la santé.

Joannie Gill, intervenante en santé et en sensibilisation aux peuples autochtones

Elle ajoute que la sensibilisation aux modes de vie et aux croyances est un moyen d’améliorer la compréhension entre le soignant et le patient.

Colombie-Britannique et Yukon

Autochtones