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La traite de personnes à Moncton : un phénomène grandissant

Une femme en talon haut se tient debout sur un trotoir.

La traite de personnes est un problème grandissant à Moncton, au Nouveau-Brunswick, selon plusieurs intervenants du milieu.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La traite de la personne est une réalité grandissante à Moncton, selon un organisme qui lutte contre le phénomène.

Jenn Fredericks, une travailleuse sociale au YWCA à Moncton, et la chaire de recherche du Groupe d’action des travailleuses du sexe croient que le trafic d'êtres humains est à la hausse à Moncton. Une des causes du problème : le fait que les gens ne croient pas à son existence.

« Parfois, les gens vont nous dire que ça se passe plutôt dans les grandes villes comme Halifax, Toronto et Niagara. Ça se passe aussi au Nouveau-Brunswick et nous avons des jeunes, je dirais entre 15 et 22 ans, qui sont très vulnérables. »

— Une citation de  Jenn Fredericks, travailleuse sociale pour le YWCA à Moncton et la chaire de recherche du Groupe d’action des travailleuses du sexe

Elle affirme qu’il y a même un circuit de la traite de personnes assez reconnu qui relie Halifax à Moncton.

Portrait de Jenn Fredericks, une travailleuse sociale pour la YWCA à Moncton et la chair du Groupe d’action des travailleuses du sexe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jenn Fredericks, une travailleuse sociale pour la YWCA à Moncton et la chair du Groupe d’action des travailleuses du sexe, croit que le phénomène de la traite des personnes est à la hausse à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Vanessa Blanch/CBC

Mieux vaut prévenir que guérir

Selon Jenn Fredericks, les écoles secondaires sont dans la ligne de mire des malfaiteurs.

Je le vois dans la communauté. [...] Des recruteurs qui flânent, qui déterminent qui sont celles qui vont à la colline pour fumer, qui prennent de la drogue ou qui fument du pot à l’heure du dîner, souligne-t-elle.

Elle veut que le sujet soit abordé ouvertement pour assurer que les jeunes filles soient au courant et puissent se protéger des recruteurs.

La présidente-directrice générale du Centre national de coordination contre la traite de personnes, Barbara Gosse, indique par ailleurs que le principal avantage des trafiquants est que les gens ne croient pas qu’un tel phénomène puisse exister dans leur communauté.

Elle affirme que des recruteurs vont aussi avoir recours aux médias sociaux pour cibler des jeunes vulnérables.

Essayer de s'en sortir

Jenn Fredericks met l’accent sur la sensibilisation parce que c'est difficile pour les jeunes filles de s'échapper d'un réseau de prostitution une fois qu'elles y ont mis les pieds.

« Même si tu as accès à un lit d’urgence quelque part [...] tu dois t’assurer qu’il y a des gardes de sécurité sur place ainsi que des caméras. Même ici à Moncton, nous avons eu une situation où les trafiquants se sont rendus sur place et ont essayé d’entrer par la fenêtre. »

— Une citation de  Jenn Fredericks, travailleuse sociale pour la YWCA à Moncton et la chaire du Groupe d’action des travailleuses du sexe

Steve Trueman est un avocat semi-retraité qui a aidé à mettre sur pied un nouvel organisme, appelé Community of Hope, dont l’objectif est de sensibiliser la population de Moncton au problème de la traite de personnes.

Portrait de, Steve Trueman, un des fondateurs de Community of Hope.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Steve Trueman est un avocat semi-retraité qui a aidé à mettre sur pied un nouvel organisme, appelé Community of Hope.

Photo : Radio-Canada / Vanessa Blanch/CBC

L’organisme n’en est qu’à ses débuts, mais il est déjà en train de venir en aide à la famille d’une jeune femme de 21 ans.

« Elle est prise dans un réseau de traite de personnes depuis l’âge de 17 ans. Nous l’avons placé dans un refuge il y a six mois et sa famille a été menacée de violence physique, alors elle y est retournée. Elle y est toujours en ce moment. »

— Une citation de  Steve Trueman, un des fondateurs de Community of Hope

Steve Trueman a étudié la question et estime qu'une victime revient vers son trafiquant en moyenne sept fois avant d’avoir assez confiance en une autre personne qui lui offre de l'aide pour s'en sortir.

Nous en sommes à l’essai numéro trois, explique Steve Trueman, dans le cas de la jeune femme que son organisme tente d'aider. Nous n’allons pas l’abandonner.

Jenn Fredericks espère que les groupes communautaires vont élaborer un plan d’action commun pour faire face au nombre croissant de cas de traite de personnes constatés.

Si tu restes dans la ville dans laquelle tu as été recrutée, c’est beaucoup plus facile d’être retrouvée et recrutée à nouveau. À ce moment-là, [les trafiquants] te contrôlent, explique-t-elle.

Stratégie provinciale

Il y a quelques années, le Nouveau-Brunswick a mis sur pied un Groupe de travail sur la traite de personnes qui comprend des policiers, des ministères gouvernementaux et de nombreux organismes sans but lucratif.

Cindy Miles est la directrice générale de Partners for Youth, un organisme qui a pour but de venir en aide aux jeunes et qui fait partie du regroupement provincial.

Portrait de Cindy Miles, directrice générale de Partners for Youth.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cindy Miles est la directrice générale de Partners for Youth un organisme qui à pour but de venir en aide aux jeunes.

Photo : Cindy Miles/Twitter

Elle a rédigé une stratégie sur cinq ans pour prévenir la traite des personnes et l’exploitation sexuelle au Nouveau-Brunswick. Selon elle, ces problèmes sont répandus dans toute la province, partout où il y a de la pauvreté, des antécédents de violence, peu d'éducation et où il y a moins de soutien social.

Avec les informations de Vanessa Blanch de CBC

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