•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Fed relève ses taux, mais projette moins de hausses en 2019

Un employé de Wall Street travaille tandis qu'une télé derrière lui affiche l'annonce de la Fed.
Après l'annonce de la Réserve fédérale américaine, Wall Street a reculé, tandis que le dollar a repris un peu de force. Photo: Reuters / Brendan McDermid
Radio-Canada

Inflexible devant le président Donald Trump qui la pressait de ne pas hausser le taux directeur, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé mercredi son taux directeur et ce, pour la quatrième fois cette année.

Cette hausse du taux cible du financement à un jour était attendue. D'un quart de point de pourcentage, elle place le taux directeur dans la fourchette de 2,25 % à 2,5 %.

À la suite de l'annonce de la hausse, le président de la Banque centrale américaine, Jerome H. Powell, a déclaré que les messages publiés sur Twitter et les déclarations du président Donald Trump n'avaient pas d'incidences sur les politiques adoptées par la Fed.

Avant-hier encore, le président Trump avait reproché à la Réserve fédérale ses hausses de taux successives. Sur Twitter, il avait déclaré qu'il était « incroyable » que la Fed envisage une nouvelle hausse de taux, alors que le dollar est « très fort » et qu'il n'y a « quasiment pas d'inflation ».

Jerome Powell parle en conférence de presse.Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine Photo : Reuters / Yuri Gripas

Nommé par M. Trump à la tête de la Réserve fédérale, M. Powell a affirmé en substance que les considérations d'ordre politique n'avaient pas leur place dans les discussions sur la politique monétaire.

Avec cette augmentation, le taux directeur atteint son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008. Environ huit ans après cet épisode, la Fed avait mené une politique de taux zéro, histoire de soutenir la reprise économique.

Par ailleurs, la Fed abaisse ses prévisions par rapport à septembre : elle prévoit une croissance de 2,3 % du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis en 2019 puis de 2,0 % en 2020.

Enfin, la Banque centrale a indiqué qu'elle n'effectuera que deux relèvements de taux en 2019 au lieu des trois qui étaient prévus.

Nous avons vu une évolution qui pourrait signaler un ralentissement par rapport à ce qu'on prévoyait il y a quelques mois.

Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine

« Un durcissement des conditions financières observé au cours des deux derniers mois », avec notamment la chute du marché boursier, « couplé aux signes de croissance plus faible à l'étranger nous ont conduit à réduire un peu la projection de croissance et d'inflation », a précisé Jerome Powell.

Ce sont les facteurs suivants qui incitent la Fed à ralentir la hausse des taux : un ralentissement généralisé, un litige commercial avec la Chine, une inflation modeste et des soubresauts dans les marchés boursiers.

Des risques « globalement équilibrés »

Cette hausse du taux directeur vise à accroître les coûts d'emprunt pour les entreprises et les consommateurs. Les observateurs notent qu'en raison des taux d'intérêt plus élevés des prêts hypothécaires et des prêts automobiles, la demande a commencé à fléchir dans ces secteurs. Malgré tout, la Fed constate que les dépenses des ménages « continuent de croître fortement ».

La Fed souligne la force de la croissance économique, précisant que les entreprises continuent de créer de l'emploi et que les consommateurs continuent à dépenser.

Les risques entourant l'économie sont « globalement équilibrés », affirme encore la Banque centrale, qui entend continuer « à surveiller les évolutions économiques et financières mondiales et à évaluer leurs implications pour les perspectives de l'économie ».

Les marchés réagissent

La Bourse a très vite perdu du terrain lorsque la Réserve fédérale a annoncé qu'elle relevait l'objectif de taux des fonds fédéraux de 0,25 %.

Le Dow Jones a perdu 351,98 points, soit 1,49 %, à 23 323,66 points, ce qui le place à son cours de clôture le plus bas depuis novembre 2017.

Le S&P-500 a cédé 39,20 points (1,54 %) à 2506,96 points, après avoir inscrit en séance un creux de 2488,96, au plus bas depuis septembre 2017.

L'indice Nasdaq a laissé 148,43 points (2,19 %) à 6635,48 points.

L'indice S&P-500 est en baisse de 7 % depuis le début du mois. Seules les années 1930 et 1931, soit durant la Grande Dépression, ont vu des performances boursières encore pires en décembre.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, The New York Times, CBC, et Associated Press

Politique américaine

International