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Les Franco-Ontariens sont-ils vraiment les parents pauvres de la francophonie canadienne?

Une foule avec des pancartes
Des milliers de manifestants étaient réunis à Ottawa pour dénoncer les compressions du gouvernement Ford dans les services en français. Photo: La Presse canadienne / PATRICK DOYLE
Stéphany Laperrière

Le gouvernement de l'Ontario martèle que la province ne reçoit d'Ottawa que 2 $ par francophone pour les services en français. Or, une analyse de Radio-Canada révèle que ces fonds ne sont qu'une petite partie des transferts fédéraux liés à la francophonie.

Le calcul du gouvernement est simple : l’Ontario reçoit 1,4 million de dollars par année dans le cadre de son entente avec le fédéral sur les services dans la langue de la minorité. Ce montant, divisé par les quelque 550 000 francophones dans la province, équivaut à un peu plus de 2,50 $ par personne.

En comparaison aux autres provinces, qui bénéficient aussi d’une telle entente, l’Ontario arrive effectivement en bas de la liste.

Les grands perdants sont toutefois les Québécois anglophones, qui ne reçoivent que 0,36 $ par année pour les services dans la langue de la minorité.

Bien d’autres programmes

Or, ces ententes fédérales-provinciales sur les services dans la langue de la minorité, montrées du doigt par l’Ontario, ne représentent qu’environ 3 % des investissements prévus dans le Plan d’action fédéral pour les langues officielles 2018-2023, qui totalisent près de 2,7 milliards de dollars sur cinq ans.

Dans son calcul, le gouvernement de Doug Ford ne prend pas en compte, par exemple, les fonds octroyés pour l’enseignement dans la langue de la minorité et dans la langue seconde.

Chaque année, Ottawa verse plus de 235 millions de dollars aux provinces et territoires dans le cadre de ces ententes en éducation et l’Ontario reçoit plus du tiers de ce montant.

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Questionné à propos de la distribution des enveloppes liées à la francophonie au pays, Patrimoine canadien réitère que les programmes d’appui aux langues officielles n’ont jamais été conçus comme pouvant être versés sur une base “per capita” contrairement à d’autres transferts.

C'est ce qui explique que la contribution fédérale dans les territoires, où la population francophone totale est de 3500 personnes, dépasse les 1000 $ par individu pour chaque entente.

Une diversion

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) n’a pas voulu commenter les propos du gouvernement de l’Ontario concernant la répartition des fonds liés à la francophonie.

Nous estimons que cette discussion est une diversion alors que le véritable enjeu, à l’heure actuelle, est qu’il y a une grave remise en question des acquis et des droits linguistiques des francophones en Ontario et au Nouveau-Brunswick

Serge Quinty, directeur des communications pour la Fédération des communautés francophones et acadienne

Le Bureau du ministre des Finances de la province n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada à savoir pourquoi le gouvernement ontarien n’inclut pas les autres transferts fédéraux dans ses calculs.

Une homme portant un complet et une cravate est debout derrière un lutrin sur lequel il est écrit en anglais: « Pour le peuple ».Le ministre ontarien des Finances, Vic Fedeli. Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Autres programmes

Sans se prononcer directement sur les calculs du gouvernement, le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, souligne, quant à lui, un déséquilibre en ce qui concerne le financement offert directement aux organismes communautaires francophones dans chaque province.

On ne veut pas prendre à Jean pour donner à Pierre, mais on veut que lorsqu'il est question d'ajouter des sommes d'argent au Plan d'action de regarder davantage du côté de l'Ontario pour être capable de financer d'autres organismes sans but lucratif, dit-il.

Il affirme que l'Ontario reçoit 23 % du financement prévu dans le Plan d'action pour les langues officielles dédié aux organismes communautaires, alors que 54 % des francophones hors Québec y vivent.

Toronto

Politique provinciale