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Le gouvernement fédéral accuse Caroline Mulroney de manquer de leadership

Photo en mosaïque d'un portrait de Caroline Mulroney et de Mélanie Joly

La ministre ontarienne déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney (à g,), et la ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly.

Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle/Mark Blinch

Rozenn Nicolle

Alors que la ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney, se dit prête à « écouter » et « comprendre les détails » de l'offre faite par Ottawa, le cabinet de la ministre fédérale Mélanie Joly dénonce un « manque de leadership » du gouvernement ontarien.

Depuis que le gouvernement fédéral a laissé flotter l'idée de financer le projet d'Université de l'Ontario français (UOF) à concurrence de 50 %, un dialogue de sourds, par médias interposés, semble s'être installé.

C’est tout ce qui manque : un peu de leadership du côté de l’Ontario, a commenté Jérémy Ghio, attaché de presse de Mélanie Joly, ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, en réaction aux déclarations de Mme Mulroney.

Mardi, Mme Mulroney a affiché une ouverture qui n’avait jusque là pas été manifestée publiquement. J’ai entendu l’offre à travers le comité consultatif et les médias, donc si le fédéral est prêt à financer, offrir de l’argent, bien sûr la ministre Fullerton et moi on est prêtes à écouter les détails, à comprendre les détails de cette offre, a-t-elle déclaré.

Pourtant, Ottawa assure que sa position n'a pas changé depuis le 5 décembre. De notre côté, notre offre est claire, le Plan d’action [aux langues officielles] stipule que le gouvernement du Canada peut financer jusqu’à 50 % des projets, a affirmé M. Ghio.

Encore faut-il qu’un projet soit proposé, et c’est justement là que l’Ontario semble rester muet.

La bataille du premier pas

Interrogé sur ce point précis, à savoir si le ministère des Affaires francophones travaillait ou non sur une proposition à faire parvenir au gouvernement fédéral, le porte-parole de Mme Mulroney, Jesse Robichaud, répond que la ministre reste à l'écoute.

Notre message principal demeure que si les libéraux fédéraux souhaitent investir dans la francophonie ontarienne, un bon début serait de remédier au sous-financement de la programmation de services en français en Ontario, a-t-il ajouté dans un courriel adressé à Radio-Canada.

Au fédéral, on soutient cependant que le gouvernement a toujours été à la table et le sera toujours lorsque la province assumera ses responsabilités sur les questions linguistiques et présentera un plan concret.

Depuis plusieurs semaines, nous sommes confrontés à une chaise vide à la table des négociations. Si Mme Mulroney veut finalement s’y joindre, elle est la bienvenue.

Jérémy Ghio, attaché de presse de Mélanie Joly, ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie

L’échéance du 15 janvier

Jointe par téléphone mercredi matin, Dyane Adam, présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF, accueille pour sa part avec enthousiasme les déclarations de la ministre des Affaires francophones.

Mme Mulroney a quand même manifesté clairement qu’on changeait de ton, et qu’on avait une ouverture à explorer des financements alternatifs pour l’Université. Dans ce sens-là, c’est très positif, a reconnu Mme Adam.

Privée de son financement provincial depuis l’énoncé économique du 15 novembre dernier, l’Université de l’Ontario français a cependant continué ses activités et fonctionnera jusqu’au 15 janvier 2019.

Le ministère de la Formation, des Collèges et des Universités a confirmé lundi qu’il travaillait présentement sur les mécanismes de la transition de la structure de gouvernance actuelle vers une nouvelle structure et a promis qu’il aura plus à dire à ce sujet dans la nouvelle année.

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