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Réduction majeure de la production à l’Aluminerie de Bécancour, en lock-out

L'Aluminerie de Bécancour.

L'Aluminerie de Bécancour inc. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À 48 heures de la date butoir pour conclure une entente, la direction d'Alcoa a annoncé qu'elle réduisait de moitié la production à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI), actuellement assurée par des cadres.

La moitié de la série de cuves qui était toujours en fonction depuis le déclenchement du lock-out sera fermée progressivement d’ici vendredi, date limite fixée par le ministre du Travail, Jean Boulet, pour que la direction et le syndicat s’entendent.

Compte tenu des récents départs d’employés-cadres, une réduction de production est nécessaire, afin d'assurer la sécurité du personnel et l'entretien des équipements, indique Alcoa dans un communiqué de presse diffusé ce matin.

Des cadres auraient remis leur démission alors que d'autres sont partis à la retraite.

Alcoa ajoute que des employés-cadres actifs continueront de veiller à ce que l’aluminerie soit prête pour un éventuel redémarrage.

Avec cette réduction, l'usine fonctionne maintenant au sixième de sa capacité totale.

Le syndicat pessimiste à la suite de cette annonce

Pour le syndicat des Métallos, cette décision jette un doute sur la réelle volonté d'Alcoa de s'entendre avec ses travailleurs, surtout que l’annonce survient avant la date butoir donnée par le ministre et député de Trois-Rivières, Jean Boulet.

Ça ne change rien dans nos intentions de conclure une entente négociée, précise le président de la section locale 9700 du syndicat, Clément Masse.

M. Masse ajoute que, pour lui, c'est la preuve que l'usine n'est pas rentable lorsqu'elle est maintenue en fonction par les cadres.

Dans son communiqué, Alcoa réaffirme son intention de parvenir à une entente négociée avec le Syndicat.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a demandé aux parties de s'entendre d'ici vendredi. La direction et le syndicat devaient initialement s’entendre avant le 30 novembre, à l’aide d’un conseil de médiation, mais ils avaient demandé au ministre Boulet de repousser la date butoir.

Les 1030 employés de l'ABI sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018.

Le ministre Jean Boulet garde confiance

Le ministre du Travail, Jean Boulet, affirme que le processus de médiation se poursuit. Les parties devaient se rencontrer comme prévu mercredi, avec l’aide du conseil de médiation, et il assure qu’il n’y a pas eu de changement.

J’ai toujours confiance. Le conseil de médiation est très actif, très dynamique, alors on verra.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Le député de Trois-Rivières et le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, sont rassurés de voir qu'Alcoa réitère son intention de poursuivre les négociations.

Jean-Guy Dubois reconnaît que l'annonce survient à un moment critique, avec la date butoir pour soumettre une entente qui arrive à grands pas.

On ne peut pas s’empêcher de croire qu’il peut y avoir une question stratégique, mais ce qu’on me dit, au niveau de la compagnie, via les gens des communications, il n’y est pas question de mettre une pression quelconque, dit-il.

Je veux continuer à y croire, qu’on va continuer à travailler avec une aluminerie opérationnelle. Pour nous autres, c’est une question extrêmement importante.

Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour

Ils ont besoin de diminuer la production pour permettre à leurs cadres de réaliser leur travail de façon sécuritaire et adéquate, ajoute-t-il en faisant référence à la fatigue et au départ à la retraite des cadres.

Jean-Guy Dubois est convaincu qu'Alcoa a intérêt à conserver l'aluminerie de Bécancour, parce qu’elle est située dans un lieu stratégique et parce que les coûts de l’hydroélectricité sont avantageux.

Une seule des trois séries de cuves fonctionnait depuis le début du lock-out. À partir de vendredi, seule une demi-série de cuves sera en fonction.

Les conséquences de cette fermeture risquent d'être importantes étant donné qu'un redémarrage est généralement long et coûteux, sans compter les pertes de revenus pour Hydro-Québec.

Mauricie et Centre du Québec

Politique provinciale