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Québec veut assurer le suivi du développement de chaque enfant à la garderie

Deux enfants sont assis à une table dans une garderie, dont un qui sourit à pleines dents.

Chaque enfant aura un dossier dans lequel les éducatrices noteront leurs observations sur son développement.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, compte instaurer dans les garderies et centres de la petite enfance (CPE) un dossier éducatif dans lequel les éducatrices seront tenues de consigner régulièrement leurs observations sur le développement de chaque enfant.

À partir de l’été prochain, les CPE, les services de garde en milieu familial et les garderies privées subventionnées devront s’assurer de tenir un cahier de suivi et d’en faire rapport aux parents à l’occasion de rencontres, deux fois par année.

Mais il ne s’agira pas d’un bulletin, insiste le ministre en entrevue : « On veut mieux documenter le parcours des enfants. Pas leur apprentissage, mais leur développement. On n’est pas dans la notion de bulletin, mais plutôt dans la notion de dossier de l’enfant, pour documenter son développement au niveau langagier, au niveau cognitif, par exemple. Comment votre enfant se comporte-t-il avec les autres enfants? Comment développe-t-il sa façon de s’exprimer? »

L’objectif, « c’est de faire en sorte, ultimement, que tous les tout-petits aient une chance égale de développer leur plein potentiel », affirme Mathieu Lacombe.

Je trouve que c’est le meilleur outil, parce qu’en tant que parent, on se demande toujours : “Est-ce que mon enfant se développe normalement?” […] Ça permet, quand il y a un problème de développement qui se pointe le bout du nez, de lever le drapeau rouge, pour avoir de l’aide.

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Et cette aide « va venir bien plus rapidement qu’avant », promet-il. Québec soutient en effet que des spécialistes sous la responsabilité du ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, seront déployés dans toutes les régions pour éviter que les retards ou autres problèmes décelés chez les enfants ne s’aggravent.

« Ce sont des équipes qui, auparavant, ne venaient pas dans les CPE ou les garderies, insiste M. Lacombe. Et là, ce sera offert, peu importe le milieu. Donc un prédiagnostic, un diagnostic, un plan d'intervention… Ça, c'est une grande nouveauté et c’est le résultat du travail d’équipe qu’on fait. »

« On forme un trio – Éducation, Santé, Famille – où on se donne vraiment tous les outils, en ce moment, pour mettre les tout-petits, les enfants, au centre de nos priorités », dit M. Lacombe, en assurant que ces ministères travaillent de concert pour développer des mesures qui s'arriment parfaitement.

« S’il n’y a pas de problème marqué, si le développement est somme toute normal, régulier, on aura quand même ces observations-là dans le dossier de l’enfant, ce qui va nous permettre d’arriver à la prématernelle quatre ans ou à la maternelle cinq ans », ajoute-t-il.

Mathieu Lacombe

Mathieu Lacombe promet que de nouvelles places en CPE seront créées par le gouvernement de la CAQ.

Photo : Radio-Canada

Éducatrices dubitatives

Les garderies soulignent qu’elles signalent déjà les situations problématiques aux parents des enfants concernés.

« Quand il y a réellement une difficulté chez l’enfant, l’éducatrice va le partager avec le parent, note Marie-Claude Gagnon, directrice du CPE Studio 0-5. Après, c’est le parent qui décide s’il veut investiguer davantage ou pas. Ce n’est pas notre rôle, à nous, d’investiguer. »

L’idée qu’un dossier soit ouvert si tôt dans le développement des enfants suscite des questionnements.

C'est une période charnière où il y a tellement de facteurs externes qui peuvent venir influencer le développement de l'enfant. Est-ce que l'on va déjà coller une étiquette?

Marie-Claude Gagnon, directrice du CPE Studio 0-5

« La personne suivante qui va recevoir l'enfant va déjà partir avec un préjugé défavorable », craint-elle.

Un père rencontré au CPE semble trouver que l'avenue choisie par le gouvernement de François Legault est excessive.

« C’est quelque chose qu’on a déjà avec les CPE, croit-il. Les éducatrices nous tiennent au courant des développements, et pas juste deux fois par année, souvent pendant l’année. Sinon, ça devient une maternelle quatre ans déjà! »

Programmes revus

Les garderies seront par ailleurs aussi tenues d'ajuster leur programme éducatif pour s'assurer que l'enfant ait tous les outils pour favoriser le développement du langage et de la motricité.

Avant, c’était « très élastique », soutient le ministre Lacombe. « Maintenant, le programme va devoir respecter des critères très précis. […] Ce qu’on vient dire, c’est : “Dans votre programme éducatif, il doit y avoir des éléments qui favorisent, par exemple, la motricité des enfants, le langage, la concentration…” »

Les observations qu’on va demander aux éducatrices, elles sont précieuses. Les éducatrices font un travail exceptionnel. Elles sont formées pour faire ça. Ça vaut de l’or. Et il faut faire en sorte que ça puisse cheminer vers la prématernelle ou la maternelle. Actuellement, ce n’est pas le cas.

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Ces mesures doivent entrer en vigueur en juin prochain. Mais « je présume que ça prendra quelques semaines pour s’adapter, parce qu’on veut que ce soit bien fait, évidemment », dit Mathieu Lacombe. « On devra accompagner les milieux pour qu’ils puissent bien accomplir leur tâche. »

Avec les informations de Solveig Miller

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