•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le premier ministre Pallister défend une vision « pragmatique » pour le Manitoba

Le premier ministre Brian Pallister, dans son bureau à l'Assemblée législative du Manitoba

Photo : Radio-Canada

Camille Gris Roy

En entrevue de fin d'année sur Radio-Canada, le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, défend des décisions qui ne sont certes pas « populaires auprès de tous », mais qui restent dans la droite ligne de son objectif pour la province : gagner en efficacité. « J'ai toujours été plus pragmatique qu'idéologique », affirme-t-il.

Le premier ministre reconnaît qu’il y a « plus à faire » pour améliorer les services en français dans la province, mais affirme que la situation s’améliore.

Il se félicite que, cette année encore, le nombre d’employés bilingues de la province a augmenté, bien que le nombre de postes officiellement désignés bilingues ait baissé. Pour Brian Pallister, l’essentiel, c’est d’avoir de plus en plus de gens partout dans la fonction publique qui peuvent s’exprimer en français.

« Alors quand quelqu’un vient et veut utiliser le français dans un bureau, il y aura une personne avec qui ils pourront communiquer », dit-il.

Une utilisation des ressources « plus intelligente »

Sur les récentes compressions de postes au Service de traduction, Brian Pallister réitère sa vision des choses : il s’agit de gagner en efficacité pour de meilleurs résultats.

Ce n’est pas un changement dans la quantité de services, mais dans la façon dont ils sont rendus.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

« Nous devons être intelligents [dans nos décisions] : en traduction, c’est important d’obtenir les services dont nous avons besoin dès que nous en avons besoin et la demande n’est pas toujours la même tout le temps. En utilisant des fournisseurs extérieurs, on en a plus pour notre argent. »

Gros plan sur Brian Pallister, l'air pensifAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

Que ce soit pour ses décisions en matière de traduction ou au Bureau de l’éducation française (BEF), l’administration Pallister a été critiquée pour son manque de consultations auprès de la communauté francophone, alors que c’est l’esprit même de la Loi sur l’épanouissement de la francophonie manitobaine qu’il a fait adopter dès son entrée au pouvoir.

Brian Pallister répond qu’il s'agit là d'« un défi constant ».

Améliorer le dialogue

« Je pense que nous faisons de notre mieux pour améliorer le dialogue et non pas de nous en sortir. Nos ministres ont vraiment travaillé pour rejoindre les gens et favoriser l'inclusion, mais, parfois, il faut prendre des décisions qui ne sont pas populaires auprès de tous. »

Sur une note plus personnelle, le premier ministre reconnaît que son propre français est « rouillé ». Étudier cette langue, dit-il, a été « l’une des choses les plus difficiles » de sa vie.

« J'ai commencé à étudier le français quand j'avais 50 ans, c'est très difficile pour un homme de cet âge », explique-t-il en se faisant rassurant : ça ne l’empêche pas de comprendre l’importance de la francophonie au Manitoba.

Je crois fermement dans la nécessité de servir la population francophone du Manitoba, qui constitue un aspect important, et beau, de l’histoire du Manitoba.

Brian Pallister

« La réalité francophone de notre province est incontestable, ajoute le premier ministre, et nous devons la préserver et la protéger. C’est une priorité pour moi depuis longtemps. »


Au sujet de la taxe carbone

Une autre question a marqué l’année politique : la taxe carbone. Dans un coup de théâtre à la reprise des travaux législatifs en octobre, le premier ministre a annoncé qu’il annulait sa propre proposition de tarification du carbone à 25 $ la tonne. Alors qu’Ottawa demandait que cette taxe augmente à l’avenir, le premier ministre a voulu marquer sa dissidence et signifier au fédéral qu’il n’avait pas reconnu les mérites du plan manitobain.

Le Manitoba a ainsi rejoint d’autres provinces – l'Ontario, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick – s’opposant à cette mesure fédérale qui sera appliquée aux provinces récalcitrantes dès l’an prochain.

Invité à faire le point sur la situation, Brian Pallister dit qu’il préférerait « ne pas avoir à aller en cour » comme son voisin saskatchewanais, même s’il suivra cette poursuite « avec intérêt ».

« On continue le dialogue avec le gouvernement fédéral de façon régulière, affirme le premier ministre. Je pense qu’il doit être juste. »

Il n’accepte pas que cette taxe puisse être augmentée d’année en année. Cette mesure, dit-il, « va faire mal » aux familles et ce sont, selon lui, les gens des régions rurales et du Nord qui vont en payer le prix, alors qu'« ils n’ont pas le choix de se déplacer » et d’acheter de l’essence.

En contrepartie, il vante les autres aspects du plan sur le climat présenté l’an dernier, sans expliquer clairement les investissements en cours et à venir. Il se dit fier du « bilan vert » du Manitoba, avec ses investissements dans l’hydroélectricité.

Deux hommes se tiennent debout devant une peinture de paysage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le premier ministre Manitoba, Brian Pallister se sont rencontrés au Palais législatif à Winnipeg.

Photo : La Presse canadienne / Trevor Hagan

Si la taxe carbone a généré des tensions entre la province et Ottawa, Brian Pallister assure pour sa part qu’il entretient une « bonne relation » avec le premier ministre Trudeau. « Je résiste au gouvernement fédéral quand il a tort et je travaille avec lui quand il a raison. »

Je pense que ma relation avec le premier ministre Trudeau se renforce parce que je crois qu’il n’y a rien de plus important que la confiance. Je lui dis honnêtement ce que je ressens.

Brian Pallister

Méthamphétamine : un dossier « multidimensionnel »

Pour conclure 2018, Brian Pallister parle d’une année « gratifiante, mais aussi difficile », avec « de nouveaux problèmes émergents » comme la crise de la méthamphétamine, qu’il assure prendre au sérieux.

« Il y a un an, nous parlions du fentanyl et des opioïdes, et nous avons investi dans des programmes préventifs et des partenariats intelligemment », affirme-t-il, en citant plusieurs initiatives récentes : lits de traitement, programmes d’éducation ou pour la protection du personnel de sécurité et médical, cliniques « RAAM » d’accès rapide.

« Ce sont des dizaines de millions de dollars qui sont investis », assure-t-il.

Brian Bowman, Cameron Freisen et Robert Falcon-Ouellette annoncent leur collaboration.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ville de Winnipeg, la province du Manitoba, et le fédéral espèrent que leur collaboration permettra de trouver des solutions efficaces au problème de la méthamphétamine.

Photo : Radio-Canada

La province, la Ville de Winnipeg et le fédéral ont annoncé cette semaine la mise sur pied d’un groupe de travail conjoint sur les drogues illicites.

Mais est-ce suffisant pour régler cette crise? « Nous faisons ce que nous devons faire comme gouvernement pour établir des partenariats et trouver des solutions », indique Brian Pallister.

« Il faut aussi qu’on protège ceux qui ne font pas l’erreur de prendre de la méthamphétamine [...]. Et en même temps, il y a des enfants qui ont le cancer et qui ne l’ont pas mérité : il faut aussi renforcer les services pour eux [...] et mettre ces questions en équilibre et en contexte », ajoute-t-il toutefois.

Manitoba

Politique provinciale