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Exclusion de Chien de garde des Oscars : Sophie Dupuis sereine

Sophie Dupuis au micro de Catherine Perrin.
Sophie Dupuis Photo: Radio-Canada / Olivier Lalande

Chien de garde, le premier film de Sophie Dupuis, a été exclu des Oscars, mais ce n'est pas une mauvaise nouvelle pour la réalisatrice québécoise. Elle est heureuse de son parcours et se concentre sur le tournage de son deuxième long métrage.

L'Académie des arts et des sciences du cinéma a dévoilé lundi soir la courte liste des films finalistes pour la course de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Chien de garde, qui représentait le Canada, ne fait pas partie des heureux élus.

Cependant, la réalisatrice estime que le parcours de son film à petit budget est déjà une belle réussite. « Ça aurait été agréable, mais déjà l'aventure au complet de ce film, l'amour qu'on a reçu, ça me satisfait. [La simple sélection canadienne] dépasse mes attentes, on ne s'attendait pas à aller si loin pour ce film », a déclaré la réalisatrice en entrevue avec Catherine Richer au 15-18.

La journée d'hier lui a tout de même apporté une bonne nouvelle. Elle a appris que la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) allait financer son deuxième film, Souterrain.

Toutefois, elle doit encore recevoir le soutien de Téléfilm Canada pour aller de l'avant avec le tournage. Ce qui n'est pas encore confirmé. « Mais c'était surtout [ce financement] que j'attendais, car je suis vraiment prête à tourner », dit-elle.

Souterrain raconte l'histoire d'un mineur d'une vingtaine d'années, nouvellement diplômé en sauvetage, qui se voit forcé de descendre sous terre à la suite d’une explosion. Ses collègues et amis sont en danger, et il a la ferme intention de les sortir de là vivants.

Un retour aux sources pour son deuxième film

Sophie Dupuis vient de l'Abitibi, plus précisément de Val-d'Or, une ville minière. « Mon père travaillait dans les mines, puis à un moment donné, je suis descendue sous terre et je me suis dit qu'il fallait que j'y fasse un film, explique-t-elle. Ce qui m'a charmée, ce sont les hommes qui y travaillent et qui ont des liens comme des frères. Cette chaleur, cet humour à travers toutes les générations, m'ont donné envie de faire un film sur lequel je travaille depuis huit ans. »

Sophie Dupuis aimerait commencer le tournage de Souterrain à la mi-mai, puisque des mines lui ont déjà donné l'autorisation d'y tourner : « Ça n'a pas été facile, mais le fait que je vienne de la région m'aide. Je sens un soutien et une ouverture. »

La recherche des acteurs pour la distribution commencera dès le retour des Fêtes en janvier : « J'ai des idées en tête, mais je veux faire des auditions pour voir si on peut établir un dialogue avec les acteurs. Je vais voir beaucoup de monde. »

Elle avoue cependant que les acteurs qui étaient du film Chien de garde l'intéressent, car elle les a beaucoup appréciés, mais qu'elle pourrait aussi travailler avec eux dans un autre film. « On a créé quelque chose ensemble, c'est dur de briser ça », admet Sophie Dupuis.

Un film sur les humains, pas l'industrie minière

Dans Souterrain, la réalisatrice n'entend pas aborder le côté controversé de l'industrie des mines. Le film se passera sous terre, et non dans les bureaux administratifs. « Je comprends que les mines n'ont pas bonne presse, mais je ne veux pas parler de l'industrie, explique-t-elle. Ce que j'ai vu sous terre, ce sont des gars passionnés qui adorent leur métier et qui ne voudraient rien faire d'autre. Et qui en plus ont un très grand plaisir à travailler ensemble. »

Si son film parle d'un accident, il n'y aura aucun rapport avec le danger des mines de l'ancien temps. « Les mines sont beaucoup plus sécuritaires qu'avant, précise la réalisatrice. Chaque mineur qui descend ne met plus sa vie en danger comme avant. Il y aura un accident dans mon film, mais il ne sera pas causé par une négligence ou une faiblesse du système de sécurité. C'est une industrie plus intéressante que les gens pourraient le croire. »

Si le budget de son premier film était restreint, celui de son deuxième long métrage tournera autour de trois millions de dollars.

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