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Le perlage d'une artiste algonquine à l'honneur au Conseil des arts de Montréal

Un corbeau tissé de perles réalisé par l'artiste algonquine Jobena Petonoquot.
Le perlage, une technique ancestrale répandue dans plusieurs communautés autochtones, est très présent dans l'oeuvre de Jobena Petonoquot. Photo: Jessica Deer/CBC

La technique ancestrale autochtone du perlage est prédominante dans la première exposition solo de l’artiste algonquine Jobena Petonoquot, qui présente au Conseil des arts de Montréal l'aboutissement de deux mois de résidence au Musée des beaux-arts de Montréal.

« Mon but, c’est d’enseigner mon peuple aux autres, de leur montrer que je ne suis pas un stéréotype, mais un être humain à part entière », explique l’artiste originaire de la communauté Kitigan Zibi, près de Maniwaki, en Outaouais.

« Nous ne sommes pas une entité homogène. Chaque Autochtone a une expérience qui lui est propre », poursuit-elle.

La technique du perlage est répandue dans plusieurs communautés autochtones. Jobena Petonoquot l'a apprise alors qu'elle vivait dans la communauté naskapie de Kawawachikamach, près de Schefferville. Pour elle, tisser des perles est un symbole de la vie.

Le perlage, c’est très beau, mais le fait de coudre avec une aiguille est aussi un acte violent. Pour moi, ça représente la vie en elle-même. La vie n’est pas tout le temps positive.

Jobena Petonoquot
Jobena Petonoquot.Jobena Petonoquot est la cinquième lauréate d'Empreintes, une résidence du Musée des beaux-arts destinée aux artistes issus de la diversité culturelle ou des communautés autochtones. Photo : Jessica Deer/CBC

Envahir l'espace

Jobena Petonoquot est la première lauréate autochtone de la résidence Empreintes du Musée des beaux-arts de Montréal. Chaque année depuis cinq ans, le Musée invite un artiste professionnel issu de la diversité culturelle ou des communautés autochtones à faire de la recherche-création.

Mais pendant sa résidence de deux mois, l’artiste de 37 ans ne s'est pas contentée d'étudier les collections, elle s’est fait un point d’honneur de pratiquer le perlage tous les vendredis après-midis, question « d’envahir l’espace du musée » et d’affirmer sa présence auprès des visiteurs.

Elle remarque que la plupart des œuvres qui traitent de la question autochtone sont rarement réalisées par des Autochtones, particulièrement dans la collection canadienne.

Quatre robes victoriennes exposées par l'artiste Jobena Petonoquot au Conseil des arts de Montréal.Avec quatre robes victoriennes enterrées, puis déterrées, Jobena Petonoquot veut évoquer la souffrance issue du colonialisme. Photo : Jessica Deer/CBC

« Le temps passé au musée l’a beaucoup aidée à faire de la recherche sur l’esthétique victorienne », note la commissaire Geneviève Goyer-Ouimette, mentore de Jobena Petonoquot pendant sa résidence.

« Elle est intéressée par les traditions, pas seulement pour les reproduire, mais aussi pour les réinventer, les bousculer. C’est particulier aux artistes contemporains », explique-t-elle.

Il en résulte des œuvres qui allient perlage et objets du quotidien, comme Résiliente répugnance : quatre robes de l’ère victorienne enterrées, puis déterrées dans sa cour.

L’idée est de dénoncer le lien entre colonialisme et christianisme, « utilisés en tant que mécanismes pour tenter de commettre un génocide », selon l’artiste.

« C’était important pour moi de déterrer les robes. C’est une manière de rappeler la souffrance qui résulte de tout le mal qui a été fait à notre peuple », conclut-elle.

L’exposition est présentée au Conseil des arts de Montréal jusqu’au 15 janvier 2019.

D'après un reportage de Jessica Deer

Avec les informations de CBC

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