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Oseriez-vous dormir avec les loups?

Dormir avec les loups
Priscilla Plamondon-Lalancette

Que diriez-vous de contempler les loups dans leur habitat naturel, de dormir parmi eux et même d'entrer en contact avec une meute? Le Parc Mahikan/Aventuraid situé à Girardville, dans le nord du Lac-Saint-Jean, offre une expérience hors du commun pour apprendre à mieux connaître ces bêtes.

Le Parc Mahikan, qui signifie loup en langue innue, est un des plus importants centre d'observation entièrement dédié à cette espèce au Canada.

Depuis quinze ans, les propriétaires se sont donnés pour mission de transmettre leur passion pour cet animal. Ils proposent un face à face unique dans le nord du Québec.

Trois loups se reniflent.Le loup est un animal sociable. Observer les interactions au sein d'une meute permet de comprendre comment les loups communiquent entre eux. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

L'objectif du parc, c'est de démystifier le loup. C'est un animal qui ne laisse personne indifférent. Il y en a qui adorent. D'autres en ont peur.

Gilles Granal, propriétaire d'Aventuraid et du Parc Mahikan

Il s'agit toutefois d'un secret bien gardé puisque l'entreprise mise sur la qualité et la durée de l'expérience plutôt que sur le volume d'achalandage.

Tu as plus d'impact quand tu as moins de personnes qui passent plus de temps que beaucoup de visiteurs qui passent seulement deux heures, explique l'entrepreneur.

Un loup couché sur le dos dans la neige se fait flatter alors qu'un autre loup s'approche.Parfois, certains loups se couchent sur le dos et demandent à être cajolés. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Hébergement insolite

L'entreprise offre à un nombre restreint de visiteurs de passer la nuit près des loups.

Quand ils hurlent, tu es au milieu. C'est quelque chose de particulier à vivre.

Gilles Granal, propriétaire d'Aventuraid et du Parc Mahikan
Un petit chalet juché dans les airs pour observer les loups en hauteur. Les petits chalets situés au coeur du parc d'observation des loups permettent de voir les trois meutes jour et nuit. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Quatre habitations écologiques pouvant accueillir de deux à six personnes sont situées au coeur des trois enclos où vivent les canidés.

Ces petits chalets quatre saisons chauffés au bois ou au propane n'ont ni électricité ni eau courante et surtout pas de wi-fi. Le bâtiment principal abrite toutefois les commodités nécessaires.

Un loup couché sur la neige vu à travers la fenêtre d'une habitation en forêt.Voyez-vous le loup arctique qui se repose à travers la fenêtre de l'écolodge? Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

La nuit, ce qui est très impressionnant, c'est de voir les yeux des loups avec la lumière.

Jean-Pierre Parisien, touriste franco-américain

Il est donc possible d'observer les bêtes dans la noirceur, soit en se promenant dans les sentiers, soit en les regardant simplement par la fenêtre d'un écolodge. À moins bien sûr que ce soit les loups, curieux de nature, qui s'habituent à votre présence et vous scrutent lorsque le jour tombe.

Un petit chalet en forêt devant le grillage de l'enclos des loups arctiques. Les écolodges du Parc Mahikan permettent de s'endormir au son des hurlements des loups. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Dormir parmi les loups signifie également être bercé par le hurlements des meutes qui se trouvent à quelques mètres de votre lit.

On ferme les portes à clé juste au cas où...

Jean-Pierre Parisien, touriste franco-américain

Les meutes

Trois meutes de loups comptant 35 bêtes vivent en semi-liberté au Parc Mahikan. Elles évoluent dans trois enclos différents d'une superficie totale de six hectares, en pleine forêt boréale.

Loin d'être apprivoisées, les meutes de loups arctiques et de loups gris ont conservé un comportement naturel.

Un loup dans un enclosLes loups sont curieux de nature, mais s'éloignent dès que les humains s'approchent d'eux, à moins qu'ils ne soient imprégnés de l'homme. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Le système des castes est bien installé chez ces canidés qui demeurent craintifs des êtres humains.

Le centre compte toutefois une meute bien particulière, celle des louvards. Ces sept loups ont été imprégnés par l'homme depuis leur naissance.

Un loup regarde à travers le grillage.Certains loups s'approchent des clôtures pour regarder les visiteurs de plus près. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Ces animaux ont été nourris au biberon par les propriétaires. Les bêtes ont conservé une bonne partie de leurs instincts naturels, mais cherchent souvent à établir un contact avec les humains puisqu'elles ont perdu leur méfiance envers eux.

Selon leur humeur, les loups se précipitent même à la rencontre des visiteurs.

Un contact particulier

Le centre d'observation, qui se distingue nettement d'un jardin zoologique, accueille moins de 300 visiteurs par année.

Seuls de petits groupes ayant réservé d'avance peuvent vivre une expérience privilégiée avec les loups imprégnés et même les toucher. Pas question toutefois de stresser les animaux et d'altérer leur comportement.

Un loup marche sur la neige et autre est couché dans le boisé derrière lui.L'expérience de contact avec les loups doit être initiée par les bêtes elles-mêmes qui décident de s'approcher ou non des visiteurs. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

On s'est aperçu avec le temps qu'ils avaient envie de continuer à voir des personnes. C'est pour ça que petit à petit, on a mis en place l'activité contact qui permet de rentrer en contact avec eux. En fait , c'est pas un contact avec les loups, c'est un contact avec les humains. On n'en fait pas plusieurs par jour. C'est que le matin. C'est juste avec moi. Il faut que ça reste un plaisir pour eux, explique Gilles Granal.

Les visiteurs de 14 ans et plus qui souhaitent prendre du temps pour se faire accepter de la meute peuvent y participer.

Un loup appuie ses pattes avant sur les épaules d'un visiteur et renifle son visage.Il est très impressionnant de voir un loup se lever sur deux pattes pour être à la hauteur que son visiteur. À la manière des chiens, les loups imprégnés du Parc Mahikan lèchent le visage des humains pour communiquer et recueillir des informations sur eux. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

L'activité se déroule toujours selon la même routine pour ne pas perturber la meute. Il y a d'abord une partie explicative au centre d'interprétation des loups. Ensuite, les visiteurs restent à l'extérieur de l'enclos et observent le comportement des loups avec leur guide. Celui-ci entre seul puis les invite à le joindre. Les visiteurs doivent se placer dos à la clôture, le temps que les loups viennent se familiariser avec eux.

On s'adapte aux loups ou ça n'a pas lieu, ajoute Gilles Granal.

Entre chiens et loups

En 1987, Gilles Granal et sa femme Marie-Christine ont quitté la France pour s'établir à Girardville. Le couple de mushers est tombé en amour avec ce petit village situé en plein coeur de la nature.

Le propriétaire du centre d'observation des loups fixe la caméra.C'est l'amour des chiens de traîneaux qui a mené Gilles Granal à pousser sa passion pour les canidés plus loin en ouvrant un centre d'observation des loups il y a 15 ans. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Ils ont choisi d'y faire grandir leur passion pour l'aventure en plein-air et pour les chiens de traîneau. Ils en possèdent aujourd'hui 68.

En 2003, les entrepreneurs ont agrandi la famille en faisant place à l'ancêtre du chien : le loup.

Au fil des ans, ils ont mis en place des infrastructures permettant aux visiteurs de voir évoluer cet animal jour et nuit.

Un chien de traîneau fixe la caméra en sortant la langue.La ressemblance entre les chiens de traîneau et les loups est frappante. Les deux espèces vivent toutefois dans des lieux distincts sur le vaste territoire d'Aventuraid et du Parc Mahikan. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Les amoureux des canidés y trouvent assurément leur compte.

On est vraiment à côté d'eux, c'est merveilleux. C'est un peu impressionnant au début, mais après, on voit qu'avec les humains, il y a un bon contact qui se crée, raconte Thierry Legrand, un touriste belge venu à la fois pour faire du traîneau à chien et pour en apprendre davantage sur les loups.

Les chiens attelés s'apprêtent à partir en excursion. Les chiens de traîneau sont fébriles avant le départ pour une expédition en forêt. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Les activités avec les chiens de traîneaux ont permis de financer le projet de centre d'observation des loups.

On n'a pas eu besoin de recréer un écosystème pour les loups, on est dans leur écosystème, ajoute M. Granal.

Cinq chiens de traîneau attelés tirent leur guide musher.L'entreprise de Girardville finance son centre d'observation des loups grâce à ses expéditions en chien de traîneau dans la forêt boréale. Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

La même philosophie prévaut d'ailleurs pour les activités avec les loups et avec les chiens. La division Aventuraid qui offre l'expérience de traîneau nordique accueille un maximum de huit personnes à la fois et n'offre que des expéditions de plus longue durée.

Saguenay–Lac-St-Jean

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