•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un baume pour celles qui passent Noël pauvrement

Quatre femmes sourient à la caméra, assises derrière une table.
Yvette, Annie et Catherine ont trouvé du confort au Centre entre-femmes, où Brigitte Arseneault est intervenante. Photo: Radio-Canada / Lise Millette
Lise Millette

Cachée dans la neige froide, la petite maison de brique du Centre Entre-femmes accueille chaleureusement celles qui voyaient venir le temps des Fêtes avec un peu moins d'enthousiasme cette année.

Le lundi et le jeudi, c'est jour de causerie. Des femmes se réunissent pour échanger, partager ou simplement sortir de leur isolement.

Catherine, Annie et Yvette reconnaissent que Noël et la période des Fêtes apportent un lot de pression quand les moyens ne sont pas au rendez-vous.

J'aimerais bien aller voir ma famille, mais je ne peux pas. Je n'ai pas les moyens de voyager. Ça me fait quelque chose, commence Catherine, dont la famille est à l'extérieur de la région.

Annie renchérit sur la même veine. L'aspect plus matériel des Fêtes se traduit par une certaine gêne ou un malaise avec lequel elles doivent conjuguer.

Je vis la pauvreté de Noël sur le côté émotionnel. En 2016, j'ai retrouvé ma famille biologique, mais eux, ils sont plus à l'aise que moi. Je ne suis pas de la même classe sociale qu'eux. Je n'ai pas de chalet, je n'ai pas de ski-doo, pas de maison à moi, confie-t-elle.

Une petite maison blanche avec une devanture partiellement en briques portant l'inscription Centre entre-femmes.L'édifice du Centre Entre-femmes de Rouyn-Noranda Photo : Radio-Canada / Lise Millette

En raison de ses moyens, Annie doit aussi travailler durant les Fêtes, ce qui limite ses déplacements. Comme Catherine, elle est contrainte à l'éloignement.

C'est sûr que Noël, ça ne sera pas trop le fun. Je vais le passer toute seule, mais si je dois le vivre seule, je vais le vivre comme ça. Je n'ai pas le choix, mentionne Catherine, tout de même sereine.

Annie aussi compose avec cette réalité. On ne manque de rien, mais on n'est pas riches. Je trouve ça quand même triste, parce que ma famille de sang, je ne pourrai pas la voir.

Plus jamais seules

Les trois femmes trouvent refuge au Centre Entre-femmes de Rouyn-Noranda, qui organise chaque année une fête de Noël.

Mon amie Yvette me dit souvent : "Annie, ne t'en fais pas, on est là, tu ne seras jamais toute seule". Je vais me focaliser là-dessus, profiter de la fête au Centre de femmes et rester avec les gens de cœur qui sont avec moi, mentionne Annie, qui peut aussi compter sur sa famille adoptive pour l'entourer.

Le verbe facile, Yvette se montre affirmative : le Centre Entre-femmes a été pour elle une bouée de sauvetage.

Après ma séparation, j'ai été un an sans sortir. J'étais restée chez-moi, je ne voulais même plus vivre. Aujourd'hui, le Centre de femmes, j'en parle beaucoup. C'est un lieu pour toutes les femmes, c'est un beau rassemblement.

Yvette

Dans la petite maison de la rue du Terminus à Rouyn-Noranda, elle s'est trouvé des amies, des personnes à qui se confier et une motivation à sortir de la maison.

Ici, c'est comme un deuxième chez nous, je me sens en sécurité. J'ai besoin de nourrir mon corps, ma tête et mon intérieur aussi, témoigne-t-elle.

Un vœu pour Noël?

Une des intervenantes du Centre Entre-femmes, Brigitte Arseneault, se réjouit de voir que certaines femmes se visitent et communiquent entre elles en dehors des heures d'ouverture. Pour elle, c'est une manière de créer un réseau de contacts et un filet social.

Même si elle doute de voir son souhait se réaliser l'an prochain, elle ne formule qu'un seul vœu pour tenter de changer les choses.

Si on s'attaquait au problème de la pauvreté, ce serait Noël tous les jours. On vit dans un pays riche, je ne comprends pas pourquoi il y a autant de familles, de femmes seules, de personnes qui, même au salaire minimum, vont en arracher avec le prix des loyers. Je me dis, si on s'attaquait à ça, ce serait une bonne affaire et, pour ça, il faut une volonté politique, conclut Brigitte Arseneault.

Abitibi–Témiscamingue

Pauvreté