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Londres n'écarte pas un Brexit sans accord

Une pancarte montre un homme tenant un fusil pointé vers une chaussure aux couleurs du drapeau britannique.
Des opposants au Brexit ont manifesté lundi devant le Parlement britannique. Ils réclament un second référendum sur le sujet, une option rejetée par la première ministre Theresa May. Photo: Reuters / Toby Melville

Le Royaume-Uni va se préparer plus activement à quitter l'Union européenne (UE) sans avoir conclu un accord de divorce au préalable, a annoncé mardi le ministre responsable du Brexit, Steve Barclay, au terme d'une réunion du Cabinet du gouvernement May.

« La priorité du gouvernement demeure d’obtenir une entente, mais nous devons reconnaître qu’avec 14 semaines devant nous, un gouvernement responsable doit se préparer à la possibilité que nous quittions [l'UE] sans un accord », a-t-il dit.

De la documentation sera notamment mise en ligne pour aider les entreprises à se préparer, et des courriels seront envoyés à celles qui sont plus susceptibles d’être touchées par le Brexit. Il y en aurait environ 80 000.

« Nous avons désormais atteint le stade où nous avons besoin d'accélérer les préparatifs. Cela signifie que nous allons mettre en oeuvre les éléments restants de nos plans pour un Brexit sans accord », a aussi commenté le porte-parole de la première ministre Theresa May.

La sortie du Royaume-Uni de l’UE doit avoir lieu le 29 mars, soit deux ans après que le gouvernement May a officiellement entrepris les procédures pour y parvenir. La possibilité que le divorce se déroule sans accord devient de plus en plus plausible, au fur et à mesure que l'échéance approche.

La première ministre Theresa May a annoncé lundi que le Parlement sera appelé à se prononcer sur l’entente qu’elle a négociée avec l’UE dans la semaine du 14 janvier, soit un mois plus tard que ce qui avait été prévu à l'origine.

Initialement prévu la semaine dernière, ce vote a été reporté à la dernière minute, quand Mme May a constaté qu’elle n’avait tout simplement pas les votes pour le faire adopter. Elle s’est ensuite rendue à Bruxelles pour obtenir des assouplissements, mais en vain.

Le problème de Mme May, c'est que trop de députés du Parti conservateur, qu’elle dirige, sont en désaccord avec les termes de l’accord négocié. Ils estiment que le Royaume-Uni y laisserait une part trop importante de sa souveraineté pour préserver son maintien au sein de l'Union douanière européenne.

La cheffe conservatrice est si contestée qu’elle a même dû affronter la semaine dernière une motion de défiance présentée par ses propres collègues. Elle a finalement remporté le scrutin, mais plus d'un tiers des députés ont tout de même voté pour lui montrer la porte de sortie.

La communauté d'affaires aux abois

Les chambres de commerce britanniques ont prévenu mardi que la croissance économique et les investissements des entreprises en 2019 seraient probablement inférieurs aux prévisions précédentes, en raison de l'incertitude persistante attribuable au Brexit.

« Le manque de certitude concernant les relations futures du Royaume-Uni avec l'UE a conduit de nombreuses entreprises à appuyer sur le bouton pause de leurs projets de croissance », a fait valoir le directeur général de l'organisation, Adam Marshall.

À un peu plus de 100 jours de la sortie du Royaume-Uni de l'UE et face à l'incertitude qui persiste, les entreprises doivent prendre des mesures, retarder ou mettre en oeuvre leurs projets d'embauche et d'investissement et, dans certains cas, délocaliser leurs opérations pour protéger leurs chaînes d'approvisionnement.

Adam Marshall, directeur général des Chambres de commerce britanniques

Certaines sociétés ont commencé à stocker des pièces et des biens en prévision des problèmes commerciaux après le Brexit, mais d'autres, en particulier les plus petites, ne se sont pas vraiment préparées à amortir le choc économique anticipé en cas de Brexit sans accord.

De grandes entreprises et des organisations professionnelles ont déjà souligné que l'incertitude freine déjà les investissements et entraîne des dépenses inutiles.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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