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Tofino : vivre avec la menace constante d'un tsunami

Un couple observe de grosses vagues se briser sur la plage Chesterman à Tofino en Colombie-Britannique
Un couple observe de grosses vagues se briser sur la plage Chesterman à Tofino Photo: La Presse canadienne / Kevin Drews
Valérie Gamache

Les habitants de Tofino, en Colombie-Britannique, doivent vivre au quotidien avec la menace d'un tsunami. Pour les sensibiliser à ce risque et pour vérifier que tout fonctionne en cas d'urgence, des tests sont effectués avec des sirènes d'alerte.

Tous les premiers vendredis du mois, Keith Orchiston, le directeur des programmes de préparation d'urgence du district de Tofino, fait la tournée des sentiers d'accès aux plages pour prévenir la population qu'elle entendra résonner les sirènes d'alerte.

Un homme dans la trentaine habillé avec un manteau et une tuque est debout sur une plage et tient une affiche indiquant test de sirène pour tsunami à 11h aujourd'hui. Tous les premiers vendredi du mois, Keith Orchiston doit prévenir la population qu'elle entendra résonner les sirènes d'alerte qui retentissent automatiquement à 11h. Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Ces tests sont préprogrammés et les sirènes retentissent automatiquement à 11 h.

En cas de tsunami, c’est cet outil qui indiquera aux habitants qu'il faut évacuer.

Sirène d'alerte de Tofino

Les sirènes ont été installées après le tsunami qui a frappé le Japon en 2011 et qui a forcé l'évacuation de centaines d'habitants de cette ville côtière de la Colombie-Britannique.

Il y a trois sirènes en tout sur les plages Chesterman et Cox Bay, mais leur nombre va doubler d'ici 2026.

Leur installation s'échelonne sur plusieurs années, en raison de leur coût. Chaque sirène coûte environ 65 000 $ pour le district de Tofino. Une dépense que cette petite municipalité assume tous les trois ans.

Les autorités estiment qu’elles sont confrontées à une alerte, au moins une fois par année, et à chaque fois, il faut déterminer si la situation nécessite de prévenir et d'évacuer les citoyens qui habitent les zones à risque.

Être toujours prêt à évacuer

Le 23 janvier dernier, c'est le bruit constant des sirènes qui a d'abord attiré l'attention d'Andréanne Monette. Cette mère de famille qui habite Tofino depuis 17 ans a vécu trois alertes au tsunami.

 J'entendais toujours la sirène au loin 

Andréanne Monette, habitante de Tofino

En janvier 2018, lorsque les sirènes ont retenti à trois heures du matin, pour la première fois elle n'a pas paniqué : « je suis allée réveiller les enfants, je leur ai dit calmement qu'il y avait une alerte au tsunami, de se préparer avec des vêtements chauds, de prendre le chien et de se rejoindre à la voiture et à ce moment-là j'ai pris mon sac d'urgence et on était déjà en route pour le centre communautaire » raconte-t-elle.

Une femme dans la quarantaine, qui porte des vêtements d'automne, pose de profil sur une plage. Andreanne Monette croit que les résidents de Tofino sont mieux préparés qu'avant en cas de tsunami. Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Sur place, elle a constaté qu'elle n'était pas seule et que toute la communauté était beaucoup mieux préparée qu'avant.

« En janvier dernier, ça nous a montré qu'on était prêt » Andréanne Monette, habitante de Tofino

Souvenir d'un séisme passé

Les citoyens sont beaucoup plus conscients des dangers, croit John Burchett. Cet homme originaire de Tofino se souvient encore du puissant séisme de magnitude 9,2 qui a secoué l'Alaska en 1964.

C'est le plus violent tremblement de terre à avoir été observé en Amérique du Nord et le tsunami qui en a résulté a eu un impact sur les côtes de la Colombie-Britannique.

Un homme dans la soixantaine avec une casquette, une veste polaire et des lunettes fumées pose de profil sur une plage.John Burchett se souvient encore du séisme de 1964. Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

« C'est une expérience marquante pour un enfant » John Burchett, originaire de Tofino. « À l'époque, on ne nous parlait pas de ça à l'école, on ne savait pas ce que c'était, quand c'est arrivé, on ne comprenait pas ce qui se passait », ajoute-t-il.

Maintenant, il s'est constitué une trousse d'urgence exemplaire, on y trouve médicaments, eau, nourriture, sac de couchage et même une toilette portative.

Le tout est rangé dans des armoires situées à côté de sa porte d'entrée pour faciliter le transport entre la maison et la voiture en cas d'urgence.

Peu de temps pour évacuer

Lorsque les autorités de Tofino reçoivent l'alerte, elles disposent de seulement trois heures pour la relayer et s'assurer que tous les habitants qui vivent dans une zone à risque ont pu se réfugier dans un endroit situé à au moins 20 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les informations concernant la menace qui plane sur les côtes britanno-colombiennes proviennent alors du Centre national d'alerte au tsunami (NTWC) de l'Alaska.

Une grande tour avec au sommet une sirène est posée sur une plage. Une des trois sirènes sur les plages de Tofino. Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Le Canada possède un réseau de huit capteurs sous-marins installés au large de l'île de Vancouver pour détecter les tremblements de terre et sonner l'alerte en cas de secousse.

Ce système de préalerte sismique ne peut pas calculer une vague de tsunami.

L'observatoire scientifique Ocean Networks Canada de l'Université de Victoria espère pouvoir compter bientôt sur un radar qui est actuellement à l'essai à Tofino.

 On est en train de développer un système qui permettrait de détecter les vagues de tsunamis qui émaneraient d'un tremblement de terre local 

Benoit Pirenne, directeur de l'engagement des partenaires à Ocean Networks Canada.

Ce système de radar a été installé près de l'aéroport de Tofino et permet de détecter des mouvements d'eau se déplaçant vers la terre, depuis 80 à 100 km de la terre.

« Ce qui permettrait d'avoir un peu plus de temps pour prévenir les communautés de Tofino, Ucluelet et de Bamfield » précise Benoit Pirenne, d'Ocean Networks Canada

Colombie-Britannique et Yukon

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